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John Carpenter "Les Aventures de Jack Burton Dans les Griffes du Mandarin" (Blu Ray - 1986)

Sorties DVD
Posté par Alex Terror & Olivier Rossignot le 2010-06-07



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Alors que s'annonce pour la rentrée 2010 The Ward, nouveau film marquant son retour sur grand écran après 9 ans de réflexion (pas toujours profitables, on se souvient de l'ignoble remake de The Fog qu'il a autorisé, moyennant finances que l'on espère juteuses), John Carpenter voit son hommage ludique et luxuriant au cinéma de Hong-Kong réédité en blu-ray. L'occasion pour nous de revenir sur ce film mal-aimé à sa sortie, car au final trop en avance sur son temps.


Sorti en 1986, Big Trouble In Little China marque la fin d'une période dorée pour Carpenter. Car si The Thing ne réalisa pas les scores attendus au box-office, Christine et, dans une moindre mesure, Starman contribuèrent à imposer le réalisateur comme une valeur sûre d'Hollywood, après le succès d'Halloween et de New-York 1997 à la charnière de la décennie. Oeuvres relativement grand public, Christine (on le rappelle, adapté de Stephen King) et Starman ("un E.T. adulte" selon les propres termes du cinéaste) révélaient un Carpenter moins jusqu'auboutiste que ces précédents efforts ne le laissaient supposer (on se souvient évidemment de l'anarchiste New-York 1997, mais aussi du carrément nihiliste Assaut et ses enfants dessoudés en frontal). Nanti d'un budget confortable (pour l'époque) de 25M de dollars, Big Trouble devait marquer les noces populaires de Carpenter et du mainstream, comédie d'aventures trépidantes soutenue par des effets spéciaux signés ILM, la boite de George Lucas, le WETA des 80's. Seulement voilà, le public fut loin de se bousculer en masse, précipitant le retour de Carpenter aux budgets en peau de chagrin et au cinéma-guérilla (en atteste les deux opus suivants du maître, Prince Of Darkness et They Live, véritables films de crise, œuvres d'un cinéaste en colère).



Les raisons du désaveu sont faciles à comprendre, à posteriori. Peut-être pire même, ces raisons sont clairement parti prenante du plaisir que l'on prend à revoir ces aventures distanciés mais pas cyniques pour un sou. Distancié car Carpenter n'essaie jamais de faire rentrer son héros dans le cadre, Jack Burton apparaissant pendant la quasi-totalité du film comme un grand couillon hâbleur mais sympathique, toujours en retard sur l'action, voire même parfois complètement en dehors (cf. la scène de bataille finale où, alors qu'il se décide enfin à se jeter dans la bataille, Jack s'assomme lui-même). Bien sûr, c'est toutefois grâce à lui au final que le grand méchant sera anéanti et la belle délivrée, mais il le fera à la faveur d'un tour pendable, geste tenant plus du pur réflexe que de la volonté. On comprend les réticences du public venu voir un héros "bigger than life" et découvrant une figure certes sympathique, mais loin des personnages d'actionners comme on en faisait dans les 80's. Mais cela ne veut pas dire que Big Trouble est une oeuvre cynique, démontant façon postmoderne les mécaniques de l'action et jouant sur les codes avec dédain. Car Carpenter signe avec ce film une véritable déclaration d'amour au cinéma de Hong-Kong, réussissant même à retrouver la légèreté, l'humour azimuté et l'action débridée des classique made in HK. Et ce, sans jamais chercher à subvertir les codes si particuliers de ce cinéma, à les couler dans le moule hollywoodien. D'où la double incompréhension d'un public pas encore familier de l'oeuvre d'un Tsui Ark (auquel Carpenter se réfère souvent), pas encore prêt à voir non pas une oeuvre schizo, mais à deux visages.
 


