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Sorties cinéma du 19 septembre 2012 : Culturopoing a déjà vu ça…

Sorties salles
Posté par Culturorédac le 2012-09-21



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Ne vous posez pas 36 000 questions : le meilleur film sorti cette semaine, c’est Le Sommeil d’or ! Et ce n’est pas un hasard si Culturopoing a souhaité en être le partenaire, lui a consacré une critique enthousiaste signée Cyril Cossardeaux et si nous avons également rencontré son jeune et sympathique réalisateur, Davy Chou. Le hic, c’est que le film n’est pour l’instant visible que dans quatre cinémas dans toute la France (deux sur Paris) mais, amis lecteurs provinciaux, ayez l’œil, il passera sûrement bientôt par chez vous !
Deux films cette semaine ont encore moins de chance, condamnés d’avance par une "sortie technique" (même pas une seule copie en VO pour The Big Year !). Autant dire que Thomas Roland a eu raison d’aller les voir rapidement, pour nous en livrer un bilan constrasté.

Owen Wilson, Jack Black et Steve Martin dans "The Big Year"
Owen Wilson, Jack Black et Steve Martin dans "The Big Year"

The Big Year, de David Frankel, vue par Thomas Roland :

The Big Year de David Frankel ne bénéficie que d’une simple sortie technique alors qu’il mérite bien plus d’attention. La trame se noue autour d’une compétition informelle entre ornithologues aux États-Unis, la "grande année". Il s’agit, en une année et sur un territoire délimité, d’observer le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux différentes. Ce cinquième film de David Frankel (Le Diable s’habille en Prada, Marley et moi, Tous les espoirs sont permis, qui sort dès le mois prochain) se pare des atours de la comédie pour esquisser le portrait de trois passionnés en quête de leur moi profond. Si Brad (Jack Black) veut être fier de lui dans l’accomplissement d’un grand projet, le riche Kenny Bostick (Owen Wilson) veut juste battre son propre record. Quant aux aspirations de Stu (Steve Martin), avocat d’affaires proche de la retraite, elles rejoignent celles de Brad. À leur manière, ces trois hommes vont se lier d’amitié et découvrir, à travers leurs voyages à la recherche de l’oiseau rare, ce qu’ils attendent de la vie. Malgré son thème de départ, The Big Year est bien plus une oeuvre existentielle  qu’écologique, à la mise en scène rythmée et aux personnages attachants. Œuvre touchante et émouvante dans la plus pure tradition de la comédie américaine, le film mêle au rire la mélancolie et la tendresse avec une certaine justesse de ton.

Lindsay Pulsipher dans "The Oregonian"
Lindsay Pulsipher dans "The Oregonian"

The Oregonian, de Calvin Reeder, vu par Thomas Roland :

Il n’en est pas de même pour The Oregonian de Calvin Reeder, petit film d’horreur entre onirisme et trash. Une jeune femme se réveille au volant d’une voiture accidentée sur le bord de la route. N’ayant aucun souvenir d’où elle vient ou de qui elle est, elle commence à errer à la recherche d’une aide quelconque. Dans son périple, elle va rencontrer une vieille femme en rouge au rictus constamment collé sur le visage, un routier qui a d’étranges mictions, des marginaux qui boivent de l’essence… Tout cela fait souvent penser à l’univers de Lynch version redneck. Emballé sous une narration en puzzle, cela se veut provocateur, c’est parfois gore, souvent gratuit, mais pas très intéressant...

