bandeau

 





 Bob Rafelson - "Five Easy Pieces"

 Vintage Classics, première salve 2012 : du mystère, de la passion, de l'aventure !

 Tony Kaye - "Detachment"

 Naomi Kawase - "Hanezu"

 Sherlock Holmes, Jeu d'ombres - Guy Ritchie

 Pour une poignée de nanars avec Bach films : science-Fiction des années 50

 Entretien avec Mathieu Demy autour de la sortie d'Americano

 « Est-ce ainsi… Révolutions » pour les 12èmes journées cinématographiques dionysiennes

 Video kills the radio star: "Talk Radio" d'Oliver Stone.

 Leïla Kilani - "Sur la planche"

 Jean-Pierre Denis - "Ici-Bas"

 Millenium - David Fincher

 David Cronenberg - "Faux-semblants" (Blu-Ray)

 "Les Inédits fantastiques" (Tout spliques étaient les borogoves, La poupée sanglante, Coff.J.Verne)

 Clint Eastwood - "J.Edgar"

 Raphaël Siboni – "Il n’y a pas de rapport sexuel"

 Butcher Brothers - "The Violent Kind"

 Goro Miyazaki - "La colline aux coquelicots"

 Noboru Iguchi - "Tomie : Unlimited"

 Philippe Lefebvre - "Une nuit"

Tous les articles Cinema

Cinema

John B. Root - "Ally" (2002)

Hors Actu
Posté par Cyril Cossardeaux le 2008-07-10



Image principale
Ouvrir
 
Nos amis Marion et Singet nous entretenaient récemment des vidéos de Richard Kern. Allons un peu plus loin dans l’explicite avec un vrai de vrai X mais d’un genre très particulier, probablement même assez unique.
Lorsque John B. Root décide de faire ce film, constitué de fragments épars, pas destinés à être un jour assemblés, et consacrés à l’une de ses actrices vedettes "exclusives" (l’industrie du X fonctionne étonnamment souvent comme les studios hollywoodiens à l’ancienne, avec des comédiens sous contrat d’exclusivité… surtout des comédiennes, d’ailleurs, qui sont les vrais "produits d’appel" du X) il le fait probablement pour différentes raisons. Certaines assez mercantiles : Ally Mac Tyana, après seulement 15 mois de "métier" décide d’arrêter le X, il s’agit donc de rentabiliser au maximum les scènes déjà tournées avec une actrice au charisme rarissime. Mais d’autres probablement plus nobles, et John B. Root n’a pas pour rien la réputation d’être un "gentil" dans un milieu qui n’a pas pour habitude de faire beaucoup de sentiment : on peut voir le film comme un vrai chant d’amour non seulement à une actrice mais tout simplement à une jeune femme à la personnalité extrêmement attachante, mélange particulièrement détonnant de détermination, d’ambition et de manque de confiance en soi ; aussi comme un tremplin à la réussite d’une carrière artistique en dehors du X (gageure très rarement couronnée de succès…).

De ce dernier point de vue, le film est une réussite totale. Ally y est totalement craquante, "accessible", à des années-lumière de la séduction presque "mécanique" et le plus souvent terriblement artificielle des "hardeuses". Il est surtout la révélation d’un talent brut assez inouï, à la photogénie affolante. Ally Mac Tyana aime la caméra, qui le lui rend au centuple !
Sortir de telles références cinématographiques à propos d’un "vulgaire porno" va probablement en faire s’esclaffer plus d’un(e), mais cette naissance cinématographique n’est pas sans évoquer quelques précédents glorieux, dans des genres souvent radicalement différents : Jean-Pierre Léaud dans Les 400 coups (et plus encore les essais tournés pour le film mais aussi la scène chez la psychiatre), Sandrine Bonnaire dans A nos amours ou Béatrice Dalle dans 37°2 le matin. Oui, oui, rien que ça !
Et Ally Mac Tyana ne doit pas ces flatteuses comparaisons qu’à son "cul" (et quelques autres atours), au demeurant splendide, mais bien à un tempérament d’actrice que John B. Root a lui-même suffisamment senti pour l’employer dans quelques scènes de comédie où elle se montre très à l’aise. Il est d'ailleurs probablement l’un des producteurs/réalisateurs de X qui accorde le plus de soin aux scènes jouées, avec un vrai talent de directions d’acteurs/trices qui n’en sont pas, la plupart du temps. Ici, il bénéficie d’un diamant brut et ne se prive pas de l’exploiter.



