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Néo Publishing - Mort à l'arrivée...

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Posté par Olivier Rossignot & Alex Terror le 2010-03-30



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La nouvelle est donc tombée hier, elle est officielle. Néo Publishing c'est fini. Nous n'aurons plus à attendre ni giallo, ni film de zombies, ni buveurs de sang enragés et baveux sous la bannière de ces pirates (au sens noble) de l'édition indé. En triste ironie, le logo à la tête de mort va désormais s'inscrire au fronton du monument élevé aux éditeurs disparus. Un de plus.



Créé en 2002 avec la sortie du Retour des morts vivants de Dan O'Bannon et avec plus de 160 films à son catalogue, Néo Publishing étaient devenus les éditions de référence pour le cinéma de genre en France. La sortie de la plupart de leur titres sonnait un peu, pour nous, adeptes du cinéma de genre, comme autant de rêves réalisés, d'attentes enfin comblées, devenant ainsi l'équivalent français de Blue Underground ou Anchor Bay. Enfin un éditeur français dédié à un cinéma que nous défendons becs et ongles, celui de l'exploitaton la plus délurée. A l'instar d'un Jean Pierre Dionnet ou d'autres éditeurs tel que Bach, Le Chat Qui Fume ou Artus, avides de découvrir des péplums rares, de remettre Bava, Sollima ou Ptouchko en lumière, Néo avait ce même désir de partager la découverte et de démontrer que l'Histoire du cinéma, loin d'être uniforme et à sens établi, recelait à la fois des trésors insoupçonnés et de fabuleux nanars, et qu'il fallait compter sur les deux, voire en même temps. C'est dire si cette nouvelle nous attriste tant leur ligne éditoriale se faisait l'écho de nos propres convicitions, intégrant des chefs d'oeuvres comme Operazione Paura de Bava ou Le Moulin des Supplices de Ferroni au panthéon des grands classiques et  permettant au public de se délecter de désopilants monuments de ridicules comme La Revanche des Mortes Vivantes de Pierre Reihnardt ou le sublime Avion de l'Apocalypse de Umberto Lenzi. Un Lenzi qui eut droit aux honneurs chez Néo puisque outre ses charmants navets, nous pûmes enfin découvrir dans des conditions optimales l'oeuvre plus que décente du petit maître, à la faveur de la collection Italie à Mains Armés ou celle dédiée aux gialli. Nous devions également être partenaires sur le prochain giallo Néo, le formidable et ludique Eyeball de sieur Lenzi. Ce petit événement pour l'Humanité, mais grande joie par ici, n'aura donc pas lieu.



On aurait envie de faire l'inventaire Néo pour rendre justice au bonheur qu'ils nous ont procuré pendant ces huit années trop courtes, mais riches en sensations, du terrifant et sublime Je Suis Vivant d'Aldo Lado au Bloody Bird de Soavi, en passant par la collection Fulci nanti d'éditions collector goûtues, les gialli, les poliziesco, les films de cannibales (genre transalpin par excellence)... Néo parvenait à balayer de façon quasi exhaustive tout un pan du cinéma italien d'exploitation,  sans oublier quelques perles dérangeantes estampillé grindhouse ricain tels que I Drink Your Blood et Last House on Dead End Street. Néo se payait même le luxe et le bon goût d'aller dénicher une poignée de futurs petits classiques du genre façon Gutterballs . Et en frères d'armes, nous nous étions reconnus. C'était avec une grande fierté que Culturopoing proposait à ses internautes de gagner deux splendeurs du giallo des années 70 de Sergio Martino avec Edwige Fenech, L'Etrange Vice de Mrs Wardh et Toutes les Couleurs du Vice. A la fois courageux, culottés et toujours pointus,  ils savaient toujours exhumer des classiques rares depuis la mort de la VHS et élaborer de beaux suppléments, selon une ligne éditoriale ayant peu de comparaisons à souffrir dans l'hexagone. Et le tout dans un beau packaging qui ajoutait à la valeur des films la beauté de l'objet. Merde.



Le cinéma de genre perd avec Néo Publishing l'un de ses meilleurs porte-paroles. Qui prendra la relève d'un tel éditeur ? Nous n'avons pas encore tout à fait réalisé. Il va nous manquer. Alors on ne saurait pour le coup trop conseiller à la poignée de survivants de l'édition de fourbir les armes. Soyez imaginatif, proposez d'autres solutions pour la distribution, le support DVD se meurt, comme le CD. Foncez sur la VOD, le numérique, pensez et inventez des moyens. Les exemples ne manquent pas, l'INA et Arte proposent de beaux services en matière de contenus et de programmes. Ne soyez plus simplement éditeurs, pensez-vous aussi opérateurs. car puisque les opérateurs historiques se rêvent en  nouveaux rois de l'édition, rendons-leur du tac au tac. Pour continuer de proposer un paysage culturel protéiforme et flattant l'intelligence par la bande. Cela relève d'un véritable service au public, d'un service public. Néo mort, c'est une bataille de perdue.



