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L'étrange festival. Jour 3.0

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Posté par benjamin COCQUENET le 2012-09-09



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Malgré un beau soleil, il y a toujours autant de monde au Festival de l'étrange. C'est le week-end, il faut de l'ambiance et la programmation devient plus accessible... mais pas forcément moins bonne. Nostalgiques des ambiances "midi-minuistes", vous êtes les bienvenus! La preuve en trois films...


Motorway. Soi Cheang. 2012. Hong-Kong.
La société Milkyway de Hong-Kong est une vieille habituée du festival, livrant, deci delà, des petites merveilles de cinéma qui ont trouvé un large écho dans notre belle France. Dans une production pléthorique, l'étrange festival est un heureux filtre pour mieux appréhender un corpus de films qui, souvent, dépasse l'entendement. Au générique de Motorway, des noms sonnent déjà comme des vieux amis qu'ont est ravi de retrouver: Johnnie To, Anthony Wong... Un thème qui pourrait emmener le film au sommet: la dualité, la technologie. Un film de chair et de métal, un car-crash complètement fou. On retrouve un peu de tout ça dans Motorway, film alléchant qui laisse néanmoins sur sa faim et déçoit. Explication. 
Au-delà du traitement anthropomorphiste des bolides - c'est assez réussi - qui appréhende la mécanique comme autant d'organes, un éclairage qui occulte le conducteur pour mieux autonomiser le bolide, Motorway souffre d'un manque de rythme évident.  La faute à une réalisation qui échoue dans l'expression d'une vitesse et son ivresse. film "bien fait", oeuvre "appliquée" pour chacun de ses plans, Motorways souffre d'un montage trop approximatif. C'est dommage car on sentait bien le potentiel du sujet - qui n'est pas mince mais juste réduit à sa plus simple expression - qui pouvait amener le film sur des terrains presques expérimentaux, inaugurant une oeuvre séminale sur le métal, une sorte de Crash revisité. Mais motorway est un film qui patine - c'est un comble - et reste définitivement comme une oeuvre "qui se veut" mais "qui n'est pas vraiment".

Iron sky. Timo Vuorensola. 2012. Finlande/Allemagne/Australie.
Des nazis de l'espace, des seringues pour blanchir les noirs, une Sarah Palin qui fait du vélo d'appartement... On est en terrain connu: le pastiche délirant façon ZAZ, la bouffonerie grotesque. Iron sky annonce la couleur - sans jeu de mots - et on adhère ou pas à ce principe de comédie de détournement, souvent irrévérencieuse, plaisir coupable pour tout cinéphile aguerri. Bénficiant de beaux effets spéciaux, évitant d'en mettre trop, Iron sky remplit aisément son cahier des charges devant une salle comble. On rit vraiment, ça sonne assez juste, on en demande pas trop et on est servi : le prototype même du divertissement qui respecte son spectateur. Aussi réussi - meilleur ? - que le Mars Attack de Tim Burton - mais la renommée du réalisateur en moins - Iron sky est un Eurociné réussi, le film que les ZAZ ne feront plus. 
On regrette par moment la "sagesse" du réalisateur face à un sujet qui appelait des situations vraiment grinçantes, même si ça pique quelque fois - pauvres coréens, pauvre Sarah Palin, pauvre C.Chaplin. Mais une mise en scène appliquée et l'évidente complicité d'une équipe au diapason emporte le morceau. Le film idéal pour une soirée pop corn.

Headhunters. Morten Tyldum. 2011. Norvège/ Allemangne.
Qu'on se le dise: headhunters est un miracle. Un objet imprévisible et fou. On ne peut en résumer la trame, qui retrouve cet équilibre parfait entre grincements, rires et effroi qui fait le sel des meilleurs Coen. On peut néanmoins en donner quelques pistes...
ça commence comme un caper movie, ça continue comme une comédie noire, ça flirte avec l'horreur pure: une mécanique scénaristique parfaitement huilée. Headhunters pourrait être une oeuvre maligne - voir manipulatricecomme un grand huit dont on serait les victimes consentantes. C'est sans compter une réalisation millimétrée entre les mains d'un cinéphile exigeant. A la fois relecture des genres et relecture de sa propre histoire dans une dernière partie, headhunters - titre polysémique - met en jeu l'essence même du cinéma, entre simulacre de la représentation et histoire des formes. Film à revoir et à revoir encore - comment saisir tant de détails en une seule vision ? - headhunters est une oeuvre complète, un fantasme - réussi! - de cinéma total
On en reparlera sans doute... mais assurément l'une des grandes révélations de ce festival.



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