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Mort du comédien Chad Everett


Posté par Cyril Cossardeaux le 2012-07-27



 
Vis ma vie de nécrophile (phage ?) culturopongiste !
Pas sûr que ce brave Chad Everett, comédien de troisième zone et personne manifestement pas très sympathique (la caricature du macho républicain, quoi, ce qui lui valut un jour une belle prise de bec avec la comédienne Lily Tomlin lors d’un talk show télé) "méritait" vraiment sa nécrologie sur Culturopoing (probablement moins que Tsilla Chelton, par exemple, cette grande "ionesquienne", mais bon, les vicissitudes de la vie, hein…). Mais son cas est l’occasion de vous raconter comme ça se passe, parfois.

Chad Everett dans "Medical Center"
Dans "Medical Center"

On voit passer l’info de la mort de l’acteur américain Chad Everett. On se dit, "Bon sang, ce nom me dit quelque chose, j’ai l’impression de l’avoir vu dans une bonne quarantaine de génériques hollywoodiens !". Car, de même qu’il y a des comédien(ne)s qu’on a l’impression d’avoir toujours connu(e)s mais auxquel(le)s on est bien incapable de donner un nom, il y a aussi ceux/celles dont le nom nous est familier mais qu’on ne saurait pas reconnaître si on les croisait dans la rue (ce qui a d’ailleurs peu de chances de se produire, surtout quand ils habitent Beverly Hills). Tiens, par exemple, si vous connaissez un tant soit peu le cinéma américain des années 1940 aux années 2000, le nom d’Efrem Zimbalist, Jr. n’a pas pu vous échapper. Mais savez-vous à quoi ressemble ce second rôle pourtant vu dans des films de Mankiewicz, Walsh, John Sturges, Cukor ou Terence Young ?...
Donc, premier réflexe, IMDb pour explorer la filmographie de Chad Everett (puisque c’est bien lui qui vient de mourir, le 24 juillet 2012, à Los Angeles, âgé de 76 ans). Et puis là, parmi la centaine de rôles qu’il a joués depuis le début des années 60, honnêtement pas grand-chose de vraiment marquant, beaucoup de ses apparitions à l’écran s’étant faites sur le petit, dans des séries pas toujours arrivées jusqu’en France ou s’y étant peu faites remarquer. A commencer par Medical Center, sorte d’ancêtre d’Urgences ultra populaire aux Etats-Unis pendant la première moitié des années 70, qui offrit deux nominations aux Golden Globes à Everett pour son rôle du sémillant chirurgien Joe Gannon.

Chad Everett et Naomi Watts dans "Mulholland Drive"
Avec Naomi Watts dans "Mulholland Drive"

Bon, on trouve bien aussi de petits rôles dans des films de Delmer Daves (L’Amour à l’italienne), de George Cukor (Les Liaisons coupables, dans lequel il avait notamment comme partenaire, devinez un peu… Efrem Zimbalist, Jr. !), Richard Brooks (La Fièvre du jeu, dernier film du réalisateur, assez épouvantable, à vrai dire) ou même Gus Van Sant (son remake de Psycho). Ou bien encore dans la suite de Y’a-t-il un pilote dans l’avion ?, où il était le bellâtre à moustache avec lequel Julie Hagerty tentait d’oublier Robert Hays (tu parles !).
Autant dire qu’on s’apprêtait à passer notre chemin (c’est qu’on a plein de critiques de films en retard…) et puis, d’un coup, le titre qui change tout. Mulholland Drive ! Parce que Chad Everett aura donc eu quand même l’occasion d’associer son nom à un chef d’œuvre, mais aussi parce son utilisation par David Lynch est l’un des plus coups de génie d’un film qui n’en manque pas. Chad Everett, dans Mulholland Drive, c’est Jimmy Katz, acteur vieux beau et qu’on devine abonné aux soap operas (le portrait d’Everett, quoi) chargé de donner la réplique à cette petite gourdasse de débutante de Betty Elms. Et cela donne l’une des plus mémorables scène du film, sans doute aussi parce ques comédiens collent parfaitement à leur rôle. Naomi Watts y crève l’écran par l’incroyable intensité érotique de son jeu et devient instantanément l’une des nouvelles stars d’Hollywood (même si on peut estimer que sa carrière n’est pas complètement à la hauteur de son talent), tandis que Chad Everett se voit totalement éclipsé par celle qui lui vole la vedette. Il fallait quand même du talent pour jouer cet effacement. Et Chad Everett l’avait.






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Commentaires
De : jacques d.

Brillante scène, excellent film, kaléidoscopique, de ceux (pas aussi rares que l'on voudrait qu'ils soient) qu'il est plaisant de revoir, qui ne s'épuise pas dès la deuxième vision. Et belle performance pour un "macho républicain" que celle de se faire tripoter par Naomi Watts, blonde perverse lynchienne !

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