C'est donc une nouvelle symboliquement dure pour un site  comme Culturopoing qui s'acharne à défendre une vision du 7eme Art qui se refuse à l'uniformité, au train-train et à l'immobilisme, qui vomit les ghettos et les barrières, la scission persistante entre cinéma de genre et grands classiques, entre l'exploitation et le mainstream bon-teint tendance arty. Car c'est quelque part, un peu, notre échec à nous aussi.




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Commentaires
De : mr_kenyatta

Ca n'a rien à voir (encore que, les films édités par Neo Publishing sont de ceux que l'hebdo aime à célébrer dans sa page cinéma bouyxouyenne...), mais on déplore aussi la mort annoncée de Siné Hebdo, d'ici à cinq numéros :-(
L'époque vous a comme des odeurs de "rentrez dans le rang", quand même...

De : Le Chat

Soyez imaginatifs ? Inventer d'autres moyens ? Mais avec quel argent ????

De : Alex Terror

je ne sais pas, tout est tellement épuisé? peut-être alors avec l'argent qui sert à faire des dvds et à gérer des stocks, chercher d'autres partenaires dans les télécoms, laisser tomber la distribution physique, etc. ça sent tellement la clé sous la porte ou c'est moi? la musique a une longueur d'avance sur le cinéma, sur ce terrain. je sais que le schéma (s'il en existe) ne peut se dupliquer mais ça donne la rage, tout ça. et puis ça englobe tellement d'autres choses, sur la refonte des droits d'auteur, la restructuration du secteur, etc. le secteur est sinistré mais le souci me semble qu'à force de parler (et d'être) une industrie, le secteur se mange tout simplement dans la gueule une pure et simple révolution industrielle. forcément, devrais-je ajouter. alors, je n'ai pas de solution miracle, mais il me semble que l'on évite les vraies questions, nous cachant derrière le fonctionnement, à vide.

De : Elysia

Je partage ton avis, mr_kenyatta. Même si Néo publishing out, c'est pas extra, la mort annoncée de Siné Hebdo pour le coup çà ne présage rien de bien bon non plus pour la presse satirique et la liberté d'expression. Et c'est tout aussi inquiétant. Par contre, un échec ... non - un soutien jusqu'au bout c'est vraiment louable - On fait que ce que l'on peut à son niveau. c'est ce que vous avez fait et continuez de faire pour d'autres, une certaine vision de la culture en tête, donc tant qu'il y a la flamme.... Courage les enfants, courage! Pis qui sait. Y a peut-être un milliardaire qui tripe à mort sur les films d'horreur italiens des années 70 et qui voudra une pétillante nouvelle cour de récré. Bon c'était une blague bien sûr ;)



De : Alex Terror

une pétillante cour de récré, oui, avec des lycéennes nippones en uniforme et des soldats teutons. les tripes à mort. :)

De : Fred

Bien triste nouvelle. Je m'en doutais un peu. Cela faisait plusieurs jours que je tentais sans succès de me rendre sur leur site pour passer commande du très bon Toutes les Couleurs du Vice. DVD, VOD, etc. Le problème ne viendrait-il pas du manque d'intérêt du public pour le film de genre ? Et du manque de publicité fait autour de ces éditeurs ? Je ne suis pas de ceux qui pensent que le téléchargement illégal est responsable de la crise que le monde de l'édition traverse. Mais je suis persuadé que la VOD (si elle est privilégié par les éditeurs) va mettre un coup de frein à l'édition DVD et plus particulièrement à l'édition de film de genre. Pourquoi en effet télécharger en VOD un film que l'on peut télécharger illégalement ? Le DVD, son coffret, un objet que l'on peut prêter, faire découvrir à d'autres, etc. N'est-il pas temps de créer des liens avec la province, de multiplier les festivals pour attirer toujours plus de public, de monter une coopérative de vente qui regrouperait tous les éditeurs spécialisé dans le cinéma bis ?

De : Krystof Lemèreuh

C'est vraiment triste cette disparition,d'autant plus que leurs nouveaux titres à sortir étaient très alléchants,le "Eyeball" de Lenzi mais aussi le "Giallo" d'Argento.

De : ghoulish

l'article défend les petits éditeurs et se bat contre l'uniformité, pourtant il n'y a rien de plus uniforme que la vod...
au contraire, néo sortait du lot justement grâce à cette idée de "collector", un terme employé à tors et à travers chez les plus gros éditeurs.
que l'on demande aux éditeurs indépendants de laisser tomber le dvd pour la vod, c'est se foutre de la gueule du monde. voilà, c'est dit.

De : caleb666

on est vraiment dans un pays, où ce genre de film a dû mal sortir la tête de l'eau, puisque les grandes boîtes ne les édite pas, "neo publishing" nous permettez de trouver des perles rares... vive les usa où nombre d'éditeurs distribue les films de genre... Arrrrrrrrrrrrrrhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh Grrrrrrrrr !!!! j'vais déménagé outre-atlantique!!!!

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