bandeau

 





 Rob Epstein & Jeffrey Friedmann - "Howl"

 Abel Ferrara - "Go go tales"

 "El Chino" - Sebastián Borensztein

 Larry Fessenden - "The last winter".

 Gok Kim et Sun Kim- White : the melody of the curse

 Entretien avec Ricardo Darín pour la sortie de "El Chino" de Sebastián Borensztein le 08/02/2012

 Mort du comédien Ben Gazzara

 Bob Rafelson - "Five Easy Pieces"

 Vintage Classics, première salve 2012 : du mystère, de la passion, de l'aventure !

 Tony Kaye - "Detachment"

 Naomi Kawase - "Hanezu"

 Sherlock Holmes, Jeu d'ombres - Guy Ritchie

 Pour une poignée de nanars avec Bach films : science-Fiction des années 50

 Entretien avec Mathieu Demy autour de la sortie d'Americano

 « Est-ce ainsi… Révolutions » pour les 12èmes journées cinématographiques dionysiennes

 Video kills the radio star: "Talk Radio" d'Oliver Stone.

 Leïla Kilani - "Sur la planche"

 Jean-Pierre Denis - "Ici-Bas"

 Millenium - David Fincher

 David Cronenberg - "Faux-semblants" (Blu-Ray)

Tous les articles Cinema

Cinema

John Huston – "Le Malin"

Hors Actu
Posté par Cyril Cossardeaux le 2008-10-13



Image principale
Ouvrir
 
L’œuvre très hétéroclite (pour ne pas dire hétérogène) de John Huston se divise schématiquement en deux catégories.
La plus connue et célébrée est évidemment celle constituée de ce que l’on pourrait appeler les "véhicules" pour stars hollywoodiennes. Le pire y côtoie le meilleur mais il faut reconnaître que le tableau de chasse est impressionnant, d’Humphrey Bogart à Jack Nicholson, en passant par Bette Davis, Jennifer Jones, John Garfield, Lauren Bacall, Katharine Hepburn, Gregory Peck, Robert Mitchum, John Wayne, Errol Flynn, Burt Lancaster, Audrey Hepburn, Marilyn Monroe, Clark Gable, Montgomery Clift, Kirk Douglas, Ava Gardner, Richard Burton, Marlon Brando, Elizabeth Taylor, Paul Newman… Il n’en manque pas beaucoup !
L’autre, qui nous intéresse ici, concerne des fils plus secrets, moins prestigieux, surtout tournés dans la dernière partie de sa carrière, disons à partir du "doublé" de 1969, Davey des grands chemins et Promenade avec l’amour et la mort.
On passera charitablement sur une heureusement courte période de grand n’importe quoi, avec un joli triplé Phobia (thriller approximatif avec Paul Michael "Starsky" Glaser !), le mythique A nous la victoire (honteusement inspiré du Führer en folie de Philippe Clair, sans aucun doute) et Annie (comédie musicale, genre dans lequel Huston est manifestement aussi à l’aise que Carl Dreyer dans le western…).

Le Malin (1979) se situe justement étrangement à l’intersection entre des années 70 un peu erratiques (Huston y tourne à un rythme moins soutenu que depuis ses débuts) mais assez créatives et plutôt régénératrices (le très beau Fat City ou L’Homme qui voulut être Roi), et donc ce douloureux début des années 80, qui ne laissait pas présager d’un joli sursaut à la fin de sa vie (Au-dessous du volcan, L’Honneur des Prizzi et Gens de Dublin).
Film à petit budget, sans aucune star, Le Malin est la très fidèle adaptation d’un immense roman typiquement représentatif d’un genre en soi : la littérature du Sud des Etats-Unis.
On retrouve chez Flannery O’Connor, son auteur, le même type d’obsession que chez des William Faulkner, Tennessee Williams (d’ailleurs précédemment adapté par Huston avec La Nuit de l’iguane), Carson McCullers (elle aussi adaptée, avec Reflet dans un œil d’or), Erskine Caldwell ou John Kennedy Toole. Dans Wise Blood (titre original du livre et du film, le livre ayant eu l’honneur d’une traduction française beaucoup plus juste, La Sagesse dans le sang), tout tourne autour de deux thèmes complémentaires, comme les deux faces d’une même médaille : le Péché et la Rédemption.

