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Jean-Paul Lilienfeld - "La journée de la jupe"

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Posté par Isabelle Mayault le 2009-03-22



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L'intention est louable, l'idée de départ vendeuse : une prof de collège incapable d'assurer un zeste d'autorité au sein de sa classe de quatrièmes tombe par hasard sur une arme, craque et prend en otage ses élèves. La promesse d'un thriller en huis clos pour traiter du malaise social français : pourquoi pas. Adieu Bégaudeau, bonjour jupe mi-longue, bottes à talons plats et grands yeux bleus.

Sauf que ça fait hic, couac, crac.

D'abord, l'arme à feu. Celle d'un caid pas malin venu avec en cours de français. Ca commence donc avec un cliché. Mais les amateurs d'émissions d'actu de TF1 vous diront que les armes pullulent dans les banlieues ; qu'on y vend des kalashnikov entre deux rails de coke ; que tous les trafics underground de l'hexagone se font dans des caves de HLM. Le caid en question étant sensé incarner tous les maux de la Banlieue, rien d'extraordinaire à ce qu'il ait en sa possession un outil de ce genre.

C'est après que ça se gâte. Adjani (oh, ah, oh, le grand retour de l'icône) en fait des tonnes et déclame en hurlant comme au théâtre. Se cumule à cette hystérie crispante (qui dépasse de beaucoup la légitimité de jeu qu'implique le pétage de plombs du personnage) une série de questions/réponses de prof à élèves qui confine à la farce : l'une posant les bonnes questions de la fille qui a tout compris et pour qui tout est blanc et noir, les autres répondant variablement selon que leurs personnages sont classés dans le camp des méchants ou dans le camp des gentils. Les gentils étant tous des victimes des méchants, bien sûr.

Puis, ça devient franchement insoutenable. Après avoir demandé aux filles vierges de bien vouloir s'asseoir (toutes vont s'asseoir), puis aux garçons vierges de faire de même (un seul s'assied), Sonia Bergerac parvient au constat révolutionnaire que chez les jeunes de 17 ans qui prônent la virginité avant le mariage, les filles disent qu'elles sont vierges, et les garçons, non. Par la suite, la prof s'improvise assistante sociale quand elle trouve, complètement par hasard, dans le portable d'un élève (je vous laisse deviner lequel – gagné ! Le Méchant) une scène de viol d'une élève (je vous laisse deviner laquelle – gagné ! Une de celles qui se disait vierge) et là s'ensuit une tirade plus longue que les autres, et larmoyante en sus.

On croit avoir touché le fond quand une des gentilles victimes (pas celle qui s'est faite violer, une autre), se retrouve armée du revolver et que face au reste de la classe, elle affirme, en larmes, qu'elle n'oubliera jamais la descente d'islamistes survenue dans les années 90 dans son village algérien d'origine. Au cas où le coup de la victimisation n'avait pas pris chez le spectateur pendant la première heure de film, le réalisateur remet une couche d'Histoire – hors sujet dans le scénario- pour insister sur le drame que vivent ces jeunes.

Le dénouement est encore pire. Je vous l'épargne.

Restent Podalydès amusant en superflic au bord du divorce et Berroyer convaincant en principal démissionnaire. C'est bien tout !

Non content d'avoir concocté un film cousu de fil blanc qui ne dépasse jamais le niveau du cliché ou du commentaire moralisateur, Lilienfeld croit « savoir ce que c'est, et voir ce que c'est devenu » , sous-entendu : la banlieue (il a passé les 18 premières années de sa vie à Créteil).



Pour ma part, je connais peu, ou mal, ou pas la banlieue. Tout ce que grandir dans une cité implique, je ne peux qu'avec difficulté le conceptualiser, sans vraiment le comprendre. C'est pourquoi j'étais à la base intriguée par un film traitant de ce sujet épineux en France, d'autant plus intriguée que le film se revendique comme novateur, osé et féministe. A la fin de la séance, j'étais en colère, en colère comme rarement, que sous couvert de « je vous ai compris », on vende à tous ces gens qui, comme moi, connaissent le problème de loin ou de très loin, une vision caricaturale, manichéenne et grotesque d'une classe de quatrième d'une banlieue quelconque. Je suis d'autant plus en colère que je trouve nécessaire qu'une réflexion soit menée de façon approfondie et intelligente sur la dégradation des rapports garçons-filles, sur le désintérêt profond pour les études, sur le désespoir qui semble habiter les professeurs comme les élèves, problèmes présents, c'est indéniable, dans le quotidien d'un certain nombre de jeunes, et de gens.

Seulement, je crois que pour faire de bons films sur le sujet et précisément pour amorcer cette réflexion, il faudrait montrer des personnages à la lumière de leurs contradictions, par exemple tantôt victimes du déterminisme social, tantôt maîtres de leur destin. Pas une mascarade où non seulement on ne peut être que l'un ou l'autre, mais où en plus les maîtres de leur destin sont des petites brutes pratiquant indifféremment le viol, le racket et le deal de substances x ou y, et où ceux qui se font avoir par le système sont nécessairement de pauvres âmes innocentes.

Je crois que le pire cinéma est celui qui se pare de bons sentiments, celui qui croit que susciter la pitié du spectateur est la recette d'un film qui se vend et en même temps, celui qui fait culpabiliser le spectateur qui n'a pas aimé, ou pas compris, en le taxant de fermeture d'esprit, ou pire. Alors voilà, je n'ai pas aimé, et pas compris, et je suis consternée de voir que je suis minoritaire. Qu'on glorifie Isabelle Adjani pour sa performance et qu'on crie au génie de Lilienfeld en soulignant son courage et son féminisme me désole. Je n'ai vu qu'une farce, doublée d'une arnaque, un faux mode d'emploi de ce qu'est sensée être la jungle banlieusarde, que tous les gens qui ne mettront jamais les pieds au delà du périph' s'empresseront de défendre pour dire « je suis ouvert d'esprit, j'ai aimé le film, donc j'aime la banlieue ».