Rachel Weisz et Jeremy Renner dans "Jason Bourne : l'héritage"
Rachel Weisz et Jeremy Renner dans "Jason Bourne : l'héritage"

Pour le reste, l’événement médiatique est évidemment le retour de Jason Bourne. Ou plutôt, l’arrivée de l’agent Aaron Cross dans une franchise qui reprend toujours le nom de son héros d’origine, Jason Bourne : l'héritage. C’est donc l’intéressant Jeremy Renner qui remplace Matt Damon, avec pas mal de comédiens devenus trop rares en deuxièmes (ou troisièmes) rôles, comme Scott Glenn, Stacy Keach ou Albert Finney. Et c’est Tony Gilroy, scénariste de la trilogie initiale, qui passe cette fois à la réalisation et signe son troisième film (après Michael Clayton et Duplicity).
Autre événement médiatico-people, Jean d’Ormesson dans un rôle de Président de la République plus qu’inspiré de François Mitterrand dans Les Saveurs du palais. Passionnant, n’est-ce pas ? On se désole quand même un peu de voir Catherine Frot gâcher son talent (cf. l’intéressant Coup d’éclat, sorti en 2011) dans ce genre de films (remember Bowling, en juillet dernier) et beaucoup devant l’évolution de la filmographie de Christian Vincent, si prometteur à l’époque de La Discrète
Dans le genre "qualité France", Quelques heures de printemps pourrait bien être plus intéressant, malgré ses furieux airs de Jean Becker. Parce que les précédents films de son réalisateur, Stéphane Brizé, étaient plutôt de jolies réussites modestes (Le Bleu des villes, Je ne suis pas là pour être aimé, Mademoiselle Chambon).
Autre film français de la semaine, Alyah, premier long-métrage d’Elie Wajeman, dans lequel le réalisateur Cédric Kahn fait l’acteur, en frère aîné de Pio Marmaï.

Isabelle Huppert dans "Captive"
Isabelle Huppert dans "Captive"

Deux autres films américains également : For Ellen, avec Paul Dano en jeune musicien ne sachant pas trop quoi faire de sa fille, de la réalisatrice d’origine sud-coréenne Yong Kim, et Robot and Frank, premier long-métrage de Jake Schreier, avec Frank Langella pour une (rare) fois dans premier rôle (celui de Frank, hein, pas du robot).
Avant de la découvrir sous la caméra d’Hong Sang-soo pour In Another Country (sortie le mois prochain), on peut voir cette semaine Isabelle Huppert poursuivre un impressionnant tout du monde des cinéastes qui comptent dans Captive, du Philippin Brillante Mendoza, très inspiré par une véritable prise d’otages de représentants d’ONG occidentales survenue aux Philippines en 2001.
Yousry Nasrallah, probablement le meilleur cinéaste égyptien depuis la mort de Youssef Chahine, s’est lui aussi nourri aux sources du réel en filmant "en direct" la révolution dans son pays. On espère que son film n’arrive pas trop Après la bataille
Encore plus en prise avec le réel, cette semaine nous propose également deux autres documentaires (avec Le Sommeil d’or). Réalisé par Kamir Meridja, Rude Boy Story suit le groupe de dub français Dub Inc. alors que Teodora pécheresse, d’Anca Hirte, n’est pas un hommage à Gianna Maria Canale (rôle-titre de Théodora, impératrice de Byzance de Riccardo Freda) mais le portrait d’une future nonne roumaine, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

"La Ferme des animaux"
"La Ferme des animaux"

Trois reprises pour compléter la semaine.
L’hommage à Douglas Sirk continue avec l’un de ses plus fameux mélodrames, Mirage de la vie (Imitation of Life, 1959), avec Lana Turner et John Gavin, l’étrange histoire d’une jeune femme blanche reniant sa mère biologique noire, l’adaptation de la fable d’Orwell La Ferme des animaux (Animal Farm, 1954), de Joy Batchelor et John Halas, classique de l’animation britannique (genre pas si florissant que ça, il est vrai) et ce qu’il faut bien appeler l’incompréhension de la semaine avec la resortie en salles de Dirty Dancing (1987) ! S’agit-il de célébrer les trois ans, presque jour pour jour, de la disparition de Patrick Swayze ? Ou de constater à quel point le film n’a porté chance ni à Jennifer Grey (un peu disparue des radars depuis), et encore moins à son réalisateur Emile Ardolino, mort seulement six ans plus tard, à cinquante ans ?...






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