bandeau

 





 Disparition de Marilyn Burns

 Nuri Bilge Ceylan – "Winter Sleep"

 Tsui Hark - "Détective Dee 2 : La Légende du Dragon des mers"

 Alfred Hitchcock - "Le Rideau Déchiré" (1966, reprise)

 Aaron Fernandez - "Palma Real Motel"

 Sidney Lumet - "Le Prêteur sur gages" (1964)

 Richard Linklater - "Boyhood"

 Bill Douglas – "Comrades" (1987)

 John Frankenheimer - "Seconds, l'opération diabolique" (1966)

 Paris Cinéma 2014 (1) - "Jauja", "Chemin de croix" et "Sunhi"

 Paris Cinéma 2014 (2) - "L'incident" et "Seconds"

 Paris Cinéma 2014 (3) : "Party Girl" et "A Cappella"

 Paris Cinéma 2014 (4) - "Au Revoir l'été" et "Mange tes Morts"

 Paris Cinéma 2014 (5) - "L'institutrice" de Nadav Lapid

 Jonathan Glazer - "Under the skin"

 Howard Hawks – "L'impossible Monsieur Bébé" (1938)

 Joseph L. Mankiewicz - "Chaînes Conjugales" (1949)

 Hong Sang-soo - "Sunhi"

 Dean DeBlois - "Dragons 2"

 David Robert Mitchell – "The Myth Of American Sleepover" (2010, DVD)

Tous les articles Cinema

Cinema

Roman Polanski - "Répulsion" (Blu-Ray & DVD)

Sorties DVD
Posté par gee wee le 2012-05-13



Image principale
Ouvrir
 
Première oeuvre de la "trilogie des appartements" avant Rosemary's baby et Le locataire, Répulsion initie chez Roman Polanski une réflexion sur l'enfermement, sur la façon dont le lieu - l'appartement - étend son emprise sur les êtres - humains - qui les occupent. Quasi considérés comme des personnages à part entière, ces lieux agissent de manière insidieuse et diffuse, influent patiemment sur des personnages dont subtilement ils encouragent les rancoeurs et guident la folie jusqu'à se rendre indispensable. Jusqu'à ce qu'humain et appartement deviennent inséparables, liés chacun par le désir d'habiter et d'être habité.
Ainsi, les films de Polanski sont soumis à la temporalité de ces créatures enveloppantes, et la folie qu'il met en scène tient plus de l'entropie, lente déperdition d'énergie, que de la rage. Les modifications sont infimes, toujours minuscules, mais tirent chaque personnage (Deneuve, Farrow, Polanski) inéluctablement vers la perte de soi. Décomposition, transformation, il ne reste plus grand chose de l'être originel.




Carol, jeune femme introvertie, travaille comme manucure dans un institut de beauté. Sous son apparence timide, se dissimule une panique des hommes qu'elle parvient à taire moyennant quelques absences et tics légers. Ce vernis (celui-là même qu'elle applique sur les ongles de ses clientes) est lentement amené à craquer au rythme des avances de Colin, des ébats quotidiens de sa soeur avec son amant, du carillon du petit couvent de la rue en face ; évènements lui rappellant constamment ce noeud qu'elle ne parvient à défaire en elle et qui la maintient dans une posture de petite fille pour qui l'homme est menaçant, s'avance la nuit dans la chambre et se glisse sous les couvertures.

La folie, bien que soulignée par un jazz vif lorsqu'elle marche dans la rue répondant à son impassibilité, débute véritablement lorsque la soeur de Carol part en vacances, la laissant seule dans l'appartement. Alors seul véritable être de confiance, bien que de nature double, l'appartement se fait cocon quand la peur de sortir est trop forte. Mais plutôt qu'il ne vise à protéger Carol d'elle-même et à la ressourcer, il cherche à faire émerger son intériorité, à l'ouvrir tout comme il ouvre lui-même ses murs. Il devient central, à lui convergent les hommes (Colin, le propriétaire) qui serviront au projet (psychotique) de Carol, sur ses murs elle perd progressivement sa substance comme le lapin qu'elle oublie se décompose lentement dans le salon ; jusqu'à tomber à un état d'équilibre apathique, alors parvenue au bout de son traumatisme.




En serrant Répulsion entre deux yeux, l'oeil triste du générique et l'oeil triste de la photo sur laquelle s'éteint le film, Polanski invite le spectateur à rentrer dans son film, à l'habiter, à y déceler les détails qui exprimeront, exacerberont sa propre intériorité et feront surgir bien plus qu'une terreur soigneusement mise à distance, des angoisses plus profondes qui ne laissent pas indemnes. D'un film qui converge lentement dans le fantastique et la folie, Polanski construit un lieu qui s'ouvre puissamment vers le réel pour nous happer.




 
Un très très beau transfert pour la copie HD de Répulsion. Le Blu Ray est devenu réellement le support idéal pour redécouvrir les grands classiques et les archiver chez soi. Ainsi l'une des premières perles de Polanski fait peau neuve avec de superbes contrastes, des nuances magnifiques, et des gros plans d'une précision incomparable. On en redemande. 

Répulsion, de Roman Polanski
avec Catherine Deneuve, Yvonne Furneaux, John Fraser
édité par Filmedia



 


Retrouvez d'autres articles sur Roman Polanski :

Roman Polanski - "The Ghost Writer" [pour ou contre]
Reprise du "Bal des Vampires" en copie neuve
Roman Polanski - "The Ghost Writer" (Blu Ray)
Avec "D", Roman Polanski s’attaque à l’affaire Dreyfus
Roman Polanski - "Le couteau dans l'eau" (DVD)
Roman Polanski - "Cul-de-sac" (Blu-ray et DVD)
Concours Pathé / Culturopoing - des dvds et des blu-ray de Tess à gagner
Roman Polanski - "La Venus à la Fourrure" (2013, Blu-Ray & DVD)


Share/Save/Bookmark 






Commentaires
Pas de commentaires pour le moment
Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot la dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages



FERMER