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Commentaires
De : ex prof

On voit effectivement que vous ne connaissez pas la banlieue, madame la critique je sais tout... j'ai été prof dans un collège ZEP, et la violence des garçons envers les filles, elle existe réellement, et de cette façon; je ne suis pas d'accord, le film n'est pas manichéen; il fait état d'une situation réelle et insoutenable. Rendre visible cette réalité, cette violence des jeunes des cités, c'est important. Il faut arrêter de leur trouver des excuses sans arrêt.

De : Le banlieusard

Je ne suis pas d'accord. La critique ne veut pas prouver qu'elle sait tout mais juste montrer à quel point le film est lourdingue et pour le coup, je suis intégralement d'accord avec elle. Alors moi pour avoir vécu toute ma scolarité en banlieue, pour y vivre encore, et pour connaître encore pas mal de profs qui expérimentent chaque jour, je peux dire que pour évoque un tel sujet, il faut savoir y mettre des formes et, là on est quand même dans la grosse métaphore un peu provo par ci, un peu bien pensante par là et toujours à vouloir coller une étiquette emblématique à chacun. Si l'on revient sur la métaphore je trouve que "De bruit et de fureur", c'était quand même autre chose. Il faut savoir y mettre les formes quand même et là j'estime qu'il n'y a aucune réflexion, juste un jeu un peu puéril avec la réalité. En tout, ce que je trouve intéressant dans l'article d'Isabelle c'est qu'elle ne donne pas de leçon, elle donne juste son avis en faisant savoir sous forme de coup de gueule l'impact que le film a eu sur elle.

De : rage against the bornu

Enfin Jean Paul Lilenfeld quoi !!! Le voir filmer Adjani ça fait penser à ces licenciés de la fédération francaise de pétanque qui gagnent au loto et qui se mettent ensuite au golf à st nom la breteche

De : Fanny

Plus ou moins d'accord avec le 1er avis, je croyais être sur un site culturel mais j'ai vraiment l'impression d'être chez fanchon la campagnarde et ses oies : quand on ne connait pas un sujet, on le conceptualise soit, mais on ne donne pas des leçons de cinéma...surtout avec un style aussi médiocre...Enfin effetivement vous devriez faire un petit tour en banlieu avant de prendre la plume

De : François

Mon dieu, qu’est ce qui ne faut pas lire tout de même ! En face d’un film qui n’est qu’un ramassis de clichés digne des meilleurs moments de David Pujadas et qui continue justement à véhiculer toujours la même image - « ne mettez pas les pieds en banlieue » - on accuse la chronique (que je trouve fort bien écrite pour ma part ) de ne pas connaître son sujet. Non, on est pas obligé de connaître la banlieue pour juger de la qualité d’un film, ni d’avoir vécu avec le Che pour juger du Soderbergh. On peut juger de la forme, de la méthode… On juge de la qualité d’un film au delà de la réalité qu’il exprime. Plus encore, je trouve au contraire que la chroniqueuse en exprimant très honnêtement qu’elle n’est pas particulièrement calée sur le sujet est encore plus légitime à parler du film, puisqu’elle expose les risques de manipulation des gens qui y vont totalement vierges, espérant apprendre des choses et se retrouve face à une grosse farce.

Avant on critiquait la caricature des médias qui ne montrent les banlieues que comme un truc qui pète de tous les côtés avec de la racaille qui casse des bagnoles. Et quand précisément une critique pointe du doigt que le cinéma est en train de suivre le même chemin, on lui saute dessus… curieux.


De : Dirty Tommy

Avant les profs, ils avaient le monopole de l'autorité et en usaient sans modération... Maintenant, c'est le contraire, juste retour de bâton... Dommage que ce soit des personnes ignardes, bêtes et méchantes qui le font, qui ne font que suivre bêtement un système où il faut plus paraitre qu'être... Mais heureusement que Jean-Paul Lilienfield est là pour donner une belle leçon aux spectateurs... Oui, son film est rempli de clichés, même s'il dit des choses vrais... Seulement, il veut toucher à tout, parler de tous les sujets à la fois... La journée de la jupe sonne un tract (LCR ou UMP, on ne sait pas trop, à force) et non comme un film de cinéma. La journée de la jupe ne fait pas réfléchir, donne aucune lattitude au spectateur pour se faire sa propre opinion... En plus, c'est prétentieux (ha, cette musique trip hop à la fin), veut se donner des airs de Chute libre sans jamais aller au bout de son idée... Et surtout, c'est du théâtre filmé... Entre les murs, qui n'est pas non plus le grand film annoncé, c'est du cinéma et est moins manichéen dans sa description de la violence de ces jeunes qui se complaisent dans une vision égocentrique d'eux-mêmes...

De : Fanny

"Seulement, je crois que pour faire de bons films sur le sujet et précisément pour amorcer cette réflexion, il faudrait montrer des personnages à la lumière de leurs contradictions, par exemple tantôt victimes du déterminisme social, tantôt maîtres de leur destin. Pas une mascarade où non seulement on ne peut être que l'un ou l'autre, mais où en plus les maîtres de leur destin sont des petites brutes pratiquant indifféremment le viol, le racket et le deal de substances x ou y, et où ceux qui se font avoir par le système sont nécessairement de pauvres âmes innocentes. "


Je n'ai vraiment pas l'impression que cette jeune fille juge la technique du film mais son propos...propos sur lequel elle n'a aucune connaissance mais sur lequel elle nous assène quand même ce qui "devrait être"...affligeant ! Surtout pour une ancienne prof de banlieue !

