bandeau

 





 Festival Fantasia de Montréal - part III : du 14 au 16 juillet

 Manuel Poirier – "Le Café du pont" (avant-première)

 M. Night Shyamalan - "Le dernier maître de l'Air" (avant-première)

 Nanni Moretti - "La Cosa" (DVD, 1990)

 Sergio Leone - "Il était une fois dans l'Ouest"

 Festival Fantasia de Montréal – part II : du 11 au 13 juillet

 Coffret Koji Wakamatsu vol. II

 Gilles Marchand – "L’Autre monde"

 Lee Unkrich – "Toy Story 3"

 Festival Fantasia de Montréal - part I : du 8 au 10 juillet

 Noémie Lvovsky – "Oublie-moi / La Vie ne me fait pas peur" (DVD)

 Lu Chuan - "City of Life and Death" (Avant-Première)

 Mamoru Oshii - "The Sky Crawlers" (2008)

 Mathieu Amalric – "Tournée"

 John McTiernan - Predator (Blu Ray)

 Michael & Peter Spierig - "Daybreakers" (Blu Ray)

 Olivier Assayas - "Carlos" (avant-première)

 Duncan Jones - "Moon" (Blu-Ray)

 Robert Kramer - "Doc's Kingdom - Walk the Walk" (DVD)

 Kim Chapiron - "Dog Pound"

Tous les articles Cinema

Cinema

John Boorman - Zardoz (reprise cinéma)

Sorties salles
Posté par Guillaume Bryon le 2008-12-15



Image principale
Ouvrir
 
Il y a des films qui ne prennent jamais vraiment la voie de la réévaluation : on aurait pu se dire que le Zardoz de Boorman y aurait bien eu droit quand son Excalibur est presque maintenant partout célébré. Sans doute François Forestier et ses 101 nanars ou la non réédition de l’excellent ouvrage de Michel Ciment sur le cinéaste n’aident-ils pas à y contribuer dans l’hexagone. Ou bien l’œuvre reste t’elle à ce point ouvertement à part, ne pouvant au mieux enthousiasmer qu’une petite secte bizarre?



C’est sans doute le premier projet de la démesure pour John Boorman : suivant le grand succès de son Delivrance, peut-être s’est-il senti l’audace de tenter au cinéma le genre casse-gueule de la fable allégorique avec le développement d’un univers totalement original ? Tourné en Grande-Bretagne avec un budget très serré et une star en difficulté, Zardoz ne rencontrera pas son public, le cinéaste signant avec cette œuvre et Exorcist II un diptyque allègrement vilipendé, une sorte d’errance considéré comme le versant le plus embarrassant de sa filmographie. Bien que tout aussi chargé esthétiquement, Excalibur a sans doute pour lui un environnement dont le public est plus familier. Avec Zardoz Boorman tentait de créer au contraire un monde de toute pièce, même si parfois référencé. D’emblée les moqueries sur les costumes et coiffures semblent assez dérisoires tant il est triste de ne pas voir à l’œuvre la possibilité d’être reconnue tout d’abord pour ses indéniables qualités plastiques : photographie et cinémascope y font encore des merveilles, et les effets spéciaux tous artisanaux, de première main font montre d’une habilité et d’un naturel qui reste exemplaire. Zardoz n’est jamais un film fait par-dessus la jambe et peut se voir comme un vrai précis de mise en scène et d’inventivité constante, nourri d’un plaisir de cinéma devenu rare au temps des recettes narratives et formelles de plus en plus mornes.

Comme beaucoup d’œuvres qui naviguent entre premier et second degrés l’humour de Zardoz peut désarçonner, ses allusions sexuelles en particulier, et ses grands accès de folies qui vont jusqu’à la parade. Quand un Fellini joue ouvertement sur le même registre, le cachet européen semble devoir lui faire pardonner beaucoup de choses. L’irlandais Boorman propose lui quelque chose d’iconoclaste qui s’avère vraiment original pour le cinéma anglo-saxon de l’époque, allant plus loin que le détournement de genres. Remettre en question l’héroïsme et la virilité dans l’orchestration de l’action, tout en proposant une réflexion en filigrane sur le spectacle et la rationalisation sociale, voici un auteur qui était bien en avance sur son temps. A la fois post-moderne (désolé pour le gros mot), notamment quand il réadapte la trame du Magicien d’Oz et l’utilisation des mythes, Zardoz est aussi une œuvre qui sait rester lyrique et romantique, tendant à s’inscrire dans une vraie mythologie. L’auteur coure plusieurs lièvres et tonalités à la fois, des ambitions multiples. Elles sont pourtant pleinement saines. Et qu’en est-il aujourd’hui ? Réflexion philosophique sur l’immortalité toujours bienvenue, ses références aux puppet masters en font aussi un décalque qui convient toujours bien aux sociétés contemporaines. Le film dans sa radicalité et son onirisme n’a pas pris une ride et continue à tenir d’un seul bloc, majestueux. On a comme le sentiment qu’il est parvenu à synthétiser nombre d’arcanes et de dimensions qui font la vie humaine, son absurdité autant que sa beauté. Zardoz à l’instar de Brazil de Terry Gilliam fait partie des rares très grandes réussites dans le cinéma de ce genre allégorique pure, qui a eu du mal à se confronter à une concrétisation des images autrement que par l’illustration.



Zardoz procure une vraie jubilation de créativité et de malice. Sans doute se laisse t’il parfois aller à faire durer certaines de ses séquences, à ne pas trancher dans le lard, mais ça aurait été perdre une part de son équilibre singulier. Il rivalise encore parfaitement avec le meilleur de ce que concocte par exemple un Neil Gaiman actuellement, tout en étant indéniablement plus brute de décoffrage. Ce qui n’a sans doute pas aidé non plus le film à vraiment racheter sa réputation c’est peut-être aussi Boorman lui-même, qui doute un peu de son travail ici… peut-être à force de critiques virulentes, cela se ressent dans son commentaire audio pour le film ou certaines réactions à sa vision récente. C’est dommage. Si vous pouvez profiter de la reprise en salle ou bien même d’une vision DVD, il faut quand même donnez sa chance. Avec Zardoz on fait un saut de foi qui peut virer facilement au culte.

RETOUR EN SALLE DEPUIS LE 3 DÉCEMBRE


Retrouvez d'autres articles sur John Boorman :

John Boorman - "L'Exorciste II: l'Hérétique"


Share/Save/Bookmark 






Commentaires
De : Madeux Moviezzz

C'est un peu le "Mother of Tears" de Boorman ce film,une majorité de vils détracteurs,une poignée de fervents défenseurs hi hi!

De : Infernalia

Merci pour cet article, je fais pour ma part partie des fervents défenseurs de cet Ovni et je trouve que c'est une oeuvre qui reste culottée (et pas seulement à cause du fameux slip rouge de Zed) avec une vraie puissance métaphysique et c'est justement cette fusion de la philosophie et de plusieurs esthétiques (du surréalisme au kitsch) qui en fait toute la valeur. Bref, j'adore et il m'envoûte à chaque vision

Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot réévaluation dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages



FERMER