Brad Dourif


Il n’est pas certain que des Français comme nous puissent réellement comprendre le propos d’un film comme celui-ci tant il est représentatif d’une certaine Amérique qu’on appellerait désormais "white trash", celle de la Bible Belt. En gros l’Amérique sécessionniste, totalement obsédée par le christianisme et ses diverses incarnations (catholicisme, protestantisme, pentecôtisme, adventisme…), où l’on appelle un Noir "Nigger" (inutile de dire que les dialogues du film ne passeraient plus aujourd’hui…). Le Malin est ainsi un film incroyablement bavard, où le Verbe tient évidemment une place prépondérante puisqu’il met essentiellement en scène des prédicateurs. Le Verbe et la Foi dans celui-ci, une Foi qui n’est jamais très loin de la crédulité. Si le personnage principal, Hazel Motes (Brad Dourif), est d’une sincérité tellement absolue qu’elle en devient douloureuse, les autres prédicateurs rencontrés rivalisent de malhonnêteté (Harry Dean Stanton en faux aveugle auto-mutilé, Ned Beatty en escroc bonimenteur).
Et quand les personnages ne prêchent pas, ils parlent théologie et s’interrogent sur les grands questionnements humains dans chaque moment de leur vie. Le long travelling de l’une des premières scènes du film, lorsque Hazel découvre la Ville (lieu de toutes les tentations et donc des dépravations, qui causeront sa perte) et se fait alpaguer par le jeune Enoch (celui qui a justement cette "sagesse dans le sang"), on est à la fois pas très loin de penser aux déambulations philosophiques de Socrate et Platon, mais aussi, plus près de nous, au cinéma des Straub/Huillet !

Ned Beatty


Mus par leur rapport à Dieu, et le plus souvent à la crainte qu’il leur inspire, tant le rapport à Dieu dans le Sud des Etats-Unis s’inscrit dans un état de culpabilité quasi permanent et de la crainte du châtiment, les personnages agissent et parlent souvent d’une façon assez incompréhensible, en dehors de toute rationalité. C’est ce qui rend au fond le film aussi fascinant que déroutant, probablement potentiellement décourageant pour beaucoup.
Ce serait dommage car il y a ici une certaine radicalité assez stimulante, dont on apprécie qu’elle ne s’accompagne jamais d’un jugement de valeur assez facile sur des protagonistes un peu plus qu’à la limite du freak. On a souvent connu Huston moins conciliant avec ses personnages, mais il a ici l’intelligence de mettre son cynisme surplombant de côté, seule façon de s’attacher à son héros et même de compatir à sa douleur, par delà ses propos et actes délirants.
Il est également bien aidé par un Brad Dourif réellement flippant et totalement habité par son personnage. On ne sait plus très bien si il joue encore vraiment ou bien EST Hazel Motes ! Ce film a été à la fois la chance et le malheur de Dourif, qui s’est très vite retrouvé abonné aux rôles de cinglés plus ou moins doux, jusqu’à se trouver rejeté, par la force des choses, aux frontières de la série Z, alors que son immense talent méritait bien autre chose…


Retrouvez d'autres articles sur John Huston :

John Huston - "Promenade avec l'amour et la mort"
John Huston - "Au dessous du volcan" (DVD)
John Huston - "La nuit de l'iguane" (reprise cinéma)
"Gens de Dublin" : ressortie salles du merveilleux film de John Huston. Des places à gagner.
John Huston - "Gens de Dublin"
John Huston - "La lettre du Kremlin" ("The Kremlin Letter", 1970, DVD)
Concours Culturopoing/Opening : des DVD de "La lettre du Kremlin" à gagner


Share/Save/Bookmark 






Commentaires
De : noodles

TIENS !? un nouveau venu ...welcome mon gars, et comme on dit par ici ... "belle chronique"

et t'aurais pu parler du film de robert duvall, mais ptet que tu l'as pas vu..alors c'est pas grave... non vraiment ..chouette chronique.. tu devrais écrire plus souvent.

De : noodles

THE APOSTLE (1997)

à découvrir absolument super cinéaste le père duvall...

De : CCx

Merci noodles, on m'avait mis en garde sur certaines de tes réactions, mais en fait, t'as l'air d'un gars plutôt à la cool ;-)

Pas vu "The Apostle", sorry (Farah Fawcett, j'en suis resté à "Drôles de dames", en fait) mais ayant quand même vu son premier film, "Angelo my love", je ne peux que plussoyer s'agissant du talent de cinéaste de Duvall. Impossible, par conséquent, de dire ; c'est laid, Duvall !

De : Ishmael

Un des plus beaux Huston heureux de le voir débarquer en DVD... et trés belle chronique. Effectivement le film de Duval est également très Réussi et intéressant à mettre en perspective.

De : Cyril C., votre serviteur

Je m'en veux d'avoir oublié de mettre l'accent sur un double joli coup de génie de Huston dans ce film :-(

D'abord celui de rendre l'époque du film insituable, où l'on mélange des éléments de 1979 (les voitures, notamment) et d'autres plus anciens, évoquant davantage celle à laquelle Flannery O'Connor a écrit son roman (l'après-guerre).
Belle façon d'indiquer à quel point certaines mentalités de ce Sud (où le temps dure longtemps, comme disait l'ami Nino...) ont peu varié depuis le 19ème siècle.

L'autre riche idée est de filmer un Sud plutôt hivernal, à des années-lumière des pubs Uncle Ben's, ce qui ajoute au climat d'étrangeté de ce film, à la limite du malaise.

De : noodles

lu qqpart que le malin est en bonus sur le dvd de "Au dessous du volcan" ...!!!! MYTHE OU REALITE ????

De : mr_kenyatta

Mythe.
Les deux films sont dispos soit chacun en dvd simple, soit en dvd double.
Un peu cher dans les deux cas, il faut quand même bien le dire...

Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot il dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages





FERMER