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L'Etrange festival. Jour 2.0

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Posté par benjamin COCQUENET le 2012-09-08



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Des noms attendus, une grosse surprise et une nouvelle pépite: c'est une bien belle journée de l'étrange  pour un festival qui met la barre encore plus haut... Y compris pour la fréquentation qui bat à plattes coutures un soleil encore estival. Forts les p'tits gars!
C'est le grand déballage: les files d'attente arpentent les couloirs, quelques stands, pas avares en édition "Mondo Macabro", s'installent, le bruit de la machine à café sonne en continu, les discussions cinéphiliques s'échauffent et certaines paupières sont gonflées... L'étrange Festival prend son rythme de croisière avec une deuxième journée qui est un apéritif trois étoiles pour un week-end qui s'annonce chargé.
Petit résumé sensationnel d'une deuxième journée trépidante.


Touristes!
Ben Weathley. 2012. Grande-Bretagne.
Après un formidable Kill List, on attendait Ben Weathley au tournant avec une envie non feinte de retrouver ce magique équilibre entre humour et effroi, une note "so british" qui faisait merveille. Dans "Touristes!", tout est déjà dit dans le titre: un point d'exclamation qui signifie autant l'effroi, la menace que le grand fou rire. Un dosage savant dont Ben Weathley devient un alchimiste émérite, désormais au croisement le plus juste de plusieurs sensations contradictoires qu'il se plait à mélanger. Le film pourrait se limiter à un bel exercice de prestidigitation, efficace mais vain: il n'en est rien. Car ce mélange des genres n'est qu'un précipité, le résultat d'un vrai questionnement qui agite le réalisateur sur la liberté et ses limites, le droit et la morale. Les genres feront passer le message, avec ce souci d'éviter tout "pensum". Fragiles, peut-être sans réponse, ces questions font émerger une fragilité chez des personnages à la fois tendres et monstrueux, presque une mélancolie qui enrobe le film d'une atmosphère ouatée comme les ciels anglais ou il ne semble faire "ni vraiment beau, ni vraiment mauvais"... Cette envie de poser des questions, de me poser des questions élève le film à un niveau de pertianance et d'intelligence rare qui installe son réalisateur sur les rails des futurs grands. Au vue de la vitesse de croisssance du bonhomme, on parie qu'il sera sous peu un géant.
 

Driver. Walter Hill. 1978. USA.
Artisan solide et racé, Walter Hill signe, avec Driver, peut être son plus beau film, qui, une nouvelle foisn, puise aux racines de la mythologie américaine. Urbain comme il y a des déserts, motorisé comme il y a des hénissements, Driver est son meilleur western. Séminale, c'est une belle oeuvre efficace qui règle son compte avec les héros et leur virilité, distillant une mélancolie certaine. Servi par un duo au diapson (Ryan O'Neal / Bruce Dern), le film est la peinture de personnages hors du temps, à la recherche et dans la lignée de modèles éculés dans un monde moderne ou il reste trop peu de choses à défendre. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, nos personnages semblent hantés par un passé mythologique qui les nourrit ou les taraude: un "fatum" qui amène le film sur des pistes nouvelles, bien au-delà du "car crash" programmé. Une tragédie souterraine qui diffuse un parfum de mort: une mort en ligne droite, inévitable...

Un jour de chance. Alex de la Iglesia. Espagne. 2011.
Après le monumental et ogresque Balada Trista, il semble que l'appétit de Alex de la Iglesia soit contenté... Bonne nouvelle? Un jour de chance serait le film de la maturité qui trouverait dans son refus de la folie, son souci de l'intimisme, une "raisonnable raison" de démontrer que notre homme serait devenu un réalisateur fréquentable. Certes.
Elégance du mouvement de caméra défintivement sage, désir du grand sujet mais maintes fois exploité, c'est une belle oeuvre, de celle que l'on dit "maitrisée", de celle qui font sourire Ulysse de Télérama. Petit retour en arrière: qu'avons-nous aimé chez Iglesia? Le côté bancal, généreux, sans retenue. Pas parfait, parfois loupé, mais avec un goût du risque et de la générosité.
On pourra toujours dire que cette "sagesse" est cette fameuse prise de risque... Néanmoins, il y avait déjà goûté et elle révèle surtout un thème banal (l'enfer et l'horreur médiatique, ok, ok...) traité dans un film un peu trop long.
On en reparlera car, à l'évidence, le film partagera la rédaction.

Citadel. Ciaran Foy. 2012. Irlande.
Attention: choc. On a déjà vu ça: un soupçon de légende urbaine (Candyman,), de la claustrophobie (The Descent). Et pourtant...
"Qu'importe le scénar', tant que l'on a la méthode"....
Citadel est un film exorciste, de ceux qui sont nourris des expériences du vivant, entre frousse (la vraie) et trauma (le vrai). C'est à partir d'une expérience personnalle que le réalisateur a décidé la mise en oeuvre de son film: bien lui en a pris. Chaque plan, chaque séquence de Citadel est profondément incarné, habité autant par les démons de l'auteur que par une passion (et donc un respect) pour le cinéma dit "de genre". Il n'en dit d'ailleurs qu'une seule chose: son spectateur privilégiera la méthode au contenu. Une méthode ici redoutable mais distillée avec intelligence, entre bande son efficace et science des espaces parfaitement maitrisée.
On en reparle sans doute très prochainement, à l'occasion d'une sortie - espérée!- en salle...

 
 



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