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Kiyoshi Kurosawa - "Cure"

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Posté par Chloë Théault le 2007-07-11



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Cure interroge la folie qui se cache au sein de chacun, et qui se voit révélée par l'entremise d'un individu marginalisé, un étudiant qui a tout particulièrement fait porter ses études sur l'hypnose et Mesmer. Ainsi cet étudiant hypnotise ses "victimes" pour les conduire à révéler leur part sombre, et in fine à tuer ceux dont elles désirent se débarasser. Il y a une scène que j'aime beaucoup : l'inspecteur chargé de l'enquête vit avec une femme (sur laquelle s'ouvre le film) qui souffre manifestement de problèmes psychiatriques et qui rend la vie de l'inspecteur assez pénible. Or un jour, l'inspecteur, qui passe de plus en plus de temps avec l'étudiant, rentre chez lui et voit sa femme pendue dans la cuisine. Il tombe à genoux, pousse un long cri silencieux, interrompu par... l'étonnement de sa femme, bien vivante, car son suicide n'était qu'une projection fantasmée de son mari qui en cela a traduit son désir : qu'elle meurt. Cure est en quelque sorte une analyse de la manière dont la déliquescence de la société (société rongée par le dictat du travail et par la perte de la mémoire, fil directeur du film, rendu tangible par la perte de mémoire tant lointaine qu'immédiate de l'étudiant) s'inscrit dans chacun des individus. En cela, Infernalia voit dans Cure une autre version de The Thing, de Carpenter, sur le thème de la transmission du mal.

Image : Cure (1999), de Kiyoshi Kurosawa (Japon)


Mais pour ma part, sans être en désaccord avec cela, je vois dans Cure une dimension supplémentaire, celle de la critique de la société japonaise dans son ensemble, car on peut constater que chaque meurtre concerne une des grandes institutions de la société : la police, l'éducation, la santé / l'hôpital,... A noter aussi le fil ténu qui existe entre meurtre et suicide, qui se retrouve dans pas mal de films asiatiques et notamment dans Cure : lors du suicide de la femme de l'inspecteur, mais aussi lors de la fin, lorsque l'inspecteur tue l'étudiant, vraisemblablement sous effet de l'hypnose... en cela, l'étudiant n'a fait que le pousser à le suicider.


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