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Sorties cinéma du 12 septembre 2012 : Culturopoing a déjà vu ça…

Sorties salles
Posté par Culturorédac le 2012-09-14



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Cette semaine, Culturopoing est pour l’instant passé à côté de la plupart des "grosses" sorties de la semaine, mais ça n’était pas toujours involontaire, à vrai dire. Oui, oui, on pense bien à LOL USA, le remake de notre LOL national par Lisa Azuelos elle-même, en écrivant cela. Même s’il faut bien avouer que son affiche sur laquelle on se demande si Miley Cyrus ne serait pas la mère de Demi Moore a quelque chose de presque fascinant…
On pense aussi un peu à ce brave Alexandre Arcady et à Ce que le jour doit à la nuit, beau titre, mais dû à Yasmina Khadra, dont le film est l’adaptation de son roman éponyme.
Malgré son trio vedette Ben Stiller – Vince Vaughn – Jonah Hill et le fait que son réalisateur, Akiva Schaffer soit l’un des auteurs du Saturday Night Live depuis une dizaine d’années, on ne fait qu’une confiance très modérée à Voisins du troisième type.
Quelques doutes aussi sur Des hommes sans loi, tant le réalisateur australien John Hillcoat semble avoir perdu de la personnalité de son premier film Ghosts… of the Civil Dead (1988) depuis son arrivée à Hollywood. Même s’il fait ici à nouveau équipe avec Nick Cave à l’écriture de la musique mais aussi à celle du scénario, le casting glamourissime de son film est-il vraiment en adéquation avec son sujet ?...
Pas (encore) vu non plus Camille redouble, auréolé d’un accueil critique assez impressionnant. Noémie Lvovsky réalisatrice n’a pas toujours convaincu jusque-là, malgré de jolies réussites comme La Vie ne me fait pas peur ou Faut que ça danse ! Mais elle a pour la première fois la bonne idée de s’attribuer le principal rôle de son film et elle est une comédienne tellement épatante que ce Camille redouble s’avère très tentant, malgré un argument rappelant beaucoup Peggy Sue s’est mariée voire Retour vers le futur.

Jean-Pierre Léaud et Noémie Lvovsky dans "Camille redouble"
Jean-Pierre Léaud et Noémie Lvovsky dans "Camille redouble"

Pas vu non plus d’autres films ne bénéficiant que d’une sortie plus discrète. Le premier long-métrage de Stéphane Cazes, Ombline, s’avère pourtant assez tentant avec sa trame de mélodrame (une jeune femme, Mélanie Thierry, accouche de son petit garçon en prison) et nous donne en bonus des nouvelles de Corinne Masiero, impressionnante dans Louise Wimmer au début de cette année.
Pas d’avis en revanche sur La Dette, premier long-métrage de fiction, assez politique, du documentariste polonais Rafael Lewandowski, ni sur le documentaire espagnol Morente, flamenco y Picasso d’Emilio R. Barrachina consacré au chanteur Enrique Morente et à son amitié avec le génial peintre.
On a un avis, en revanche, sur Le Jour de la grenouille, de Béatrice Pollet, que l’on n’a plutôt envie de garder pour nous, tant il n’est pas en faveur du film…

Mélanie Thierry dans "Ombline"
Mélanie Thierry dans "Ombline"

Reste The We and the I, le nouveau Michel Gondry, qui a plutôt divisé les rédacteurs qui l’ont vu. Certains (Quentin Boutel et Cyril Cossardeaux) n’y ont vu qu’un film assez vain enfilant les clichés et ne réservant aucune surprise quant à l’évolution de ses personnages, alors que Gaël Martin est absolument emballé. Et nous explique pourquoi ici-même, puisque, fidèle à sa ligne de conduite de principe (souffrant parfois quelques exceptions), Culturopoing préfère laisser parler l’enthousiasme.
Reste aussi trois autres films qui ne nous ont pas forcément sembler "justifier" une critique à part entière mais qui mérite quand même assurément quelques mots, d’autant plus qu’ils sortent dans des combinaisons de salles malheureusement très réduites.