Le transfert blu-ray constitue une valeur ajoutée indéniable à Big Trouble, les couleurs sont si éclatantes, les contrastes si saisissants que l'on a l'impression de redécouvrir le film. Bref le support HD paraît l'idéal autant pour les fans que les spectateurs qui ont la chance de ne pas l'avoir encore vu (comme nous envions ces yeux innocents...). En ce qui concerne les bonus, ce sont rigoureusement les mêmes que dans l'édition dvds. Outre des spots promos, des bandes annonces et le clip poilant de la chanson du générique de fin (interprété par Coupé De Ville, soit le groupe d'amis constitué de Carpenter, Nick Castle et Tommy Lee Wallace), on retrouve une foule de séquences coupées ou plutôt des versions alternatives de scènes déjà présentes (la plupart en copie de travail) surtout utiles pour se faire une idée de la gestation du film avant le montage définitif, qui reste une merveille de rythme tel qu'il est. La featurette promotionnelle ne présente comme intérêt que de revoir un big encore John jeune et alerte. Ce sont surtout les commentaires audio de Russel et Carpenter qui attirent notre attention. Instructifs, disgressifs, communicatifs, moqueurs, ils emportent à la fois notre enthousiasme et notre émotion. Entre deux éclats de rire, Rusell et Carpenter évoquent leurs souvenirs de tournage, les divergences artistiques entre le cinéaste Carpenter et les producteurs qui ne comprenaient pas l'anti-héroïsme de Burton, espérant un nouvel Indiana Jones ou un Rambo. Au delà de la franche partie de rigolade entre potes, surgit l'ironie subversive de Carpenter – et celle de son comparse - son insoumission définitive au système. Sous couvert de retrouvailles ludiques, on retrouve l'essence même du créateur libre et libertaire. La paire évoque pêle mêle la réception du film, leur collaboration passionnée, les camarades qu'ils ont perdus de vue, l'amour de Carpenter pour le cinéma de Hong-Kong. Une conversation merveilleusement spontanée et décomplexée qui permet également de mesurer le temps parcouru, un temps où le divertissement pouvait être une oeuvre d'auteur. Et l'on en vient à penser que Carpenter et son cinéma nous manque énormément.



Film d'une sincérité désarmante et d'une intelligence rare (on ne voit guère que Buckaroo Banzaï pour égaler le dispositif scénaristique, plein de respect envers le pop asiate, de Big Trouble – ça tombe bien, c'est en partie l'oeuvre des mêmes mains, celles de W.D. Richter), Big Trouble plongea certes dans les tréfonds du box-office, mais gagna avec le temps son statut de classique. Et apparaît, 25 ans après sa conception, toujours aussi frais et jubilatoire.



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Commentaires
De : robert

J'adore ce film que j'ai revu récemment à la faveur des rééditions des autres Carpenter (coffret Canal). Bien évidemment, quand je l'ai vu la première fois, je n'ai rien compris à l'humour distancié de Carpenter et à ces personnages empêtrés (j'ai été alors un minot très premier degré même si quelques lynch m'avaient déjà écornés la rétine). A première vue, c'est de la parodie-déconnade mais avec le recul, je saisis mieux ce film qui effectivement est un des sommets de sa filmo, l'un des plus riches et des plus divertissants, mené avec un train d'enfer. Margré tout, nombreux sont les carpenter-philes à lui jeter l'opprobre, sûrement en vertu de ce malentendu. C'est un peu le même problème que l'on retrouve avec toute sa production la plus "commerciale" : de Christine à Starman. La grande force de Carpenter à mon sens est d'avoir pu s'emparer un temps des structures de production sans vraiment concéder sur le terrain des idées. Certes "Starman" est un film plus consensuel, mais il fait quand même un parallèle pas très fin mais quand même très audacieux avec les wetbacks mexicains. Je trouve pour ma part que Starman est aussi un très beau film et moins niais qu'il ne paraît avec son lot de séquences très inspirées (dont la réanimation du cerf ou du daim abattu par des bûcherons en goguette). Bien évidemment, New York, The Thing, le Prince... sont bien plus radicaux et frontaux mais cette diversité permet de saisir l'ample palette du cinéaste sous ses faux airs de petit artisan. Chouette article !

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