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John Huston - "Promenade avec l'amour et la mort"
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Méconnu, A walk with love and death (1969) fut un film longtemps difficile à voir suite à son échec en salle aux Etats-Unis: de nombreux pays européens dont la France en furent privés sur grand écran. C'est une petite production anglaise dans laquelle le cinéaste apporte mine de rien une nouvelle approche de l'univers médiéval au sein du cinéma anglo-saxon. L'œuvre précède le Lancelot de Bresson et le Perceval de Rohmer, mais les choix n' y sont pas encore aussi tranchés. N'empêche que Huston se débarrasse ici de toute scories du film d'aventure médiéval ainsi que de toute afféteries spectaculaires hollywoodiennes. Il rend simplement hommage à une vraie forme de poésie, issue de la courtoisie, profondément libre et déambulatrice... mais tout en s'en détachant juste ce qu'il faut pour garder une réelle fluidité qui ne rebuterait pas le spectateur actuel trop violemment. A Walk... est un réservoir d' harmonies qui vise, à quelques exceptions prés (certains zooms peux ragoutants par exemple), à réussir sur grand écran l'épure de la miniature. En fin de compte, ce retour au source est profondément sixties dans le ton, le film se rattachant à un vent "flower power" très post-68. Tout cela est matière à retrouver nombre de thèmes hustoniens: l'influence des idéologies et religions ou la confrontation à l'idéal. Le film est d'une grande honnêteté et intelligence puisqu'il ne se contente pas d'être une opposition manichéenne entre deux époques et deux manières de penser. A l'émancipation, la révolte et l'hédonisme, plus "moderne", Huston marie cet amour courtois et moral, et confronte la noblesse d'esprit aux éléments eux incontrôlables. La démarche magnifiant en fin de compte ce qui est peut-être l'une des plus grandes figures de son cinéma: la beauté du geste et de l'acte, même dans l'absurde ou l'isolé. La réalité du monde est profondément ambiguë au delà, et face aux désillusions personnelles, le caractère insoutenable des positions politiques, philosophiques ou religieuses, les deux personnages principaux opteront pour le choix de transformer leur histoire d'amour en bulle éphémère qui se vivra jusqu'au bout. Ce détachement à leur réalité environnante et un ordre devenu chaotique est symbolisé en cours de récit par le meurtre difficile et bouleversante d'un enfant: dés cet instant, le couple choisira de ne plus grandir ni évoluer, comme pour racheter cette tâche proprement inacceptable. Magnifiquement photographié et bénéficiant d'une musique inspirée et poignante de Georges Delerue, A walk with love and death se range facilement dans les plus beaux films de son auteur: son couple attachant et en exil établit une jonction évidente avec ses "buddy movies" que furent d'une certaine manière African Queen ou Heaven knows, Mr Allison. L'œuvre se révèle aussi incontournable dans une filmographie "Histoire et cinéma" qui serait consacré à cette période, un clin d'oeuil à passer aux étudiants Wink Dans son premier vrai rôle, Anjelica Huston est très touchante et intrigante. On songe à l'utilisation émouvante de Sofia Coppola dans The Godfather 3, mais en plus convaincant peut-être. John Huston, bougon, s'offre quand à lui un petit rôle loisir à un très beau discours. Retrouvez d'autres articles sur John Huston : John Huston – "Le Malin" John Huston - "Au dessous du volcan" (DVD) John Huston - "La nuit de l'iguane" (reprise cinéma) "Gens de Dublin" : ressortie salles du merveilleux film de John Huston. Des places à gagner. John Huston - "Gens de Dublin" John Huston - "La lettre du Kremlin" ("The Kremlin Letter", 1970, DVD) Concours Culturopoing/Opening : des DVD de "La lettre du Kremlin" à gagner
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