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Tanner - Landis : grand écart à la Cinémathèque Française |
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Pas grand-chose en commun entre les deux cinéastes honorés en ce moment à la Cinémathèque, rue de Bercy. D’un côté, Alain Tanner, cinéaste suisse pas franchement porté sur la gaudriole, marqué à la fois par le free cinema britannique (il fit d’ailleurs ses premières armes cinématographiques à Londres) et la nouvelle vague française (particulièrement Godard, ce qui n’empêchera pas les deux hommes de se livrer une passe d’armes homérique, par Cahiers du Cinéma interposés, au moment de la sortie du Messidor de Tanner). La rétrospective qui lui est consacrée a en fait commencé il y a déjà une quinzaine de jours, si bien que tous ses films ne seront pas à nouveau rediffusés, dont le très beau Dans la ville blanche, qui, en 1983, entretenait plus d’une correspondance avec le Wenders de l’époque (Bruno Ganz, Lisbonne, errance sans but…). Désolé pour ce loupé de notre part… Mais il y a encore moyen de voir quelques autres films très intéressants, "typiques de leur époque" comme on dit de façon parfois un peu condescendante. L’époque en question, c’est évidemment celle de l’après-68, autant marqué par les espoirs d’un changement radical de société et des rapports humains, par un lien très fort à l’idée de communauté (particulièrement dans Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000), que par de sévères désillusions qui n’allaient pas tarder à sonner un douloureux réveil au principe de réalité d’un capitalisme encore plus impitoyable… ![]() Alain Tanner Souvent très politisé (même si pas toujours frontalement), le cinéma de Tanner échappe généralement (pas toujours, reconnaissons-le) à la sécheresse du propos par la richesse de ses personnages singuliers. Citons particulièrement - Charles mort ou vif, son premier long-métrage (1969), porté par un François Simon impressionnant (le frère comédien de Michel Simon, pas le vengeur gastronomique masqué), projeté le 12 février à 19h00 ; - La Salamandre (1971), son "hit" 70’s, celui qui en fit l’un des cinéastes chéris des cinéphiles chevelus de cette décennie, avec une inoubliable Bulle Ogier en ouvrière opaque (matrice de la Yolande Moreau de Louise-Michel ?), film qui révélait aussi deux magnifiques comédiens helvétiques, Jean-Luc Bideau et Jacques Denis (projeté le 30 janvier à 21h45, dépêchez-vous, c’est demain !) ; - Le Milieu du monde (1974), porté par la sublime Olimpia Carlisi, inexplicablement restée très rare sur les écrans (le 9 février à 14h30) ; - ou bien encore le très impudique et assez culotté Journal de Lady M. (1992), directement inspiré du journal intime de l’une des actrices fétiches de Tanner, Myriam Mézières. ![]() Philippe Léotard et Olimpia Carlisi dans "Le Milieu du monde" De l’autre côté, John Landis, cinéaste américain "post-nouvel Hollywood", qu’il est assez tentant de ne prendre que pour ce qu’il est d’abord, un pur entertainer oeuvrant quasi exclusivement dans le cinéma de genre : comédie (souvent parodique : les Nuls n’ont jamais fait mystère de tout ce qu’ils lui devaient, ainsi qu’aux ZAZ), fantastique, thriller… Landis est incontestablement l’un des pères spirituels du fameux "esprit Frat Pack" et on aimerait un jour que ces deux univers rentrent en collision. Ses comédiens de prédilection à lui s’appellent davantage Dan Aykroyd et Eddie Murphy que Ben Stiller et Will Ferrell. Aykroyd et Murphy furent d’ailleurs réunis dans l’un de ses plus gros succès, le grinçant Un fauteuil pour deux, assez emblématique du sous-texte parfois assez politique de ses films. C’est peu dire que sa carrière a connu des hauts et des bas (il ne se consacre d’ailleurs plus qu’au petit écran depuis une dizaine d’années), tragiquement marquée aussi par la disparition en plein tournage de son épisode de La Quatrième dimension du comédien Vic Morrow, dans un accident d’hélicoptère. ![]() John Landis Plutôt que d’évoquer les hauts les plus connus (Un fauteuil pour deux déjà cité mais aussi évidemment les Blues Brothers, Le Loup-garou de Londres ou son séminal clip Thriller pour Michael Jackson), attardons-nous plutôt sur des recoins moins éclairés : - ¡Three Amigos! (1986), le jubilatoire chaînon manquant entre Les Sept samouraïs et Les Sept mercenaires d’une part, 1001 pattes, Galaxy Quest et Tonnerre sous les Tropiques d’autre part (surtout 1001 pattes, avec lequel les similitudes sont troublantes), un must délicieusement débile absolu (le 8 février à 17h00 et le 14 février à 14h30, idéale séance de Saint-Valentin si vous voulez enfin révéler à votre alter ego le côté obscur de votre cinéphilie…) ; - Susan a un plan (1998), pas un grand film, on ne va pas se raconter d’histoire, juste une sympathique comédie policière à la Mon voisin le tueur, quoi, mais doublement émouvant puisque c’est donc le dernier film en date de Landis pour le cinéma et que c’est aussi l’un des derniers rôles majeures d’une certaine Nastassja Kinski (on vous a déjà parlé de Nastassja Kinski ? j’ai un doute, d’un coup…), ici épaulée par une Lara Flynn Boyle encore au sommet de sa splendeur, ce qui ne gâte rien (le 7 février à 19h30 et le 18 février à 17h00) ; - et puis la Cinémathèque a l’heureuse initiative de mettre également en lumière l’importante production télévisuelle de Landis, dont son opus majeur, l’inégalable sitcom Dream on, dont on vous a déjà parlé à l’occasion de sa sortie en DVD. Dream on permet de mettre en lumière l’une des obsessions majeures de Landis : le sexe (trois programmes d’épisodes les 5, 12 et 19 février en soirée). ![]() Chevy Chase, Steve Martin & Martin Short : trois idiots au Far-West ("¡Three Amigos!") A noter également que Landis se fendra d’une master class, ce dimanche 1er février, à 17h00, qui ne devrait pas trop engendrer la mélancolie… Tous les programmes détaillés sur le site de la Cinémathèque, bien évidemment.
Commentaires
De : Infernalia Revu Three Amigos dimanche après midi, avec une grande crainte, celle de ne pas rire autant que la première fois.... et... QU'EST CE QUE C'EST DROLE !!! De : mr_kenyatta La troisième fois aussi, je te rassure ;-) Insérer un commentaire : |
