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Lee Unkrich – "Toy Story 3"

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-07-16



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Une publicité interpelle parmi celles diffusées avant Toy Story 3 : elle nous vante un train Lego de Woody, Buzz et leurs compagnons d’aventures. Un train ? Aucun train dans les deux premiers fabuleux opus de la série et le troisième devant essentiellement se dérouler dans une garderie (fous d’impatience, on s’était renseigné depuis longtemps, vous pensez bien), on ne voyait pas très bien ce qu’un train du Far West pourrait venir y faire…
Ce train, il n’apparaît en fait que dans la première scène de Toy Story 3, qui n’est ni plus ni moins qu’un "reboot" (terme cinématographique de plus en plus à la mode) de la toute première scène du premier Toy Story. Dans les deux cas, Andy imagine des péripéties plutôt westerniennes pour ses jouets mais la différence est de taille. En 1995, la main du garçonnet était apparente, on en était finalement encore à l’ère de la marionnette et du numérique balbutiant ; quinze ans plus tard, on est à celle du jeu vidéo et il n’est pas difficile d’imaginer que cette séquence inaugurale (ou la surenchère spectaculaire est au rendez-vous), qui se situe toute entière dans l’imaginaire d’Andy (qu’on ne voit plus), se retrouve à peu près telle quelle dans le jeu Toy Story 3, décliné pour toutes les plateformes existantes *.
En 1995, Pixar, qui signait là son premier long-métrage qui allait totalement bouleverser le paysage de l’animation, pour le meilleur mais peut-être aussi pour le pire, croyait encore au pouvoir d’évocation du cinéma ; en 2010, manifestement beaucoup moins. Tout doit être à l’écran et l’imaginaire du spectateur réduit à la portion congrue…

Tempérons maintenant cette entrée en matière catastrophiste : Toy Story 3 n’est pas un mauvais film, loin de là, même si on peut se demander si son capital de sympathie ne repose pas très largement sur le plaisir de revoir enfin de vieux amis tant aimés. On eut quand même préféré que le scénario ne réutilise pas, pour l’essentiel, les recettes de TS2 : l’ours Lotso est un peu trop un décalque de Pete le chercheur d’or et on abuse à nouveau du thème des jouets abandonnés par leurs propriétaires moins fidèles en amitié que leurs compagnons pas si inanimés que ça. On a un peu l’impression qu’il n’y a déjà plus d’autre thème à exploiter d’un film mettant en scène des jouets a priori non belliqueux (le Small Soldiers de Joe Dante jouait sur un autre registre, pour un public il est vrai un peu différent) et on ne  pourra que se montrer circonspect à l’annonce de la production d’un éventuel quatrième opus (que la fin du troisième n’annonce guère mais, sait-on jamais, l’appât du gain facile, n’est-ce pas…).

"Toy Story 3"

La comparaison de l’épisode 3 avec les deux précédents permet aussi de mesurer les progrès de la technologie, évidemment considérables. Les jouets et les animaux atteignent une forme de perfection dans le rendu mais qui n’apporte finalement pas grand-chose au film. Peut-être, néanmoins, a-t-elle rendu possible l’une des belles idées visuelles de cet opus, lorsque, privé de son support principal en plastique, M. Patate doit s’incarner une une tortilla toute plate. Il passe là une jolie poésie et un petit grain de folie qu’on aurait souhaités plus contagieux.
Un peu répétitif sur la question du "faut-il rester fidèle à tout prix à l’enfant auquel on appartient (même si lui ne l'est pas)", le film souffre également étonnamment d’un manque de gags, de vrais gags déclenchant les éclats de rire. A son crédit, néanmoins, un Ken assez réussi et gentiment moqué (belle preuve d’humour de la part des pontes de chez Mattel même si on imagine qu’il a dû falloir convaincre quelques huiles que déviriliser ainsi le playboy maison était une bonne idée) et un sympathique clin d’œil aux studios Ghibli via la présence d’une peluche Totoro, hélas inexploitée (on connaît l’admiration réciproque de longue date entre John Lasseter et Hayao Miyazaki).
Mais, surtout, quelques réels moments d’émotion, comme la sage Toy Story a toujours su nous en offrir. Mais peut-être jamais aussi poignants qu’à la fin du film, lorsqu’Andy "transmet le flambeau" à sa petite voisine Bonnie. On se surprend à avoir la gorge serrée et même si cette scène (qui émouvra probablement davantage les adultes que les enfants, d’ailleurs) évoque très joliment le moment symbolique de l'adieu à l’enfance propre à chacun de nous, on se dit que, quand même, réussir à nous faire presque pleurer pour le destin d’une poignée de jouets, c’est fortiche, finalement…


* On peut d’ailleurs estimer que la première séquence de Toy Story 2 (2000) fait la transition entre les deux précitées : elle était cette fois directement issue d’un jeu vidéo, auquel Buzz et Rex jouaient sans succès.






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Commentaires
De : Cyril C.

Faut-il s'en réjouir ou pas ? Tom Hanks vient en tout cas de clairement laisser entendre qu'un "Toy Story 4" était en préparation...

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