Mort du réalisateur, scénariste et producteur touche-pipi Zalman King
Posté par Cyril Cossardeaux le 2012-02-05
Un hommage à Zalman King sur Culturopoing ?!? Juste ciel, mais que se passe-t-il ?...
La raison de sa présence ici n’est pas son érotomanie (le genre de manie qu’on aurait du mal à blâmer), ni sa triple activité de producteur, scénariste et réalisateur (et même quadruple, puisqu’il assura lui-même la photographie de ses documentaires tardifs et musicaux, et non plus érotiques). Celle-ci est pourtant marquée par un énorme succès, qui a évidemment totalement changé son statut à Hollywood. Car si Adrian Lyne en fut le réalisateur, l’homme de 9 semaines ½, c’était bel et bien Zalman King, instigateur du projet et scénariste/producteur du film qui fit tant pour les stores vénitiens et les bacs à glaçons (et peut-être tant de mal à la carrière de Mickey Rourke…).
Après avoir produit le thriller chic et toc de Mary Lambert Siesta en 1987 (Ellen Barkin, Gabriel Byrne, Julian Sands, Isabella Rossellinin, Martin Sheen, Jodie Foster et même Grace Jones au générique !), King passa lui-même à la réalisation en 1988 avec A fleur de peau (Two Moon Junction). Il faut reconnaître que Zalman King avait un certain flair puisqu’il repéra Sherilyn Fenn (ici vilainement blonde platine) deux ans avant son rôle de l’ultra sexy Audrey Horne dans Twin Peaks. Quelques années plus tard, il fera aussi de David Duchovny le récipiendaire récurrent des Red Shoes Diaries posthumes et érotiques de sa fiancée disparue (une série qui, si nos souvenirs sont exacts, dut faire les délices des anciennes troisièmes parties de soirée de M6…), avant que celui-ci ne soit choisi par Chris Carter pour être l’agent Fox Mulder de X-Files (1).
Avec Jacqueline Bisset sur le tournage de "L'Orchidée sauvage"
Mais revenons au cinéma. Le flop absolu de Wildfire en 1988 (de l’époque où Linda Fiorentino était censée être la nouvelle femme fatale hollywoodienne, vous vous souvenez ?) ne l’empêche pas de tenter de renouveler la formule gagnante de 9 semaines ½. Il remet donc le couvert avec Mickey Rourke et une jeune comédienne aussi sexy que peu farouche, le mannequin Carré Otis (dont la carrière cinématographique restera à l’état d’ébauche mais qui deviendra Mme Rourke l’espace de quelques années). Le film fut néanmoins un vrai succès, qui engendra très vite une fausse suite (Wild Orchid II – Two Shades of Blue), qui fut en revanche un vrai flop. Jusqu’à la fin des années 90, King persévéra néanmoins dans la voix d’un érotisme soft de plus en plus passé de mode, via sa série Red Shoes Diaries où quelques films anonymes avec une nouvelle égérie, Audie England (dont Delta of Venus, une opportuniste adaptation d’Anaïs Nin quelques années après le Henry and June de Philip Kaufman).
En 1998, il tente de changer de registre et réalise un surf movie, Les Dieux du surf, qui ne casse guère la baraque. Alors retour aux jolies filles pas trop habillées avec Women of the Night (2001), où cachetonnaient aussi Seymour Cassel (acteur fétiche de Cassavetes) ou James Farentino (disparu en janvier dernier), ou les séries ChromiumBlue.com (2002), Forty Deuce (2005) et Body Language (2008).
Avec Carol White et Logan Ramsey dans "Some Call It Loving"
Bref, rien qui ne marquera même l’histoire de l’érotisme. Alors pourquoi s’intéresser à Zalman King, mort à 69 ans (forcément…) d’un cancer, le 3 février 2012 ? Parce qu’il commença dans le cinéma comme acteur et que même s’il ne fit jamais preuve d’un quelconque charisme, il se retrouva (on ne sait trop comment, à vrai dire, les informations sur ce film étant assez rares…) en tête d’affiche d’un des films américains les plus étranges d’une décennie 70 pourtant pas avare en bizarreries.
En 1973, le producteur et réalisateur occasionnel (cinq films seulement en plus de cinquante ans de présence à Hollywood !) James B. Harris, surtout connu comme ancien collaborateur de Kubrick (il produisit L’Ultime razzia, Les Sentiers de la gloire et Lolita), se mit en tête de moderniser le mythe de La Belle au bois dormant. Dans Some Call It Loving (aussi connu sous le titre de Sleeping Beauty), Zalman King est donc un saxophoniste de jazz découvrant une belle endormie dans une étrange fête foraine. S’en suit un film très onirique, à l’érotisme bien plus subtil que les propres futures productions de King (mais dont il s’est peut-être inspiré), pas complètement convaincant mais suffisamment troublant pour être devenu depuis aussi culte que presque invisible, après avoir été un flop total aux Etats-Unis au moment de sa sortie (2).
Si un distributeur ou éditeur DVD avait la curieuse idée de rendre un dernier hommage à Zalman King, il sait ce qu’il lui resterait à faire…
(1) Duchovny lui-même, on l’oublie trop souvent, avait presque débuté deux ans avant dans Twin Peaks (encore !), dans le rôle de l’agent du FBI travesti Dennis/Denise…
(2) On peut sérieusement se demander si, parmi les réalisateurs inspirés par Some Call It Loving, ne se trouverait pas aussi un certain David Lynch, tant le film peut à la fois rappeler Elephant Man ou Lost Highway…
Commentaires
De : jacques d.
bigre, en effet, ça donne envie d'en voir plus... faudrait que je puisse retrouver ce que je faisais d'important en 1973 qui m'aurait empêcher d'aller voir ça ! bah, on a la cinéphilie qu'on mérite après tout !
De : noodles
en 73 j'étais gérard ouryen à donf donc pas le temps à consacrer à ce sacré con de zalman
De : jacques d.
con sacré, peut être ? mais sacré con, why not ? après tout, il est mort... et pour longtemps !