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Paris Cinéma fête ses 10 ans du 29 juin au 10 juillet 2012 aux quatre coins de la capitale


Posté par Cyril Cossardeaux le 2012-06-29



 
Pour fêter son dixième anniversaire dignement, le festival Paris Cinéma met le cap vers l’orient le plus extrême en proposant notamment une aussi splendide que roborative programmation hong kongaise. En la découvrant dans le programme du festival ou sur son site, on est hautement surexcité qu’un poil dépité de ne pas avoir le don d’ubiquité tant sont nombreux les films rarissimes, souvent inédits en France, dont la plupart s’annoncent passionnnants.
Le morceau de bravoure de ce made in Hong Kong débute en fait dès l’ouverture, le vendredi 29 juin, avec une nuit Johnnie To, en sa présence et celle de son comédien Lau Ching-wan, qui viendront présenter quatre films qu’ils ont tourné ensemble : Loving You (1995), Lifeline (1996), The Longest Nite (1998, officiellement signé Patrick Yau) et, le dernier en date, La Vie sans principe (qui sortira en France le 18 juillet, peu après le festival). Si Johnnie To participera également dispensera également une masterclass le dimanche 1er juillet qui risque de remplir le Forum des images, on peut regretter qu’aucun autre de ses films ne soit présenté à Paris Cinéma.
Mais on n’aura pas trop le temps de s’en lamenter pour se précipiter aux autres "focus" proposés dans le cadre de cet hommage à Hong Kong. D’autant plus qu’ils sont consacrés à quelques cinéastes dont l’œuvre nous reste largement méconnue, comme Allen Fong, Ann Hui et Patrick Tam, parmi les réalisateurs/trices les plus représentatifs de ce qu’on a appelé la "nouvelle vague hong kongaise" de la toute fin des années 1970, peut-être davantage encore que John Woo ou Tsui Hark, bien mieux connus en France mais œuvrant davantage dans le cinéma de genre. Allen Fong présentera plusieurs de ses films, alors que le dernier Ann Hui, A Simple Life, concourra dans la compétition officielle du festival.
Autre légende hong kongaise présente à Paris Cinéma, le réalisateur et maître d’armes/chorégraphe Yuen Wo Ping, dont l’influence dépasse de très loin les frontières de la Chine (même populaire), qui présentera Iron Monkey, produit en 1993 par Tsui Hark, et animera une masterclass le mercredi 4 juillet.

Lau Ching-wan dans "La Vie sans principe"
Lau Ching-wan dans "La Vie sans principe"

Rien que ça, ce serait déjà extraordinaire, mais Paris Cinéma propose aussi un très vaste panorama du cinéma hong kongais de 1948 à nos jours. Si cette sélection d’une cinquantaine de films (à voir en dix jours : une folie pure !) permettera de revoir certains titres déjà très connus (La Fureur du dragon, de Bruce Lee, Raining in the Mountain, de King Hu, Le Syndicat du crime et The Killer, de John Woo, Nos années sauvages, In the Mood for Love et le toujours merveilleux Chungking Express de Wong Kar-wai, l’extraordinaire The Blade de Tsui Hark, la triologie Infernal Affairs, d’Andrew Lau et Alan Mak ou le plus récent Accident, de Soi Cheang (et produit par Johnnie To), on pourra surtout y faire énormément de découvertes, notamment avec quelques films des décennies 40-50-60, connues des seuls spécialistes. Avec, en particulier, deux curiosités : l’adaptation contemporaine du Carmen de Bizet avec la divine Grace Chang (The Wild, Wild Rose, 1960, de Wong Tin-lam) et le tout premier film asiatique jamais distribué en salles en France, le totalement oublié La Ville inerdite (Sorrows of the Forbidden City, 1948), de Zhu Shilin. Etonnant, tout de même, de savoir que la découverte du cinéma asiatique en France s’est faite par un film made in HK (même si ses spectateurs n’ont pas dû être bien nombreux à l’époque)…
Mais on y verra aussi, entre autres, la version director’s cut du très culte L’Enfer des armes, de Tsui Hark, un film de l’un des plus grands comiques hong kongais, Michael Hui (The Private Eyes) ou une curiosité de Stanley Kwan (Love unto waste, film naviguant entre plusieurs genres, avec les juvéniles Tony Leung Chiu-wai et Chow Yun-fat, assez loin des rôles qui les ont fait stars).