Mais ce qui fait surtout la singularité de son film, ce qui le rend profondément émouvant (eh oui !), c’est qu’il est d’abord un portrait de jeune femme que l’on suit sur toute la longueur de son expérience (formatrice) chez JBR Média. A cet égard, les scènes les plus étonnantes sont celles de sa première venue dans les locaux de la société. Comme probablement la quasi-totalité des filles venant chez un producteur de X, on la sent beaucoup plus intimidée, presque tétanisée de trac ("qu’est-ce qui va se passer ? est-ce que j’aurais le courage de franchir le pas ?..."), que follement excitée. Et pourtant, on sait déjà qu’elle a ce "quelque chose" qui ne se rencontre pas tous les jours et John B. Root et ses collaborateurs le découvrent sous les yeux mêmes de la caméra, dans une optique très "cinéma-vérité" qui fait tout le prix de ce film. Ils surent d’ailleurs suffisamment la mettre en confiance pour qu’elle fasse sa première séance photo dans l’heure qui suivit !
Pour autant, tout n’est pas toujours rose dans ce métier (mais connaissez-vous un métier où ça ne soit pas le cas ?) et même si ça n’est clairement pas le sujet du film, il ne cache pas non plus ses moments de doute, de peur des conséquences sur "l’autre vie", la "vraie", celle que l’on mène hors des plateaux, en tentant de dresser une frontière inviolable entre les deux, évidemment sans succès…

Personnellement, je découvris ce film un peu OVNI au moment de son passage sur Canal +, fin 2002. Ally Mac Tyana m’était parfaitement inconnue (même si elle avait déjà tournée deux films pour JBR, dont un assez fameux French beauty, "remake" à la sauce B. Root du American beauty de Sam Mendes) mais m’avait réellement magnétisé ! J’étais sincèrement convaincu qu’on reparlerait de cette jeune femme, je l’espérais en tout cas vivement.



Aujourd’hui, Ally Mac Tyana est morte et a laissé à nouveau toute la place à Dany Verissimo (son véritable patronyme), jeune actrice à la filmographie encore modeste (essentiellement Banlieue 13, une production Besson, et C’est Gradiva qui vous appelle, qui restera comme le dernier film de ce sacré érotomane d’Alain Robbe-Grillet, qui avait l’œil pour repérer les jolies femmes…) mais considérée comme un réel espoir pour les années à venir par la profession.
C’est vraiment tout le mal qu’on lui souhaite et on aimerait au passage que la confirmation de sa réussite contribue à ébranler un peu le mur entre cinéma X et cinéma "normal", surtout pour montrer que le premier n’est pas un ghetto, marquant ses acteurs au fer rouge de l’infamie pour toujours…


Dans l'interview qu'il nous a récemment accordée, John B. Root revient sur quelques secrets de fabrication d'Ally... qui rehausse d'autant les qualités de comédienne de Dany Verissimo !


Retrouvez d'autres articles sur John B. Root :

Avant-première du nouveau John B. Root, "Montre-moi du rose"
Entretien avec John B. Root à propos de "Montre-moi du rose"


Share/Save/Bookmark 


Commentaires
De : mr_kenyatta

Des nouvelles de notre chère Dany...
A défaut d'avoir encore trouvé LE rôle "mainstream" qui en fera la star qu'elle mérite d'être, Dany agrémente joliment les paysages italiens (ici, à Syracuse, nom mythique s'il en est !)...



... ou hong-kongais en égérie worldwide de la marque Piero Guidi.



C'te claaaasse !



Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot un dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages





FERMER