"Boy"
"Boy"

Boy, de Taika Waititi, vu par Gaël Martin

Derrière une facture relativement modeste et la discrétion de sa sortie en salles, Boy cache un film formidable autant pour les enfants que pour leur parents. Ces derniers n'auront de cesse durant le film de se rappeler l'époque où Michael Jackson a inondé le monde de son Thriller. Dans Lipstick Traces, histoires secrètes du 20ème siècle, Greil Marcus écrivait "Le triomphe de Michael Jackson a été de permettre aux gens de ne pas choisir. Thriller était là". C'est exactement le rôle que lui donne Taika Waititi (créateur de la série Flight Of The Choncords) dans Boy. Il n'y a pas a choisir, Thriller est là, dans la vie de Boy, petit bout de chou plein de malice. Son existence même permet au réalisateur de ne jamais en faire résonner une seule note. Une victoire du spectacle sur la vie. Chez Waititi, faute de révolte face à une réalité sordide, la puissance de l'imaginaire, dont les enfants sont les rois, donne à ce monde toute sa beauté.

"Would You Have Sex with an Arab ?"
"Would You Have Sex with an Arab ?"

Would You Have Sex with an Arab ?, de Yolande Zauberman, vu par Thomas Roland

Caméra au poing, Yolande Zauberman s’insinue dans les rues d’un Tel Aviv nocturne, une question lui brûlant les lèvres : "Coucheriez-vous avec un(e) Arabe ?". À la vision du film, il est évident que le but de la réalisatrice n’est pas de rendre un film de cinéma à l’esthétique soignée, mais de donner une autre image du conflit israélo-palestinien, d’aller à la découverte d’une autre facette de Tel Aviv, ville déjà reconnue pour son libéralisme. Entre autres choses, en se rapprochant de la communauté gay et de ses travestis. Même si le film est tourné uniquement de nuit, il ne s’avère nullement sombre dans son propos et exalte une certaine liberté. "Faites l’amour, pas la guerre" semble vouloir crier Yolande Zauberman en interrogeant des personnes de tous les horizons. La caméra s’approche au plus prêt des intervenants, les laisse parler, exprimer leurs idées quelles qu’elle soient. L’image est granuleuse, le cadre bouge donnant ainsi une impression de cinéma libre, affranchi de toute contrainte technique ou morale. Plus qu’une réelle oeuvre cinématographique, Would You Have Sex with an Arab ? aborde le débat de cette guerre sous un angle des plus originaux.

"Kurdish Lover"
"Kurdish Lover"

Kurdish Lover, de Clarisse Hahn, vu par Cyril Cossardeaux

En immergeant le spectateur dans le quotidien d’une famille du Kurdistan turc (qui est aussi SA famille, puisqu’elle est le compagnon de l’un de ses membres, qui possède physiquement de faux airs d’Yvan Attal), Clarisse Hahn a déjà le grand mérite de nous donner des nouvelles et surtout des images d’un pays qui "n’existe pas" géopolitiquement et pas beaucoup plus cinématographiquement. Mais son propos est bien moins politique qu’intime et l’on ne quitte quasiment pas le cocon familial un peu étouffant. C’est un choix de cinéaste qui se défend et qu’elle assume crânement. Et il est vrai que ses personnages ne manquent pas de saveur, surtout les femmes (le film donne l’image d’une société assez matriarcale, qui n’est pas forcément le reflet de la réalité). Les engueulades, à peu près quotidiennes, entre la grand-mère (personnage assez formidable) et sa belle-fille souffre-douleur sont notamment émaillées d’insultes d’une verdeur assez stupéfiante ("Qu’un âne lui mette sa bite dans le cul ", ce genre…), qui font passer notre "langage banlieue" pour du Rohmer.
Le problème du film vient qu’il peine beaucoup à dépasser le cadre de l’observation pittoresque, et on peut supposer que ça n’était pas du tout le but poursuivi par Clarisse Hahn, dont on ne doute pas de l’empathie (mi-amusée, mi-effrayée peut-être aussi un peu, parfois) pour sa belle-famille. On a la sensation de rester à a surface des choses alors que Kurdish Lover soulève plein de questions sur les us et coutumes de ce curieux "pays", notamment son paganisme plus ou moins mâtiné d’islam (mais aussi de christianisme ?) ou les séances de transe qui reviennent deux fois dans le film. La seconde, assez impressionnante, n’est pas sans évoquer le Jean Rouch des Maîtres-fous. Au fond, Kurdish Lover, c’est un peu Borat IRL (In Real Life) filmé par Rouch. Ce qui n’est déjà pas si mal, après tout.


Pour finir, comment passer sous silence la reprise d’un chef d’œuvre aussi flamboyant (c’est bien le mot !) que le Ecrit sur du vent (Written on the Wind, 1956) de Douglas Sirk et son fabuleux quatuor (Lauren Bacall, Dorothy Malone, Rock Hudson et Robert Stack) ?...






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