De :

L'auteure de l'article parle pourtant bien d'un point de vue adopté par le réalisateur, point de vue tout à fait partisan qui enferme les jeunes de banlieues dans des rôles préécrit par les médias, les femmes sont victimes des méchants hommes... Outre le fait que cela n'est visible que dans les banlieues car aucun film ne montre des femmes battues ou victimes de viols dans des quartiers riches, donc ça n'existe pas, JPL semble oublier qu'il parle d'êtres humains, que la vie n'est pas où toute blanche ou toute noire... N'y a-t-il donc pas de jeunes qui veulent s'en sortir en banlieue ? Il est vrai que JPL se dépêche de se débarrasser de cette frange de la population qui semble l'embarrasser dans son entreprise propagandiste... Et surtout, il ne montre que des profs bien soucieux de l'avenir de leur jeunes soit en faisant preuve de complaisance, soit en faisant preuve d'une autorité qui se veut ici ironique et cathartique, mais n'est que pathétique... Mais tout le monde sait que les profs qui se soucient de leurs élèves se comptent sur les doigts d'une main... Ce que montre très bien Laurent Cantet... Laurent Cantet qui ne passe pas non plus sur les rapports de force, le racisme, le sexisme... Ha oui, il n'y a pas ce passage sur les viols, mise en scène de façon bien putassière par JPL, mais faut-il toujours faire dans le misérabilisme ? Avec JPl, le spectateur assiste à une leçon de choses, de morale qui, à force d'asséner des vérités à coups de marteaux, les font entrer dans le cap de l'idéologie... Et l'idéologie qui se réduit à de simples représentations simplistes et donc évacue toute forme de pensée n'est pas sans rappeler les pires films de propagande que l'Histoire a vu naître... L'image des banlieues que renvoit La journée de la jupe n'a rien a envier à l'image de la France qu'ont donné les médias lors des présidentielles de 2002 : des zones habitées par des êtres sans foi ni loi qui attendent, le couteau entre les dents et la bite à la main d'agresser le premier quidam qui y met les pieds... Bravo Jean-Paul Lilienfield, vous avez eu le courage d'aller du côté de la bonne morale actuellement au pouvoir.

De : billy

Beaucoup trop d'idées reçues dans cette critique. Ne semblant pas du tout maîtriser le sujet, il n'est pas très habile de lancer tant de certitudes...
Ce refus manifeste de voir la réalité ne fait que confirmer l'opinion de nombreux amateurs qui ne connaissent pas le quotidien sur le terrain.



De : François

Je ne comprends pas… alors finalement seul un prof ou quelqu’un qui a vécu sur le terrain peut juger un film sur les lycées, et il n’est donc pas permis de juger les.méthodes utilisées. Gros traits. Ralentis. Moralisme vaseux.
Je ne suis pas vétéran du Vietnam, je ne peux pas juger d’un film sur le Vietnam…
Alors un film c’est comme un cours finalement ? Mais il existe aussi de mauvais cours…mal préparés, et mal construit.

Bref, ça me laisse dubitatif cet argument.


De : Mon bornu va craquer

Je n'ai pas vu le film sinon 10 minutes ce vendredi, sans en être bouleversé il est vrai.




Mais c'est vrai qu'il est difficile d'opiner quand il n'est question que de "la rédactrice ne maitrise pas son sujet", sous entendant qu'elle n'est pas prof ou qu'elle ne vit pas en banlieue. Sous entendant également que l'auteur du commentaire connait tout ça elle et qu'elle est donc habilitée (un peu comme les ch'ti avec le film de daniel boon?) à parler (en bien) de ce sujet.




j'ai envie de citer à cet égard mon camarade cyril cossardeaux à savoir que, partant de ce constat :



"On peut pas critiquer Benjamin Buton si on est bêtement né bébé et qu'on mourra vieillard "




non ?



LA banlieue déjà ca existe vous croyez ? De ce que j'en connais il y a déjà pas mal de différence par exemple entre deux quartiers séparés par une simple voie routière, un pont ou que sais je encore (une rivière) etc. LA banlieue et ses images d'Epinal (ces images d'Opinel?) en guise de "réalité" c'est à mon avis bien plus détestable que tout.

De : Billy

Le problème c'est qu'Isabelle a pris une tonalité telle qu'elle semble mettre en accusation la démarche du réalisateur qui ne fait que relater des faits réels. Et comme elle avoue n'y connaître rien à ce sujet, elle estime que le trait est grossi...
"j'étais en colère, en colère comme rarement, que sous couvert de « je vous ai compris », on vende à tous ces gens qui, comme moi, connaissent le problème de loin ou de très loin, une vision caricaturale, manichéenne et grotesque d'une classe de quatrième d'une banlieue quelconque. "
Et moi je suis en colère qu'on puisse réagir de la sorte sans connaître la réalité des faits. Il reste encore du chemin à faire pour que certains "parisiens" passent enfin de l'autre côté du périph' comme l'a remarquablement fait Brisseau par exemple dans De Bruit et de fureur

De : agree with billy

bien dit billy, .il n'est pas question du film ou de la critique d'un film mais de comment on en parle, visiblement ici c'est l'auteur qui agace par sa prise de position tranchante sans ni rien connaître...en tout cas le concept de banlieue est-peut-être à redéfinir, mais il pointe des sujets tels que la violence entre autre que cette personne ne semble pas connaître non plus...ça fait beaucoup pour qu'on ne réagisse pas...

