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Mort du comédien et "doubleur" Serge Sauvion

Dossiers/Hommages
Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-02-14



 
Il est trop facile de résumer la longue carrière de Serge Sauvion (première apparition à l’écran en 1953, dans un improbable Autant en emporte le gang…) au doublage de Columbo. Il n’empêche que quand, quelques années après avoir vu les enquêtes du célèbre lieutenant à la 403, on a vu découvert tardivement Peter Falk chez Cassavetes (Husbands, Une femme sous influence), ça nous faisait tout bizarre de ne pas entendre la voix si particulière de Sauvion. Comme tout grand comédien de doublage, Sauvion avait inventé un personnage qui, pour les téléspectateurs français, lui devait peut-être autant à lui qu’à Falk, comme on pu le faire Michel Roux avec Tony Curtis (Amicalement vôtre), Jacques Balutin et Francis Lax avec Paul Michael Glaser et David Soul (Starsky & Hutch) ou Dominique Paturel avec Larry Hagman (Dallas).

La rencontre de Serge Sauvion avec Columbo fut à la fois une bénédiction, rendant sa voix familière à la population de tout un pays (ça n’est pas rien, quand même !), mais aussi, peut-être, une malédiction, car elle ne fut pas loin de sonner le glas de sa carrière de comédien "visible" sur le grand écran. La vérité oblige à dire qu’elle se limitait essentiellement à des rôles de seconds couteaux, souvent des flics ou des truands, d’ailleurs. Mais pas seulement.
Outre un rôle important dans Comptes à rebours, de Roger Pigaut, en 1971 (un film de casse au casting du genre viril), on le vit plusieurs fois aux côtés de Jacques Brel (Les Assassins de l’ordre, de Marcel Carné, mais aussi le premier film réalisé par le chanteur, Franz) ou prêter sa voix au personnage de César dans les premières adaptations animées des aventures d’Astérix. Sa voix était d’ailleurs déjà très familière des téléspectateurs puisqu’il doublait aussi Robert Blake dans Baretta ou Peter Lupus dans Mission : Impossible (avant d’assurer le doublage, plus tard, de Stacey Keach dans Mike Hammer).
Mais surtout, il fut le Charlie du très culte Charlie et ses deux nénettes, de Joël Séria, en 1973 (les deux nénettes en question étant Nathalie Drivet et Jeanne Goupil, la muse de Séria), pour ce qui restera son seul "premier rôle".

On n'échappe pas facilement à son destin...
On n'échappe pas facilement à son destin...

On le revit par la suite surtout à la télévision (le rôle du concierge aux côtés de la belle Anicée Alvina dans Les 400 coups de Virginie, de Bernard Queysanne, qui lui confit également un rôle dans son Amant de poche, en 1978), quelquefois encore au cinéma. Symptomatiquement, sa dernière apparition sur grand écran fut pour l’adaptation cinématographique du polar de Didier Daeninckx, Lumière noire, en 1994 (cela fait donc déjà longtemps…). Symptomatique de sa carrière, car le réalisateur en est Med Hondo (qui a doublé un nombre incalculable d’acteurs afro-américains, à commencer par Eddie Murphy) et que le rôle principal était tenu par Patrick Poivey (autre pilier des studios de doublage, sans qui Bruce Willis – Clair de lune ou Die Hard – ou Kyle MacLachlan – Twin Peaks ou Desperate Housewives – ne seraient pas tout à fait ce qu’ils sont dans l’oreille des Français…).

Il avait débuté dans les cabarets parisiens en déclamant du Villon avec son ami Pierre Vaneck, à qui il n’aura donc pas survécu longtemps. Serge Sauvion s’est éteint le 14 février, à quelques jours de célébrer ses 81 ans.




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Commentaires
De : elysia

Ce type m'a fait rêver, cauchemarder, suer, trembler avec sa voix inimitable - Columbo - ah la la !!! :) - ah! et puis Crime story à la radio. Au revoir Mr Sauvion.


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