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Na Hong-jin - "The chaser"

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Posté par Marion Oddon le 2009-03-07



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« The Chaser » s’affiche comme le digne petit frère de la vague de films Coréens marquant un renouveau certain dans la production nationale de ces dernières années. Assistant avant de devenir lui même réalisateur, Hong-Ji Na a choisi pour son premier film de louvoyer entre suspens, fantasque gore et imagerie traditionnelle, en y ajoutant l’humour et un indéniable sens du mouvement.

Sans ambages, il nous plonge dès les premières images dans une traque hallucinée qui durera plus de vingt minutes, pendant lesquelles on assistera déjà à deux rebondissements et quelques scènes d’angoisse mémorables. Vingt minutes sans reprendre son souffle, et alors qu’on se disait qu’il était peut-être allé trop vite, dévoilant tout trop tôt… le film commence à peine…Car il s’agit bien sûr de résoudre une enquête, mais aussi (et surtout ?) de dresser une satire acerbe du système policier coréen…et d’explorer ce fameux mouvement au travers de changements de rythme et d’atmosphère. Une déstabilisation permanente du spectateur qui aura du mal à s’ennuyer.





Le réalisateur construit un récit bien ficelé et les incontournables parallèles que l’on pourrait faire avec d’autres productions seraient loin d’être tout à fait justes, même si son goût de l’ultra violence abrupte lui a sans doute été inspiré en partie par Park Chan-wook et ses films « Sympathie for Lady Vengeance » et « Old Boy ». Même si la situation (un tueur de prostitués dans une banlieue paumée) pourrait faire penser à « Memories of murder » de Joon-ho Bong (2003), sans la poésie contemplative de ce dernier.

Young Ho, ex-policier véreux reconverti dans le proxénétisme voit ses « protégées » disparaître les unes après les autres. Plus affecté par la perte substantielle de ses revenus que par le sort de ces demoiselles, il faudra attendre quelques hasards malheureux pour qu’il comprenne enfin que ses filles ne se sont pas envolées de leur plein gré. S’ensuit une dérive nocturne sautant de passages quasi burlesques dans un commissariat à des références plus sombres aux films du genre.





Hong-Ji Na semble lui même apparaître à certains moments, la caméra devenant un observateur cruel. Tel un chasseur, elle se rapproche de la faiblesse de ses personnages, filmant volontairement en plans (trop) serrés les situations d’urgence ou de malaise…asphyxiant sa proie…Citons notamment ce plan furtif dans le commissariat, où l’on passe d’un plan large sur ce bureau vidé à celui du sexe de la policière en charge de surveiller l’accusé…Un traquenard quasi parfait où l’on regrettera juste cette utilisation du ralenti parfois, qui introduit un affect pathos peu compatible avec la volonté évidente du réalisateur d’une violence sans justification.





Sortie en salle le 18 mars 2009




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Commentaires
De : Infernalia

« The Chaser » est surtout intéressant dans le jusqu'auboutisme de sa noirceur, qui laisse peu d'espoir et dans une construction étonnante puisqu'elle débute le film là où en général ce type de film se termine (criminel démasqué, arrêté immédiatement, où l'on croit, à tort que le suspens en sera désamorcé). Par contre, autant l'on cite un peu trop facilement Seven comme référence pour les films de psychopathes, autant là franchement, elle me paraît évidente, voire parfois carrément trop présente. Atmosphère poisseuse et pluvieuse grisâtre limite millénariste, manipulation du criminel et cette propension à la noirceur nihiliste... En ce qui concerne PC Wook contrairement au cinéaste de Old Boy il n'y a pas de vraie réflexion sur la violence et sa représentation. C'est ce qui fait de The Chaser pour moi, un excellent film de genre, mais qui ne le révolutionnera pas non plus.

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