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Rétrospective Akira Kurosawa à la Cinémathèque Française jusqu’au 1er août 2010 |
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Faut-il encore présenter Akira Kurosawa ? Depuis le début des années 50, il est assurément l’un des maîtres unanimement reconnus du cinéma mondial. Il est aussi celui qui "révéla" le cinéma japonais aux yeux du monde occidental, en remportant le Lion d’or du 4ème Festival de Venise en 1951 avec Rashômon. Ce film est le premier de la filmographie de Kurosawa à avoir été adapté à Hollywood, dès 1954, par Martin Ritt, avec Outrage, qui transposait cette histoire de viol racontée à différentes voix en western. Il y en aura beaucoup d’autres, certains pleinement assumés (le plus célèbre étant évidemment Les Sept mercenaires transposant Les Sept samouraïs dans un village de peones mexicains… ce qui vaut à ce dernier film d’être aussi la matrice du Three Amigos ! de John Landis ou du 1001 pattes de Pixar !), d’autres moins (Yojimbo inspirant Sergio Leone pour Pour une poignée de dollars, La Forteresse cachée George Lucas pour Star Wars, à nouveau Rashômon Ingmar Bergman pour La Source et Les Sept samouraïs Tsui Hark pour Seven Swords). La Cinémathèque, qui nous propose cette rétrospective depuis le 23 juin en partenariat avec le Festival Paris Cinéma (placé cette année sous le signe du Japon), a la très bonne idée de programmer également quelques unes de ces adaptations. ![]() Kurosawa aurait eu mauvaise grâce de se plaindre de ce pillage artistique (même s’il ne fut pas toujours très honnête) car il s’inspira lui-même énormément du patrimoine littéraire occidental pour ses propres films : les écrivains russes, qu’il adapta tout à fait officiellement (Gorki avec Les Bas-fonds ou Dostoïevski avec L’Idiot), mais surtout Shakespeare, qu’il transposa avec brio pour Le Château de l’araignée (Macbeth), Les Salauds dorment en paix (Hamlet) et Ran (Le Roi Lear). Ce dialogue permanent Orient-Occident fut l’un des ingrédients d’un succès mondial qui ne s’est jamais démenti, quand les Japonais eux-mêmes lui préféraient souvent des cinéastes plus... "japonais". On peut d’ailleurs lui préférer l’approche plus intimiste ou sensible de cinéastes comme Naruse, Ozu ou Mizoguchi (connus pour leur soin apporté aux personnages féminins quand Kurosawa faisait plutôt dans le cinéma "viril", avec Toshirô Mifune en parangon emblématique pendant une vingtaine d’années) ou le modernisme des Oshima, Yoshida ou Imamura. Mais peu de grands cinéastes japonais ont au final proposé une œuvre aussi variée, très loin de se limiter aux chambaras (films de sabre) qui ont fait sa gloire, ou même aux jidai-geki (films consacrés au Japon féodal). Kurosawa fut en effet aussi souvent un formidable peintre du Japon plus contemporain, avec un regard très humaniste et progressiste magnifiant des films comme L’Ange ivre, Le Duel silencieux, Vivre, Barberousse ou Rhapsodie en août. Au-delà de Mifune, Kurosawa fut aussi un formidable directeur (souvent révélateur) d’acteurs : citons seulement ici Takashi Shimura (aussi inoubliable dans Les Sept samouraïs que dans Vivre, entre autres) ou Tatsuya Nakadai (qui fut d’abord l’adversaire de Mifune – le diptyque Yojimbo / Sanjuro – avant d’incarner les héros vieillis et complexes des derniers grands chefs d’œuvre, Kagemusha et Ran). Et puis, bien sûr, l’importance qu’ont pu avoir de grands compositeurs comme Masaru Satô et Toru Takemitsu sur son œuvre… Si la filmographie recèle encore des secrets pour vous (et elle en recèle presque forcément car beaucoup de ses films restent extrêmement méconnus), précipitez-vous rue de Bercy ! La salle est climatisée, en plus… La programmation et les horaires sur le site de la Cinémathèque.
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