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Sorties cinéma du 5 septembre 2012 : Culturopoing a déjà vu ça…

Sorties salles
Posté par Culturorédac le 2012-09-05



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Si vous faites partie de nos fidèles lecteurs, il ne vous aura pas échappé que, cette semaine, Culturopoing a déjà effectivement vu pas mal de films et est donc en mesure de vous dire que cette rentrée cinématographique commence plutôt très bien !
Le retour en forme du grand Bill Friedkin, absent des écrans depuis Bug, se matérialise avec Killer Joe, un mélange des genres qui a ravi Thomas Roland et qui vous explique ici pourquoi.
Olivier Rossignot n’est pas moins enthousiaste pour le nouveau film de Pascal Laugier (Saint-Ange, Martyrs), The Secret. Marija Nielsen et lui sont même tellement emballés qu’il nous propose en super bonus une interview tellement fleuve (et passionnante !) du réalisateur que nous avons dû la scinder en deux parties.
Un autre réalisateur français brille outre-Atlantique, cette semaine, avec Quentin Dupieux. Cyril Cossardeaux nous explique en quoi Wrong transforme les essais déjà plus ou moins aboutis de Steak et Rubber.
Et ce même Cyril Cossardeaux change tout à fait de registre (c’est ça, la transversalité selon Culturopoing !) avec son éclairage, assez politique, sur un documentaire qui ne l’est pas moins (politique), La Cause et l’usage, de Dorine Brun et Julien Meunier, qui ont suivi l’élection municipale de 2009 et son grand présent/absent, Serge Dassault.

Matthieu Kassovitz et Olivier Gourmet dans "Le Guetteur"
Matthieu Kassovitz et Olivier Gourmet dans "Le Guetteur"

Moins d’enthousiasme pour Le Guetteur, premier film français réalisé par le comédien-cinéaste italien Michele Placido, mais bonne surprise quand même pour Thomas Roland, qui prend donc la parole :

Le nouveau polar de Michele Placido, Le Guetteur, est une petite surprise qu’il serait malvenue de qualifier de sympathique étant donné la violence et le fond du film. Matthieu Kassovitz y campe un tireur d’élite responsable du braquage d’une banque. Celui-ci ayant mal tourné, il est tenu responsable de la mort d’un gardien et d’avoir ouvert le feu sur plusieurs agents de police. La séquence en question est d’une redoutable efficacité par sa mise en scène âpre, elle-même soutenue par une photo aux reflets métalliques. Difficile d’en dire plus sur une intrigue à tiroirs qui s’achemine sur des terrains boueux. Malgré quelques ressorts un poil mélodramatiques, Le Guetteur, sans être le film de l’année, réserve de bons moments de suspense avec un final qui ressemble à un hommage aux westerns. Amateurs de films noirs, ce film est pour vous.

Isabelle Carré et Jean-Pierre Bacri dans "Cherchez Hortense"
Isabelle Carré et Jean-Pierre Bacri dans "Cherchez Hortense"

Par contre, nous n’avons pas eu le temps de voir le reste des sorties de la semaine, qui peut réserver de bonnes surprises.
On n’est pas forcément très fan du cinéma de Pascal Bonitzer, qui n’avait jusqu’ici qu’un trop lointain rapport avec ses savants écrits des Cahiers du Cinéma dans les années 1980. Mais Cherchez Hortense semble avoir d’autres atouts. A vérifier.
L’intéressant cinéaste Philippe Falardeau (La Moitié gauche du frigo, Congorama…) a fait venir dans son Québec le comédien-humoriste Fellag, pour lui offrir le rôle-titre de Monsieur Lazhar, certainement le plus intéressant de sa carrière cinématographique à ce jour.
Reste à savoir si Fellag gagnera la "bataille des Monsieurs" de la semaine face à Robert De Niro, autre rôle-titre du Monsieur Flynn du très versatile Paul Weitz (American Pie, About a Boy, Mon beau-père et nous…). La divine Julianne Moore y joue la femme de Bob mais cela peut-il suffire à nous convaincre d’y jeter un œil ?...
David Koepp, l’un des scénaristes stars d’Hollywood (L’Etoffe des héros, Jurassic Park, L’Impasse, Mission : Impossible, Snake Eyes, Spider-man, entre autres) mais cinéaste plus rare (cinq longs-métrages pour le cinéma quand même) repasse derrière la caméra pour le thriller à vélo (!) Premium Rush, avec un intéressant duo sur le papier : Joseph Gordon-Levitt et Michael Shannon.

Richard Jaeckel et Paul Newman dans "Le Clan des irréductibles"
Richard Jaeckel et Paul Newman dans "Le Clan des irréductibles"

Enfin, ne passons surtout pas sous silence les trois reprises de la semaine.
Les cinémas Action continuent d’accompagner judicieusement la rétrospective Otto Preminger de la Cinémathèque française, d’autant plus judicieusement que Marx Dixon détective (Where the Sidewalk Ends, 1950), s’il n’est pas le plus connu des films du Viennois est sans doute l’un des plus beaux. C’est malheureusement le dernier qu’il est tourné avec l’admirable Dana Andrews, qui reconstitue ici son duo magique de Laura avec Gene Tierney, mais dans un registre très différent. Si l’étoile de la belle Gene avait alors déjà pâli, c’est pourtant peut-être en 1950 qu’elle a tourné ses plus grands films, celui-ci et Les Forbans de la nuit (Night and the City), de Jules Dassin, même si elle n’y était à chaque fois que la partenaire de la star masculine du film (un Richard Widmark extraordinaire chez Dassin).
Le Grand chantage (traduction qui trahit largement le merveilleux titre original, Sweet Smell of Success), réalisé par Alexander Mackendrick en 1956, marquait un sacré virage dans la filmographie du cinéaste britannique, alors connu comme le grand artisan des comédies triomphales du studio Ealing (L’Homme au complet blanc, Tueurs de dames…). Le Grand chantage est au contraire très noir et bénéficie d’un très beau duo de comédiens, Burt Lancaster et Tony Curtis (à nouveau réunis quelques mois après le Trapèze de Carol Reed), et d’une superbe musique d’Elmer Bernstein.
Enfin, retour sur les écrans du film peut-être le moins connu de ceux réalisés par Paul Newman. Il est vrai qu’il n’était pas prévu qu’il réalise lui-même Le Clan des irréductibles (Sometimes a Great Notion, 1970), mais il dut remplacer au pied levé le réalisateur de télévision Richard Colla, resté dans l’histoire comme "le type qui a été remplacé par Paul Newman"). Pour autant, Le Clan des irréductibles ne dépare pas du tout dans la filmographie de Newman, presque toujours centré sur les traumas familiaux et les affrontements (pour reprendre le titre d’un de ses meilleurs films) entre générations. Le film bénéficie en plus d’un très beau casting, avec Henry Fonda en chef d’un clan de bûcherons secondé par ses fils Paul Newman et Michael Sarrazin et sa belle-fille Lee Remick.






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