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Maïwenn – "Le Bal des actrices"
Sorties salles
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Si le premier film coup d'essai / coup de maître de Maïwenn Le Besco réalisatrice, Pardonnez-moi, se plaçait plutôt sous l’égide de Pialat (probablement pas évoqué par hasard dans ce second film au détour d’un dialogue), Le Bal des actrices s’inspire plus clairement du couple Demy / Varda. De Jacques Demy, c’est assez évident car qui veut en France se frotter à la comédie musicale ne peut pas prétendre échapper à la comparaison. Et de par son utilisation, dans les scènes chantées et dansées, de couleurs assez flashy, voire carrément de costumes marins (grande obsession demyenne), Maïwenn semble assumer l’héritage. Mais la piste Varda est probablement encore plus féconde. D’abord parce que, sous sa facture apparente de documentaire, Le Bal des actrices est en fait un de ces "documenteurs" chéris par notre infatigable et espiègle octogénaire préférée. Chacun (et surtout chacune) s’amuse à jouer son propre rôle mais tout ça relève de l’art du simulacre, quand bien même un fond de réel viendrait inspirer le factice (mais n’est-ce pas le cas de tous les films de fiction, de toute façon ?). Encore plus clairement, c’est au Jane B. par Agnès V. que l’on pense ici, où l’objet de l’attention de la réalisatrice ne serait plus unique (Jane Birkin) mais multiple (12 actrices si l’on compte bien et inclue Maïwenn elle-même, qui se réserve finalement la meilleure part). Du factice à l’artificiel, il n’y a qu’un pas, que le film n’évite pas toujours totalement. En particulier, la séquence (trop longue) de la fausse projection finale du film dans le film à ses actrices s’avère un exercice un peu facile de désamorçage des critiques à venir, du genre "que pourriez-vous dire de plus négatif sur mon film que je ne fais déjà dire par mes propres protagonistes ?". ![]() Linh Dan Pham, Julie Depardieu, Mélanie Doutey, Maïwenn, Jeanne Balibar et quelques marins marrants Mais Maïwenn s’en tire par ailleurs haut la main grâce à un vrai culot de cinéaste, plutôt revigorant et nanti d’un humour souvent ravageur. Mais surtout, comme dans Pardonnez-moi, par un talent de direction d’acteurs assez bluffant. Qui fait même ajouter une troisième figure tutélaire à ce film en plus de celles évoquées plus haut : celle de Claude Lelouch. On peut ne pas être fan de certains films du cinéaste (il est probablement difficile qu’il en soit autrement…), mais on ne peut pas lui nier un talent assez unique pour tirer le meilleur de ses comédiens, et même pour les amener des choses qu’eux-mêmes ne soupçonnaient pas avoir en eux. C’est ce que l’on retrouve chez Maïwenn, à la fois vis-à-vis de ses comédien(ne)s professionnel(le)s, tou(te)s excellent(e)s et parfois même troublant(e)s de naturel (cf. la scène d’engueulade dantesque entre Muriel Robin et Jacques Weber). Mais aussi de comédiens qui le sont beaucoup moins. On pense ici tout particulièrement à Joeystarr, la plus belle révélation du film, à la fois censément dans son propre rôle et en même temps à des années-lumière de son personnage d’"animal médiatique", d’une drôlerie assez irrésistible en papa poule hyper responsable. L’essai Pardonnez-moi est donc transformé, même si le propos est ici beaucoup plus lisse. Reste néanmoins un vrai doute sur la capacité de Maïwenn à passer véritablement à autre chose. Sinon à une autre forme de cinéma, tout au moins à quelque chose d’un peu moins narcissique. Encore que, après tout, en littérature comme en cinéma, elle ne serait pas la première à bâtir son entière carrière sur un seul sujet, elle-même (puisque, après tout, on n’est pas sûr que ses comédiennes révèlent quoi que ce soit de réellement personnel)… Retrouvez d'autres articles sur Maïwenn : Maïwenn - "Polisse", Prix du jury du 64ème Festival de Cannes "Pardonnez-moi" de Maïwenn au ciné-club Les Couleurs de la Toile le 3 novembre 2011
Commentaires
De : Marion Une petite précision : Il s'agit en fait du troisième film de la réalisatrice, le premier ayant été "I am an actrice" en 2004. Pièce brulot contre sa famille, elle en avait fait par la suite un film assez médiocre mais qui lui avait permis quelques passages télé qui lui ont sans doute permis d'appuyer pleinement son second long métrage. Mais cette demoiselle à les idées bien claires sur ce qu'elle veut faire et semble si tenir jusqu'à présent. Et s'améliorant de film en film, on ne peut qu'être optimistes sur sa carrière... De : mr_kenyatta Mais "I'm an actrice" (que je n'ai pas vu) est un court-métrage, si je ne m'abuse ? Disons que je ne comptabilisais que les longs ;-) De : mr_kenyatta Mmmhhh... le prochain film de Maïwenn risque bien d'être une adaptation du roman "à clé" (Carla, etc.) de Justine Lévy, "Rien de grave", dont elle a acquis les droits. Finalement, on préférerait peut-être encore qu'elle continue à ausculter son propre nombril et celui de ses congénères... De : noodles enfin tout ça vaut pas kate bigelow ....... Insérer un commentaire : |
