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Mort de la comédienne Jean Simmons à 80 ans

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-01-23



 
Un peu plus d’un mois après Jennifer Jones, c’est une de ses possibles successeuses à Hollywood qui s’éteint à son tour ce 22 janvier 2010. Certes, à l’inverse de son aînée de dix ans, Jean Simmons n’a jamais joué sur l’érotisme exacerbé et vidorien de Duel au Soleil ou de La Furie du désir. Mais, physiquement, il y avait un air de famille certains (belles brunes mutines) et si Jean Simmons s'illustra beaucoup dans les rôles de femmes un peu prudes, voire carrément religieuses (une sœur dans Elmer Gantry le charlatan, un sergent de l’Armée du Salut dans Blanches colombes et vilains messieurs…), ce fut aussi le cas de Jennifer Jones (Le Chant de Bernadette) et Jean Simmons fut elle-même sensuellement troublante dans plus d’un film…

Elle fit ses débuts sur scène et très rapidement à l’écran (elle avait 15 ans) dans son Angleterre natale, où quelques rôles dans des films marquants (Les Grandes espérances, de David Lean, d’après Dickens, le magnifique Narcisse noir, de Michael Powell et Emeric Pressburger, dans lequel elle jouait le rôle d’une danseuse népalaise !) amenèrent Laurence Olivier à lui confier celui d’Ophélie dans son Hamlet, en 1948 (elle n’a alors que 19 ans). Le film connaît un grand succès et après quelques films supplémentaires en vedette en Grande-Bretagne, elle rejoint naturellement Hollywood après que la RKO de Howard Hughes ait racheté son contrat à la Rank.

Dans "Le Narcisse noir"
Dans "Le Narcisse noir"

Ses débuts en Californie, en 1952, sont les plus beaux qui soient. Elle y est Diane Tremayne Jessup, Un si doux visage (titre français d’Angel Face) cachant de troubles desseins, dans cet archétype de film noir orchestré de main de maître par Otto Preminger (avec un Robert Mitchum pleinement concerné, pour une fois).  Il est d’ailleurs vraiment dommage que les routes de Simmons et de Preminger ne se soient plus jamais croisées, tant l’Autrichien avait su la magnifier comme aucun autre.
Assez vite, Jean Simmons va voir sa filmographie se diviser à parts presque égales entre films contemporains et films historiques. Elle sera notamment de plusieurs peplums à très gros budget, comme L’Egyptien (Michael Curtiz, 1954) ou La Tunique (Henry Koster, 1953), resté dans l’histoire comme le premier film en Cinémascope. Dans ces deux films, elle faisait face au grand spécialiste hollywoodien du genre, Victor Mature, avec qui elle tourna plusieurs films dans les années 50, tout comme avec Stewart Granger (mais là, c’était plus logique, l’ayant épousé en 1950). Granger était par exemple son partenaire dans La Reine vierge (George Sidney, 1953), dans lequel elle incarnait Elizabeth 1ère.

Elle est alors l’une des comédiennes les plus prisées d’Hollywood, alignant les productions de prestige et les rôles marquants, comme le personnage-titre de The Actress (George Cukor, 1953, où elle se lia d’amitié avec le couple Tracy/Hepburn au point de nommer ses futurs enfants Tracy et Kate) ou celui de la maîtresse de Napoléon (incarné par… Marlon Brando !) dans Désirée (Henry Koster, 1954). Elle retrouva d’ailleurs Brando (et Frank Sinatra) dans une peu convaincante comédie musicale en 1955, Guys and Dolls (Blanches colombes et vilains messieurs), genre dans lequel Joseph Mankiewicz n’était manifestement pas très à l’aise.

La fin des années 50 marqua sa participation à quatre productions majeures de l’époque, dans des registres très différents : le western avec Les Grands espaces (1958), de William Wyler (on dit d’ailleurs qu’elle était son premier choix avant Audrey Hepburn pour Vacances romaines…), le drame Elmer Gantry le charlatan (1960), de Richard Brooks (qu’elle épouse la même année, après sa séparation d’avec Granger), la comédie romantique avec Ailleurs l’herbe est plus verte (1960), de Stanley Donen et, bien entendu, ce qui restera probablement son second rôle majeur avec Angel Face, à nouveau le peplum avec Spartacus (1960), de Stanley Kubrick. Les scènes d’amour (toutes platoniques, évidemment) entre Spartacus et Varinia resteront à jamais gravées dans la mémoire des cinéphiles, magnifiées par le superbe thème composé par Alex North.

Avec Burt Lancaster dans "Elmer Gantry le charlatan"
Avec Burt Lancaster dans "Elmer Gantry le charlatan"

La suite de sa carrière cinématographique sera rapidement moins intéressante, alors qu’elle a à peine passé la barre des 30 ans. Notons Life at the Top, une suite un peu lointaine des Chemins de la haute ville de Jack Clayton (qui avait valu son Oscar à Simone Signoret), qui restera aussi comme le premier long-métrage cinéma de Ted Kotcheff, futur réalisateur de… Rambo. Et un nouveau joli rôle offert par son mari Richard Brooks, The Happy Ending (au titre presque prémonitoire d’une fin de carrière cinématographique un peu tronquée), qui lui valut sa seconde nomination à l’Oscar sans succès, après Hamlet (elle remporta en revanche un Golden Globe, pour un film largement oublié, Cette nuit ou jamais (1957), de Robert Wise).

Un peu loin des plateaux de cinéma, où elle revint néanmoins de temps en temps, les quarante dernières années de sa vie furent pour autant très loin d’être inactives, puisqu’elle les passa sur les planches et à la télévision. On se souvient peut-être de son rôle important dans Nord et Sud (elle y était la mère de Patrick Swayze, autre disparu récent), mais c’est Les Oiseaux se cachent pour mourir qui lui valut un Emmy Awards en 1983.
Signalons également sa participation au doublage américain de deux films d'animation marquants de la dernière décennie, Final Fantasy et Le Chateau ambulant.

Elle s’est éteinte à Santa Monica, à quelques jours de célébrer ses 81 ans.


Dans Un si doux visage, où, sous le chandail près du corps, on retrouve l’obsession howardhughessienne pour les soutien-gorge en obus…





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Commentaires
De : a matter of life or bornu

Qui peut oublier sa danse de la séduction dans black narcissius :(

De : Ishmael

Je crois que sa meilleure prestation est dans "Elmer Gantry". C'est une grande actrice au visage intriguant à Hollywood, un peu oubliée ces dernières années, et dont je m'étais pris d'un intérêt constant depuis l'enfance et la découverte de "Spartacus": Un grand RIP.

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