De : François

Pour avoir vécu la majorité de ma vie en banlieue dans des zones défavorisées, et pour continuer à y vivre, avoir cotoyé ça de près, avec des parents instits dans une école des cités , j'avoue que je n'ai pas été frappé par cela dans l'article d'Isabelle qui pointe au contraire du doigt à quel point la banlieue est devenue un sujet à la mode pour le moindre réalisateur médiocre. Ok, fait réel. Mais travestissement de la réalité dans un scénario ultra balisé avec des symboles surlignés au marqueur. Elle a juste l'honnêteté de dire qu'elle n'y a pas vécu, mais dénonce un scénario hyperbalisé, hyperlourdingue avec des ficelles, des jeux de hasard ... Elle aurait peut-être juste du éviter de dire qu'elle ne connaissait pas bien la banlieue parce que je crois que c'est surtout ça qui lui retombe sur la gueule. Je crois qu'elle voulait dire qu'elle aurait aimer en apprendre un peu plus qu'aux infos, qu'on l'instruise autrement qu'avec des clichés... Et on lui répond avec un côté militaire, "j'ai fait la guerre moi, m'sieur, je sais de quoi je parle" ...

Et sinon, d'accord pour Brisseau, mais lui c'est en grand cinéaste.. En tout cas merci à Isabelle et à L'année de la jupe pour lancer un beau débat sur ce que peut-être la perception de la réalité et la manière de la remanier, bien ou mal ! beau débat.

De : Scarlett Lapin

Ceux qui s'enflamment devraient relire ce fabuleux article ! Ou plutôt le lire, et pas en diagonale. Hop j'ai vu le mot banlieue, ZEP, hop voilà que je vous sers mon discours indigeste de révolte en faveur des défavorisés.

Mais votre révolte est totalement hors sujet ! Vous vous attaquez à quelqu'un qui vous défend.

Cet article n'est pas une critique de la banlieue. Il ne vise pas à la minimisation des difficultés rencontrées par ceux qui y travaillent ou vivent.
Au contraire, notre journaliste en herbe déplore que le film ne mette pas en lumière la complexité des situations rencontrées en banlieue. Elle refuse d'adhérer au cliché simple, facile et réducteur que le film propose.

Alors, svp, ceux qui s'enflamment contre Mlle Mayault, qui, notons le, a le courage de signer de son nom ses articles, relisez tranquillement les propos de cette jeune fille pleine de talent. Ne sautez pas les yeux fermés dans le discours moralisateur et revendicateur primaire.
Les bons sentiments laissez au film, merci !

Isabelle, merci pour cette critique honnête et témeraire. Heureusement que certaines plumes restent libres et légères..




De : Scarlett Lapin

http://www.education.gouv.fr/

> adresse utile pour les doléances, et bien plus à propos..


De : Michel

Adjani est finie. Ce film ont l'aura oublié dans 10 jours. Et encore. Le plus tôt sera le mieux, c'est sûr. Maintenant qu'il a passé la pommade à quelques profs qui n'en demandaient pas tant, maintenant que Lilienfeld a montré que mêmes des profs pouvaient se laisser avoir par un cinéma façon propagande à la hache, on est hyper rassuré sur l'avenir des banlieues. Arte a visé juste. Tapé dans son coeur de cible, réalisé une belle audience pour film honteux. Dans 'La Journée de la jupe II' qui sera co-produit par Luc Besson et TF1 prochainement, Adjani se fera violer parce qu'elle porte des jupes, mais dans la poche d'un élève grossier, elle trouvera une kalashnikov et, appuyée par quelques élèves sensibles à la Raison, elle ira s'en prendre au ministère, ou à l'Elysée, selon disponibilités. On a hâte. Je dis vive le web et la place qu'il laisse à la dissonance et à l'anti consensus. Télérama et Arte qui doivent faire 40% de leurs ventes chez les professeurs ne pouvaient pas ne pas. Un lobby ? La crise en fait, on garde le troupeau resserré.

De : Agora..Fobe

je ne supporte plus ces gens "de gauche"(et qu'on ne vienne pas me dire que je suis de droite) enfermés dans leur idéologie humaniste(donc infaillible!) et leur mauvaise foi dés que l'on parle d'autorité.Ces problèmes existent depuis25 ans et je n'ai pu constater la lente dégradation.Ce film,avec ses defauts,dit des verités et se situe entre, d'un coté les tout-répressif,les liberaux à l'américaine,les "nationnaux et de l'autre,un certain islamofasciste et un alter mondialisme fourre tout..ceux qui rejettent et ne veulent pas comprendre et ceux qui s'aveuglent,victimisent et pousse à la révolte.

De : Alain Jérôme

En tout cas, là on ne parle plus de cinéma, mais on entre dans un pur débat de société sur le mode du vrai ou faux, qui exclut toute notion de qualité artistique. Ce qui donne un peu une idée sur le niveau du film... Bref c'est le retour des "dossiers de l'écran".... Attendez, je crois que nous avons quelqu'un qui veut intervenir au standard ...

De : a..f

oui,bien sur..

De : Billy the Kid

Cher Scarlett Lapin, il ne s'agit pas d'un mécontentement vis à vis d'une personne, mais vis à vis d'une critique, ne mélangeons pas tout, svp.
Le problème est qu'avant de s'avancer dans ce genre d'exercice, il faut un minimum de recul. Ou alors garder un peu de retenue. Et éviter d'avoir trop d'idées reçues.
On pardonnera à notre journaliste en herbe...