Raúl Ruiz sur le tournage de "La Nuit d'en face"
Raúl Ruiz sur le tournage de "La Nuit d'en face"

Voilà une programmation qui aurait ravi Serge Daney, lui qui fut l’un des premiers critiques français à s’intéresser au cinéma extrême-oriental au fil de ses nombreux voyages. Mais aussi, évidemment, l’un de ses "enfants", Olivier Assayas, co-auteur, avec Charles Tesson, du mythique numéro "Made in Hong Kong" des Cahiers du Cinéma en 1984, et à qui Paris Cinéma rend aussi hommage avec une intégrale de ses films (de genre et de qualité très hétérogène mais présentant de vraies réussites, comme Clean ou Carlos) et une masterclass, le mercredi 4 juillet (il faudra faire un choix entre Assayas et Yuen Wo Ping…).
Paris Cinéma honorera aussi, mais cette fois sans leur présence, pour des raisons bien différentes, un disparu et un revenant. Le disparu, c’est Raúl Ruiz, mort l’été dernier et dont on pourra découvrir, en avant-première (le film sortira le 11 juillet), le denier film qu’il a pu terminé (mais pas le dernier tout court, puisque sortira en novembre Les Lignes de Wellington, achevé par sa compagne, Valeria Sarmiento, sur ses instructions), La Nuit d’en face, mais aussi une quinzaine de films couvrant plus ou moins toutes les périodes de l’un des cinéastes les plus versatiles qui furent, avec notamment la projection de films très rares comme Trois tristes tigres, La Vocation suspendue, La Chouette aveugle, L’Ile au trésor, Días de campo
Le revenant, c’est Leos Carax, dont Holy Motors a semble-t-il stupéfié tout le monde à Cannes… sauf le jury. Tous ses films (ils ne sont pas très nombreux) seront à voir ou revoir, y compris un court-métrage, Sans titre, réalisé pour le 50ème anniversaire du festival de Cannes, en 1997 (mais pas son tout premier court-métrage de 1980, Strangulation Blues, dommage, mais peut-être ne l’a-t-il pas souhaité…).

Eva Mendes et Denis Lavant dans "Holy Motors"
Eva Mendes et Denis Lavant dans "Holy Motors"

Avec tout ça, on en oublierait que, comme presque tout bon festival, Paris Cinéma propose aussi une compétition, et donc un jury ! Jury composé cette année de la réalisatrice Laetitia Masson, de la comédienne Alice Belaïdi, du comédien et réalisateur (dont le premier long-métrage, Au galop, sera présenté, en sa présence, le mardi 10 juillet) Louis-Do de Lencquesaing et des musicien(ne)s, sans lien de parenté, Emilie et Yves Simon. Grand favori pour le prix du jury, le nouveau film de Miguel Gomes, Tabou, a produit un effet considérable sur les spectateurs du dernier festival de Berlin, dont notre chère Bénédicte Prot.
Et puis, comme chaque année, beaucoup d’avant-premières des sorties (et reprises) de l’été débutant (même si, à Paris, il faut parfois un peu se pincer pour s’en convaincre…), et notamment de nombreux films présentés à Cannes, à commencer par la Palme d’or, Amour, de Michael Haneke, mais aussi A perdre la raison (Joachim Lafosse), La Chasse (Thomas Vinterberg), Confession d’un enfant du siècle (Sylvie Verheyde), Laurence anyways (Xavier Dolan), The We and the I (Michel Gondry), J’enrage de son absence (Sandrine Bonnaire)… Mais aussi le chouchou de bon nombre de rédacteurs de Culturopoing, Guilty of Romance, de Sono Sion, pour lequel nous vous proposons justement des places à gagner pour sa projection ! Et puis on est ravi de découvrir enfin le film hommage de Davy Chou à l’âge d’or du cinéma cambodgien, Le Sommeil d’or, dont nous vous parlions déjà il y a quelques mois.

Nous vous donnons maintenant rendez-vous deuxième quinzaine de juillet, pour un compte-rendu d’une (trop) courte partie des réjouissances, placées cette année sous la présidence glamourissime de Charlotte Rampling.



Bande Annonce Festival Paris Cinéma 2012 par festivalpariscinema




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