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Sorties cinéma du 13 juin 2012 : Culturopoing a déjà vu ça...
Sorties salles
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Pas moins de quinze nouveaux films sortent ce 13 juin. Ce sont pourtant les deux reprises qui sont certainement les plus grands films de la semaine. Le fameux Violence et passion (Gruppo di famiglia in un interno), bien sûr, l'avant-dernier film réalisé par Luchino Visconti en 1974, dans lequel il retrouvait son "Guépard", Burt Lancaster. Mais peut-être plus encore le formidable film noir d'un cinéaste pourtant relativement peu considéré, Lewis Milestone, réalisateur très versatile, plus ou moins à l'aise dans les innombrables genres qu'il a pu aborder en quarante-cinq ans de carrière. Porté par un superbe casting (Barbara Stanwyck, Van Heflin, Lizbeth Scott et Kirk Douglas dans sa toute première apparition à l'écrann peut-être l'une des plus marquantes de l'histoire d'Hollywood), L'Emprise du crime (The Strange Love of Martha Ivers, 1946) est vraiment l'un des joyaux un peu secrets du film noir. ![]() Barbara Stanwyck et Kirk Douglas dans "L'Emprise du crime"
Mais revenons à la vraie actualité cinéma du moment. En attendant, sous quelques jours, l'avis éclairé de Laura Tuffery sur 80 jours, de Jon Garaño et José Mari Goenaga et sur Journal de France, de Raymond Depardon et Claudine Nougaret, penchons nous brièvement sur la dernière réalisation de Michael Winterbottom, Trishna. Trishna, de Michael Winterbottom (Olivier Rossignot) Michael Winterbottom est un cinéaste prolifique et inégal, souvent maltraité par la critique, mais avouons que sa filmographie à de quoi décontenancer tant elle alterne le meilleur, le pire et le moyen, capable de nous offrir de belles œuvres subtiles (Un été italien) ou des adaptations totalement ratées (The Killer inside me), des échappées puissantes (Butterfly Kiss) ou parfaitement anodines (The Trip), d’expérimenter de nouvelles formes de façon passionnante sinon réussie (Nine Songs) ou de ne rien expérimenter du tout (With or without you). Trishna est une nouvelle transposition à l’écran, ici déplacée au Rajasthan, du Tess d’Urberville de Thomas Hardy, après celle de Roman Polanski en 1979, avec la rayonnante Nastassja Kinski dans le rôle-titre. Après ses deux remarquables adaptations du romancier anglais (Jude et Rédemption, parmi ses meilleurs films), on était en droit d’attendre une belle démonstration de la contemporanéité de l’écriture de Hardy. Le parallélisme de la condition de la femme anglaise du XIXème avec celle de l’indienne du XXIème siècle était osé, et pouvait donner naissance à une passionnante mise en rapport de deux civilisations. ![]() Riz Ahmed et Freida Pinto dans "Trishna"
Hélas, Winterbottom chausse ses plus gros sabots et se laisse aller d’emblée à la caricature et aux archétypes, peinant à sortir de l’Inde de carte postale, allant jusqu’à céder au péché mignon du bollywoodien. Il est étonnant de voir combien certains cinéastes anglais fascinés par l’Inde plongent malgré eux dans la vision exotique et couleur locale. L’authenticité du Fleuve de Renoir paraît désormais bien loin. On s’amusera à reconnaître les éléments du roman et à étudier la manière dont le scénariste les retravaille et les modifie, mais c’est assez maigre et peu concluant. Malgré une dernière partie qui se précipite vers un tragique assez pervers plus prenant, malgré une Freida Pinto convaincante, Trishna échoue à susciter une quelconque empathie pour ses personnages. Roman peut dormir sur ses deux oreilles. Nastassja n’a pas été détrônée. Les douze autres sorties de la semaine, dont nous vous parlerons plus tard (ou pas...) : - Bangkok renaissance, de Jean-Marc Minéo - Bienvenue parmi nous, de Jean Becker - Blanche-Neige et le chasseur, de Rupert Sanders - El Campo, de Hernán Belón et Valeria Radivo - Cassos, de Philippe Carrèse - Días de gracia, d'Everardo Gout - La Grammaire intérieure, de Nir Bergman - Je sens le beat qui monte en moi, de Yann Le Quellec - Marley, de Kevin McDonald - La Petite Venise, d'Andrea Segre - Quand je serai petit, de Jean-Paul Rouve - Baby-sitter malgré lui, de David Gordon Green.
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