De : mr_kenyatta

"Islamofasciste"... tiens, y'avait longtemps... Culturopoing, le site rouge-brun : ça rime, en même temps !

De : Scarlett Lapin to Billy et autres énervés

" on pardonnera " quelle arrogance !

" il faut garder un peu de retenue " ah oui ? on n'est pas sur allociné, non ? au contraire, je respire à la lecture de cet article honnête et entier !

" le problème.. il faut un minimum de ridicul " ce n'est pas un problème, mais plutôt un défi qu'Isabelle a su relever, justement !

" pas d'un mécontentement vis à vis d'une personne mais vis à vis d'une critique " ah oui, ok, je comprends mieux, la critique et son auteur ce n'est pas la même chose.. mais quelle mauvaise foi ! J'ajouterais (voire je rajouterais une couche) que votre mécontentement n'a pas lieu d'être car il ne porte pas sur la critique du film mais sur celui d'un système.

Or, cette critique est totalement absente de cet article.. Il semblerait que certains d'entre vous la fantasment, dès que des mots clefs apparaissent: ZEP, banlieue, défavorisé.. Billy et les autres révoltés, gardez le mode T9 / écriture intuitive pour vos textos ! merci

Et pour ma part Billy (oui,je trouve le ON un peu limite) je ne vous pardonne pas votre manque de rigueur intellectuelle couronné d'une arrogance par conséquence injustifiée.

De : isabelle

le pblm de la forme (billet d'humeur plutôt que critique en bonne et due forme), je suis bien d'accord, et j'ai d'ailleurs pas mal hésité avt d'écrire un truc dessus. je me suis lancée quand g vu que le film était encensé par télérama, le monde & co ! effectivement j'aurais mieux fait de ne rien dire sur mon absence de connaissance de la banlieue ; je l'ai précisé, non pas pour raconter ma vie, ou par modestie, mais justement pq je pense que la cible type de ce film sont des gens qui (exceptée la tranche enseignante) n'y mettront jamais les pieds et seront contents de voir dans un film sensé être intello (parce que Arte) les pires heures du JT de TF1 pour cautionner une vision apocalyptique et démago.
la meilleure preuve étant que personne de la classe politique dirigeante ne s'est insurgé, ce qui n'est pas le cas pour welcome, ou la maire UMP de calais et besson sont intervenus tt de suite pour crier au scandale. si ce film montrait vmt ce qu'il dit montrer de la banlieue, je pense qu'il y aurait eu des réactions similaires.

De : Paulinette

ISA tu ROCK !

De : La belle au bois bornu

Un peu de silence dans le public merci !!




Tout de suite une question que j'aimerais poser pour faire rebondir le débat jusque des hauteurs vertigineuses, faisant ainsi de ce Jean-Pau Lilenfeld l'illustre et indéniable métaphore voulant qu'on fisse bien des grands feux en frotant des cailloux ( et dans le genre caillasse la filmographie de Lilenfeld c'est justement du genre "carrière") :




Quels sont , à rebours ou alors dans la lignée de cette "Journée de la jupe" selon les avis des uns et des autres (des unes aussi, je voudrais pas me faire braquer par Adjani) les fims qui portent haut la réalité de "LA banlieue" et ceux qui au contraire la singe ou la caricature jusque plus soif ?

De : clodo alien

considérez-vous que st-cloud fait partie de la banlieue ?...

De : Smells like teen bornu

Saint Cloud c'est la grande couronne, la Seine ST Denis c'est plutot les Carries :(

De : Cher Lapin

Cher Lapin Scarlett, vous ne m'énervez pas ! Je crois que c'est vous le plus énervé d'entre nous, finalement.
Entre le T9, la ZEP, ok, svp, textos et autres mots-clés, vous devez avoir un auditoire conquis ! Désolé pour vous, cher Lapin, si je n'ai pas votre rigueur intellectuelle. Mais avant de vous offenser, ayez l'obligeance de respecter le lecteur qui ne sait que "lire en diagonale", qui "fantasme", qui envoie des "textos" (en mode "T9" s'il vous plaît), qui manque de "rigueur intellectuelle"... Il y va fort le Lapin :):)
Laissez donc tranquille Billy au lieu de porter des jugements de valeur, mal venus sur ce genre de sites. Facile lorsque l'on cache son identité, non ?

Un conseil : relisez encore l'article et respirez encore un bon coup, et fantasmez bien sur les ZEP, vous qui semblez bien au courant de l'existence de sites de l'éducation nationale que je ne manquerai pas d'aller découvir !


De : Rédacopoing

On va s’arrêter là.
Recadrons le sujet
Nous sommes là pour parler du film. Nous ne sommes pas des élèves. Une chronique n’est pas une copie avec ses fautes et ses hors-sujets, donc nous vous rappelons que nous ne sommes pas en cours, mais sur un site culturel. Chacun a par conséquent son point de vue, et le droit de l’exprimer, et le minimum serait tout de même de le respecter, y compris quand on ne le partage pas et de ne pas passer son temps à employer des arguments un peu péremptoires et archaïques du type « moi je sais de quoi je parle » impliquant qu’obligatoirement le point de vue de ce celui qui a vécu vaut mieux que celui de l’observateur. La prise de distance peut-être utile à la perception.
Le cinéma n’est que le reflet de la réalité, et si ce reflet paraît particulièrement mal défini, exprimé lourdement, chacun a son mot à dire. Donc cessons ici la critique de la critique pour s’attacher au film lui même et exprimer nos divergences sur celui-ci avec tolérance. Sinon, les commentaires vont finir par ressembler à une salle de classe. Merci par avance.

