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Riad Sattouf – "Les Beaux gosses"

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2009-06-06



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Pour schématiser à l’extrême, il existe aujourd’hui deux voies cinématographiques principales pour traiter des tourments adolescents : la voie arty introspective Larry Clark / Gus Van Sant et la voie déconne régressive Judd Apatow. Et si, modestement, Riad Sattouf créait une troisième voie médiane ?...
Bon, avec Les Beaux gosses ont est quand même plutôt Apatow tant le film joue clairement la carte de la comédie. Et, comme tout bon film mettant en scène des puceaux pas franchement favorisés par la nature, son moteur principal est celui de la quête du sexe. Mais la comparaison avec Apatow et particulièrement Superbad (Supergrave) est intéressante car, si le point de départ est identique (deux ados obsédés par une chose, enfin baiser, et comment y arriver), la dramaturgie des deux films s’avère bien différente.

Anthony Sonigo, Vincent Lacoste et Robin Nizan-Duverger

Anthony Sonigo, Vincent Lacoste et Robin Nizan-Duverger

Là où Supergrave, en bon film hollywoodien qui se respecte, raconte une histoire assez linéaire avec intrigue, rebondissements et résolution finale, Les Beaux gosses procède davantage par saynètes directement héritées des BD de Sattouf. Ceux qui connaissent (et aiment) notamment sa Vie secrète des jeunes ne seront ici pas dépaysés. Bien sûr, il y a une intrigue, des personnages principaux, évoluant avec le temps, mais le film repose moins sur des ressorts dramaturgiques éprouvés que sur de petites touches en formes de scènes de vie croquées sur le vif. Attention, scènes de vie ne veut en aucun cas dire documentaire : le film de Sattouf est très (bien) écrit et si ses dialogues découlent probablement largement de l’observation assidue d’une population qui ne cesse décidément de le fasciner, ils sont de lui et de personne d’autre.

Alice Trémolières et Vincent Lacoste

Alice Trémolières et Vincent Lacoste

De fait, assez vite, le film n’est plus vraiment la quête obsessionnelle de la "première meuf" puis de la "première baise", comme son argument de départ le laissait initialement supposer. Quasiment à son corps défendant, Hervé, son personnage principal, séduit rapidement l’une des plus jolies filles de sa classe, Aurore (une "bourge", qui plus est, quand lui serait plutôt classe très moyenne en HLM, avec résultats scolaires à l’avenant), et le film devient plutôt la chronique d’une "vie de couple" à l’échelle d’une classe de collège, c’est-à-dire un truc souvent aussi émotionnellement traumatisant pour ceux qui le vivent que pathétiquement drôlatique pour ceux qui observent l’irruption de ces codes amoureux dans un univers qui ne leur est pas destiné. On se brouille à mort et on tombe amoureux le temps que dure un intercours et le film restitue ça à merveille, avec une distance qui n’est jamais surplombante pour ses personnages et encore moins moqueuse. Sattouf filme ses protagonistes à hauteur de leurs boutons d’acné et appareils dentaires (rien ne nous est épargné, de quoi rappeler de bien vilains souvenirs à chacun…) et la mère, dépressive mais super cool (hilarante Noémie Lvovsky, dont on se demande à chaque fois si elle ne serait pas meilleure comédienne que cinéaste, au fond), apparaît finalement aussi oppressante que n’importe quelle autre quand elle vous parle frontalement de masturbation, soit le dernier truc dont vous avez envie de parler avec vos parents...

Noémie Lvovsky et Vincent Lacoste

Noémie Lvovsky et Vincent Lacoste

Selon la formule consacrée, Sattouf ne rie pas DE ses ados, il rie AVEC eux, ce qui fait une sacrée différence. Et c’est peu dire que, grâce aussi à de jeunes interprètes tous absolument épatants, il nous entraîne avec lui, faisant des Beaux gosses l’un des films les plus drôles vus depuis longtemps.





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Commentaires
De : Florence

Moi aussi j'ai bcp ri quand j'ai vu ce film, mais bizarrement les ados à côté de moi n'avaient pas l'air de trouver ça drôle... Peut-être parce que l'adolescence, c'est drôle vingt ans après????

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