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Joshua Safdie – "The Pleasure of Being Robbed"

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2009-05-18



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On voit bien l’idée et la filiation au long cours. La Eleonore de The Pleasure of Being Robbed pourrait tout à fait être la petite-fille de la Wanda de Barbara Loden, la fille des anti-héros/héroïnes de Bette Gordon, Amos Poe, Eric Mitchell, Sara Driver ou Jim Jarmusch (celui de Permanent Vacation), la petite sœur des filles/femmes perdues d’Amos Kollek… De fait, et c’est ce qui rend le film globalement irritant en dépit de réelles qualités, The Pleasure… semble porter fièrement ces références "indie" comme des stigmates. L’esthétique est résolument lo-fi : caméra tremblée à l’épaule, lumière naturelle conférant un grain énorme aux scènes nocturnes (les plus nombreuses), plans flous par la faute d’un focus volontairement à retardement… Aucun doute que Joshua Safdie n’ait pas bénéficié du budget d’un blockbuster, dont il n’aurait probablement pas voulu et dont il ne saurait que faire. Mais aucun doute non plus que, en dépit de son budget low cost, il aurait pu faire d’autres choix de mise en scène. Assurément plus classiques mais auraient-ils pour autant desservi son propos ?

Eleonore Hendricks


Juste un exemple : le tremblé de la caméra. Il est quasi systématique et rares sont les plans "fixes" qui le sont réellement (que ceux à qui la Rosetta des Dardenne donne le mal de mer prennent leurs précautions…). Cette frénésie du cadre (pour un film qui est pourtant l’inverse d’un film d’action) ne finit-elle pas par rejoindre le "montage MTV" des adeptes de Michael Bay ? Pourquoi ne pas laisser le regard du spectateur s’installer ? Pourquoi privilégier un effet "pris sur le vif" qui ne trompe évidemment personne (il n’y a pas plus de "documentaire" dans The Pleasure of Being Robbed – joli titre, au demeurant – que dans Star Trek) ? Qui sait d’ailleurs si ce parti-pris de mise en scène ne finit pas par se retourner contre les personnages du film, particulièrement son héroïne. En bonne pickpocket, Eleonore se soit évidemment d’être fuyante. Mais elle l’est aussi un peu trop pour les spectateurs, même si le charme presque enfantin d’Eleonore Hendricks et sa garde-robe orange et violette parviennent à faire exister son personnage. Pas suffisamment cependant pour véritablement hanter ses spectateurs comme certains des modèles cités plus haut, hélas. Dommage que la piste onirique de la belle séquence de l’ours polaire au zoo de Central Park n’ait pas davantage été explorée. On n’est alors pas si loin de l’univers intriguant d’un autre cinéaste new yorkais, Lodge Kerrigan (le troublant Keane, en particulier)…






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