De : philou

bon
elle a bien senti le probleme notre redactrice,.face a la betise concensuelle ,quoi produire d'autre qu'un billet d'humeur.

Cet objet dérivé, pur produit de marketing
la comedienne mityque instrumentalisée . un debat de societe faussé .
du chantage à la citoyenneté. Bref la confusion totale. Arte est bien au coeur de la confusion : du faux telefilm, du faux cinema au rabais.
rapport forme fond...evident
nous sommes perdus car manipulés par les auteurs et "producteurs" de non pensée (clichetons), cyniques.

De : A..fo

il me semble que c'est votre idéologie bien-pensante qui vous empeche de voir tout le contraire de ce que vous dénoncez.

De : Karl M.

J'ai quand même l'impression qu'il y a une grosse confusion dans les attaques entre la notion d'"idéologie" et la notion de "cinéma". Encore une fois on peut juger de la qualité d'un film en mettant de côté la notion idéologie. ("vous n'aimez pas le film donc vous avez une idéologie bien pensante", raccourci assez facile) . La notion de traitement caricatural est formelle et peut être visible quelle qu'en soit le fond. Qu'on arrête de parler d'idéologie dès que l'on attaque une oeuvre au sujet socio-politique un peu épineux, c'est franchement agaçant. Et respectons un peu les avis des autres sans avoir toujours recours à l'attaque idéologique un peu facile.

De : A..fo

désolé mais toutes les critiques parlent essentiellement du sujet traité dans ce film et non pas (ou si peu) du jeu des acteurs,de la façon de filmer et tout autre aspect techniques..Arrettons l'hypocrisie.N'est-ce pas mon avis que vous avez du mal à respecter?

De :

oui j'vous provoque un peu mais il y a trop longtemps que j'ai envie de débattre sur ce sujet.Ne le prenez pas mal.Ce n'est en effet peut-etre pas le bon endroit pour cela,alors salut!

De : philou


reconnaitre (decoder) un produit marketing et la pure fabrication industrielle contre la poesie et l'art releve donc de l' ideologie bien pensante...?
bof


De : philou

et pis, comme le pré-dit la redactrice , ce "truc a fonctionconsumeriste on n'en parlera plus dans trois jours...


De : isabelle

je ne l'ai pas prédit, mais il est intéressant de penser que le buzz ne va pas durer !

De : philou

pre-dit

De : blou

il fait parler un minimum quand même....

moi j'ai trouvé qu'il était assez maladroit par moment mais il y a une histoire, un "explication" à la situation et j'ai trouvé ça relativement réaliste.

Quant aux "la banlieue c'est pas çà" "lilenfield est ump" etc, c'est trivial. Faut réussir à regarder un film en simple spectateur, pas en élite critique et moraliste.

Avec cet axe de visionnage, pour moi, il n'y a ni drame ni révélation.

De : arme à feu = cliché ???

http://www.leparisien.fr/essonne-91/tir-au-pistolet-d-alarme-a-la-sortie-du-lycee-11-03-2009-438922.php

http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,3622146,00-arrete-college-arme-.html

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1034354

etc, etc...

De : Cyril

BANLIEUE BANLIEUE BANLIEUE, attention sujet BRULANT.
Tellement brûlant qu'on tombe vite dans le régime de la confusion. On le sait bien les cités de banlieue qui concentrent toutes les difficultés sont au coeur, presque au centre des préoccupations socio-politiques en France.

Cristallisation des erreurs et des errements coupables de la France, la banlieue alimente par excellence notre mauvaise conscience (post -coloniale) notre mauvaise conscience d'avoir laisser grandir des zones de relégations quasi-ethniques sous nos yeux.
Elle cristallise aussi pour nombre d'entre nous je crois la PEUR, la peur d'un monde où nous sommes étrangers et où l'on est en danger, la peur de voir grandir une société parallèle foncièrement hostile à la société française "officielle" (cf. "Ma France à moi" de Diam's ). Qui parmi nous serait capable de dépasser les clichés TF1 sur la banlieue pour aller se promener dans les caves d'une cité sensible? (à titre personnel j'ai été amené à le faire plus d'une fois)

La mauvaise conscience et la peur qui occupent ce terrain brouillent trop souvent l'esprit quand on s'empare du sujet: si l'on montre une jeunesse à l'avenir fragile, mais bouillonnant d'une vitalité et d'une créativité enthousiasmante, on se fera vite taxer d'angélisme, par les tenant de l'inquiétude et si l'on montre une jeunesse en proie à la violence et au repli communautaire on se verra reproché d'alimenter une peur xénophobe.

Je voudrais maintenant répondre à l'auteur du billet: oui, je suis convaincu comme François qu'on peut parler de la qualité d'un film sans connaitre la réalité sur laquelle il s'appuie (ex: film sur le Vietnam, Monuments sur la conquête de l'ouest ou sur la Révolution Russe par Ford et Eisenstein). Mais je ne suis pas sûr que ce qui vous aie indignée soit la mauvaise qualité du film, en terme de construction, de ressort dramatique, de choix formels. J'ai plutôt le sentiment c'est le propos tenu sur la banlieue, les représentations qu'il induit qui vous a énervée...
Et je crois que ce qui peut nous horripiler dans la dénonciation de certain travers 'Avérés' de la banlieue c'est le risque, hélas bien réel, de nourrir le racisme et la xénophobie.

Si c'est le cas, c'est une immense et tragique erreur qui nous interdit depuis si longtemps de constater les tristes conditions de vie des habitants des cités sensibles, pour pouvoir y remédier concrètement.

