
En 2006 le premier 0SS 117 était une jolie surprise de comédie française labellisée Gaumont. Irrévérence, haro sur le beauf, dialogues punchy et soin de la forme: voilà qui tranchait avec les formules habituelles du genre. Trois ans après ce succès critique et public voici cette suite située presque dix ans plus tard, et donc directement dans l'environnement des Bond puisqu'on est alors en fin de période Connery. Des moyens plus importants ont été alloués, et Hazanavicius profite à l'évidence d'une grande liberté pour se permettre d'aller plus loin dans les plaisanteries incorrectes. Mais en faisant d'Hubert Bonisseur de la Bath un abruti plus franc et encore plus déphasé dans l'environnement, il brise aussi l'un de ces petits équilibres dans la croyance au personnage qui faisait tout le charme de l'originel. Le personnage moyen de Louise Monod qui lui fait face sur à peu prés tout dessine en prime un duo assez schématique et lassant.
Rio ne répond plus fonctionne souvent plus comme un écho à rallonge de certains aspects du
Caire nid d'espion, comme un bonus où le trublion de
La classe américaine se lâcherait plus dans les vannes gonflées, mais en se laissant aller aussi dans une formule de détournement plus mécanique. Il y perd pas mal de fraicheur et de spontanéité au passage. Si l'écriture est toujours globalement de bonne facture et certains gags vraiment réussis (ça reste largement dans le haut du panier de ce paysage cinématographique), l'effet de surprise n'est plus là et les sorties mémorables se font un peu rares. Concernant la mise en scène, on finit aussi par se demander s'il y a quelque chose d'autre qu'un mimétisme gentiment insolent de l'imagerie des films d'André Hunnebelle. Hazanavicius trouve toutefois un peu d'air en s'aventurant dans des pastiches de
Vertigo et de
5ème colonne, et il aurait peut-être ainsi gagné à être plus varié. Bref une suite qui commence à transformer une bonne recette en formule plus répétitive, à l'image de ce running-gag des tueurs chinois. En espérant que si troisième film il y a, il brisera ce ron-ron naissant.