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Michel Hazanavicius - "OSS 117: Rio ne répond plus"

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Posté par Guillaume Bryon le 2009-04-26



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En 2006 le premier 0SS 117 était une jolie surprise de comédie française labellisée Gaumont. Irrévérence, haro sur le beauf, dialogues punchy et soin de la forme: voilà qui tranchait avec les formules habituelles du genre. Trois ans après ce succès critique et public voici cette suite située presque dix ans plus tard, et donc directement dans l'environnement des Bond puisqu'on est alors en fin de période Connery. Des moyens plus importants ont été alloués, et Hazanavicius profite à l'évidence d'une grande liberté pour se permettre d'aller plus loin dans les plaisanteries incorrectes. Mais en faisant d'Hubert Bonisseur de la Bath un abruti plus franc et encore plus déphasé dans l'environnement, il brise aussi l'un de ces petits équilibres dans la croyance au personnage qui faisait tout le charme de l'originel. Le personnage moyen de Louise Monod qui lui fait face sur à peu prés tout dessine en prime un duo assez schématique et lassant. Rio ne répond plus fonctionne souvent plus comme un écho à rallonge de certains aspects du Caire nid d'espion, comme un bonus où le trublion de La classe américaine se lâcherait plus dans les vannes gonflées, mais en se laissant aller aussi dans une formule de détournement plus mécanique. Il y perd pas mal de fraicheur et de spontanéité au passage. Si l'écriture est toujours globalement de bonne facture et certains gags vraiment réussis (ça reste largement dans le haut du panier de ce paysage cinématographique), l'effet de surprise n'est plus là et les sorties mémorables se font un peu rares. Concernant la mise en scène, on finit aussi par se demander s'il y a quelque chose d'autre qu'un mimétisme gentiment insolent de l'imagerie des films d'André Hunnebelle. Hazanavicius trouve toutefois un peu d'air en s'aventurant dans des pastiches de Vertigo et de 5ème colonne, et il aurait peut-être ainsi gagné à être plus varié. Bref une suite qui commence à transformer une bonne recette en formule plus répétitive, à l'image de ce running-gag des tueurs chinois. En espérant que si troisième film il y a, il brisera ce ron-ron naissant.




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Commentaires
De : M'enfin

C'est marrant, autant l'argument "c'est pas de sa faute s'il est français" m'agace souvent, je trouve cette critique très dure. D'une sur la mise en scène, le style emprunté a évolué depuis "Le Caire" et emprunte clairement à la décennie bombardée. C'est tout de même pas tous les jours qu'on se retrouve face à un film qui a une image et une mise en scène aussi classe, surtout (et je sais que ça peut agacer) pour un film français.

Et puis De la Bath était tout aussi con dans l'opus précédent, tout en accomplissant la mission, en incarnant à sa manière une forme de charme et une forme de puissance qui sied à l'image du "super-espion" qu'il est supposé être.

Et on ignore ici encore les piques nombreuses sur le monde et la france de l'époque, les scénaristes n'ignorant jamais d'inclure un fond qui sert parfaitement le film dans l'humour (les vestiges de Vichy, la France de De Gaulle, le rôle de la CIA en Amérique du Sud).

Bref, une critique fine bouche pour un film qui méritait non seulement des éloges pour être une des comédies les plus drôles du moment, et de loin, mais aussi un encouragement. On en veut plus, beaucoup plus, de films, de suites, de ce genre.

De : Ishmael

Fine bouche oui car je ne trouve justement pas ces plaisanteries sur ces éléments de fonds toujours très inspirées, que ce soit les références à la collaboration avec Bellemare (scène finale sans intérêt par ailleurs) ou la tirade sur le pouvoir de De Gaulle, c'est un peu platement expédié. De la bath n'était par ailleurs pas autant souligné "vieux con" dans le précédent, et ce charme que tu soulignes donnait justement au personnage une ambivalence plus intéressante qu'ici je trouve. Dujardin est souvent juste ridicule dans "Rio". Je ne trouve pas la mise en scène toujours forcément classenon si, quand justement elle fait trop dans un mimétisme mou qui finirait par faire ressembler le film à un vrai fantomas des sixties...

C'est un peu le problème aussi de ces recyclages un peu pop-art récents façon Tarantino auquel on ne peut que penser. Le climax et quelques séquences comme celles autour des chutes d'eau claquent toutefois plutôt bien! Mais je trouve en général que c'est une suite qui n'apporte pas vraiment grand chose de plus, qui m'a surtout bien moins fait rire que le premier. Oui ça reste sympa et largement supérieur à la production en vigueur chez nous dans le genre, mais en ce qui me concerne ça ne justifie de faire le dos rond sur certaines réserves qu'on peut relever.

De : Infernalia

Assez d'accord avec Ishmaël, je trouve le film très drôle, toujours bien au dessus de l'ensemble de la production comique française, et c'est vrai que c'est bon de voir quelque chose de soigné esthétiquement, mais il est quand même moins bon que le précédent et se repose trop facilement sur le dialogue cynique et cinglant, au mépris de ce qui était une des grandes qualités du précédant, les gags visuels et le comique de situtation. ll y avait une tendance à l'absurde (l'interrupteur et les poulets par ex.) qui manque quand même cruellement à celui là. ça rend donc le film un peu moins surprenant, les tirades presque consensuelles dans leur méchanceté. Mais bon, on passe quand même un excellent moment. Il faudra juste qu'il ne se contente pas d'écrire des dialogues et qu'il réfléchisse plus à tout ce que le comique peut avoir de visuel. Le pré générique était en cela très prometteur.

De : M'enfin

Quand De la Bath filait des photos de René Coty, il était déjà beauf. 10 ans plus tard, il fait vieux con. D'ailleurs, on lui dit, il est dépassé et vieux. C'est dans le film.

La France de De Gaulle, c'est un sketch écrit et bien balancé et drôle! Je sais pas ce qu'il vous faut.

Quant à la comparaison au premier, ce dernier avait placé la barre ultra haut selon moi, donc c'est un peu abattre la chèvre parce qu'elle est moins bandante que la brebis.

Quant aux "certaines réserves" c'est juste dommage qu'elles occupent 80% du texte sur le film. Là comme ça, on a l'impression que c'est de la merde. C'est tendu comme construction...

De : Ishmael

Je le ressens plus comme semi-échec que comme une semi-réussite, donc oui, ma déception finale devant le film dois sans doute se percevoir à travers la chronique.

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