Or parmi les nombreuses difficultés qui paralysent ces lieux, il y a la suivante: l'école n'est pas vécue comme un espace de socialisation à la société française, et quand bien même elle le serait, une faible minorité de jeunes qui n'ont rien du comportement d'un élève sabotent systématiquement les cours et par là même interdisent au reste de la classe d'acquérir un bagage scolaire digne de ce nom. Je rappelle que pour ces jeunes, la formation scolaire constitue l'unique porte de sortie hors de la "zone".

Ce film montre ce sabotage à l'œuvre, sans grande nuance, dans la crudité affligeante qui est le quotidien de tant d'établissement, et de tant d'élèves sinistrés, sans parler du cauchemard professionnel qu'y traversent les enseignants. Il montre que le langage de la force, de l'intimidation a pris le pas sur l'autorité des enseignEMents.

Je profite donc de ce fil, pour délaisser l'aspect formel du film, au profit de son strict propos, qui à le mérite de jeter un regard effrayant, mais manifestement concerné sur la question des Banlieues.

Il est plus que temps d'observer, de comprendre ce qui est en train de se passer dans ces néo-ghettos et de chercher des remèdes.

De : mr_kenyatta

Intéressant témoignage...

Tiens, je hasarde une hypothèse que je jette à la sagacité de nos lecteurs dont le web entier nous envie l'excellence !
Et si ces habitudes (qui me semblent effectivement non contestables, hélas) de "sabotage scolaire", dont se rendent coupables de plus en plus d'ados, étaient concomittantes du développement d'un discours (et d'une pratique pédagogique) visant à ne plus faire de l'école que le lieu d'apprentissage d'un "métier", visant à produire (j'emploie le verbe à dessein) des jeunes gens plus ou moins directement opérationnels sur le marché du travail ?
D'où ce double hiatus : l'école n'est absolument pas faite pour ça (et, c'est ma ferme conviction, ne doit pas le devenir : l'école doit former des citoyens, pas des salariés) et le dit marché du travail est tel que cette ambition affichée est donc contestée (avec les moyens dont ils disposent) par les élèves eux-mêmes. D'où, aussi, le fait que l'éducation nationale soit d'autant plus sinistrée dans les endroits où ce marché du travail est particulièrement fermé, surtout aux jeunes. Et ce sont souvent les banlieues...

Voilà, juste une idée qui me vient, comme ça... en vous remerciant !

De : Cyril

BANLIEUE BANLIEUE BANLIEUE, attention sujet BRULANT.
Tellement brûlant qu'on tombe vite dans le régime de la confusion. On le sait bien les cités de banlieue qui concentrent toutes les difficultés sont au coeur, presque au centre des préoccupations socio-politiques en France.

Cristallisation des erreurs et des errements coupables de la France, la banlieue alimente par excellence notre mauvaise conscience (post -coloniale) notre mauvaise conscience d'avoir laisser grandir des zones de relégations quasi-ethniques sous nos yeux.
Elle cristallise aussi pour nombre d'entre nous je crois la PEUR, la peur d'un monde où nous sommes étrangers et où l'on est en danger, la peur de voir grandir une société parallèle foncièrement hostile à la société française "officielle" (cf. "Ma France à moi" de Diam's ). Qui parmi nous serait capable de dépasser les clichés TF1 sur la banlieue pour aller se promener dans les caves d'une cité sensible? (à titre personnel j'ai été amené à le faire plus d'une fois)

La mauvaise conscience et la peur qui occupent ce terrain brouillent trop souvent l'esprit quand on s'empare du sujet: si l'on montre une jeunesse à l'avenir fragile, mais bouillonnant d'une vitalité et d'une créativité enthousiasmante, on se fera vite taxer d'angélisme, par les tenant de l'inquiétude et si l'on montre une jeunesse en proie à la violence et au repli communautaire on se verra reproché d'alimenter une peur xénophobe.

Je voudrais maintenant répondre à l'auteur du billet: oui, je suis convaincu comme François qu'on peut parler de la qualité d'un film sans connaitre la réalité sur laquelle il s'appuie (ex: film sur le Vietnam, Monuments sur la conquête de l'ouest ou sur la Révolution Russe par Ford et Eisenstein). Mais je ne suis pas sûr que ce qui vous aie indignée soit la mauvaise qualité du film, en terme de construction, de ressort dramatique, de choix formels. J'ai plutôt le sentiment c'est le propos tenu sur la banlieue, les représentations qu'il induit qui vous a énervée...
Et je crois que ce qui peut nous horripiler dans la dénonciation de certain travers 'Avérés' de la banlieue c'est le risque, hélas bien réel, de nourrir le racisme et la xénophobie.

Si c'est le cas, c'est une immense et tragique erreur qui nous interdit depuis si longtemps de constater les tristes conditions de vie des habitants des cités sensibles, pour pouvoir y remédier concrètement.

Or parmi les nombreuses difficultés qui paralysent ces lieux, il y a la suivante: l'école n'est pas vécue comme un espace de socialisation à la société française, et quand bien même elle le serait, une faible minorité de jeunes qui n'ont rien du comportement d'un élève sabotent systématiquement les cours et par là même interdisent au reste de la classe d'acquérir un bagage scolaire digne de ce nom. Je rappelle que pour ces jeunes, la formation scolaire constitue l'unique porte de sortie hors de la "zone".

Ce film montre ce sabotage à l'œuvre, sans grande nuance, dans la crudité affligeante qui est le quotidien de tant d'établissement, et de tant d'élèves sinistrés, sans parler du cauchemard professionnel qu'y traversent les enseignants. Il montre que le langage de la force, de l'intimidation a pris le pas sur l'autorité des enseignEMents.

Je profite donc de ce fil, pour délaisser l'aspect formel du film, au profit de son strict propos, qui à le mérite de jeter un regard effrayant, mais manifestement concerné sur la question des Banlieues.

Il est plus que temps d'observer, de comprendre ce qui est en train de se passer dans ces néo-ghettos et de chercher des remèdes.

De : Cyril

BANLIEUE BANLIEUE BANLIEUE, attention sujet BRULANT.
Tellement brûlant qu'on tombe vite dans le régime de la confusion. On le sait bien les cités de banlieue qui concentrent toutes les difficultés sont au coeur, presque au centre des préoccupations socio-politiques en France.

Cristallisation des erreurs et des errements coupables de la France, la banlieue alimente par excellence notre mauvaise conscience (post -coloniale) notre mauvaise conscience d'avoir laisser grandir des zones de relégations quasi-ethniques sous nos yeux.
Elle cristallise aussi pour nombre d'entre nous je crois la PEUR, la peur d'un monde où nous sommes étrangers et où l'on est en danger, la peur de voir grandir une société parallèle foncièrement hostile à la société française "officielle" (cf. "Ma France à moi" de Diam's ). Qui parmi nous serait capable de dépasser les clichés TF1 sur la banlieue pour aller se promener dans les caves d'une cité sensible? (à titre personnel j'ai été amené à le faire plus d'une fois)

La mauvaise conscience et la peur qui occupent ce terrain brouillent trop souvent l'esprit quand on s'empare du sujet: si l'on montre une jeunesse à l'avenir fragile, mais bouillonnant d'une vitalité et d'une créativité enthousiasmante, on se fera vite taxer d'angélisme, par les tenant de l'inquiétude et si l'on montre une jeunesse en proie à la violence et au repli communautaire on se verra reproché d'alimenter une peur xénophobe.

Je voudrais maintenant répondre à l'auteur du billet: oui, je suis convaincu comme François qu'on peut parler de la qualité d'un film sans connaitre la réalité sur laquelle il s'appuie (ex: film sur le Vietnam, Monuments sur la conquête de l'ouest ou sur la Révolution Russe par Ford et Eisenstein). Mais je ne suis pas sûr que ce qui vous aie indignée soit la mauvaise qualité du film, en terme de construction, de ressort dramatique, de choix formels. J'ai plutôt le sentiment c'est le propos tenu sur la banlieue, les représentations qu'il induit qui vous a énervée...
Et je crois que ce qui peut nous horripiler dans la dénonciation de certain travers 'Avérés' de la banlieue c'est le risque, hélas bien réel, de nourrir le racisme et la xénophobie.

Si c'est le cas, c'est une immense et tragique erreur qui nous interdit depuis si longtemps de constater les tristes conditions de vie des habitants des cités sensibles, pour pouvoir y remédier concrètement.

Or parmi les nombreuses difficultés qui paralysent ces lieux, il y a la suivante: l'école n'est pas vécue comme un espace de socialisation à la société française, et quand bien même elle le serait, une faible minorité de jeunes qui n'ont rien du comportement d'un élève sabotent systématiquement les cours et par là même interdisent au reste de la classe d'acquérir un bagage scolaire digne de ce nom. Je rappelle que pour ces jeunes, la formation scolaire constitue l'unique porte de sortie hors de la "zone".

Ce film montre ce sabotage à l'œuvre, sans grande nuance, dans la crudité affligeante qui est le quotidien de tant d'établissement, et de tant d'élèves sinistrés, sans parler du cauchemard professionnel qu'y traversent les enseignants. Il montre que le langage de la force, de l'intimidation a pris le pas sur l'autorité des enseignEMents.

Je profite donc de ce fil, pour délaisser l'aspect formel du film, au profit de son strict propos, qui à le mérite de jeter un regard effrayant, mais manifestement concerné sur la question des Banlieues.

Il est plus que temps d'observer, de comprendre ce qui est en train de se passer dans ces néo-ghettos et de chercher des remèdes.

De : Cyril

Merci beaucoup mr_kenyatta, ça fait plaisir d'être entendu,
et par ailleurs je présente mes excuses aux lecteurs de cette page pour la répétition de mon commentaire, j'ignore ce qui s'est passé.
Je suis d'accord l'école ne doit et ne devra jamais se borner à former des travailleurs sans quoi on aurait plus un système scolaire, mais une nurserie de fourmilière.
La question de l'insertion professionnelle par le parcours scolaire est incontournable, mais elle ne devrait pas être présentée comme l'unique destination de l'enseignement.
Mais le phénomène décrit par le film, d'échec du système scolaire dans les zones de relégation sociales touche plus ou moins tous les pays occidentaux, à commencer par les USA. Il faudrait peut-être regarder ce qui a merdé chez eux et qu'on a pas pu s'empêcher d'importer.
Pour ma part je pense aussi à la culture du divertissement, au star system, et à l'exploitation croissante de l'hyper-consommateur qui sommeille en chaque "jeune".
Merci

De : Fabienne

J'ai réécouté l'itw d'Isabelle Adjani au fou du roi, très intéressante, et qui DEMONTE tout supposé irréalisme...un itw que l'"auteur" du billet aurait peut-être du écouter avant de l'écrire, car je rejoins le commentaire de Cyril : vous ne semblez pas au fond dénoncer la forme mais bien le traitement du sujet, que vous ignorez pourtant totalement, en bonne bobo parisienne que vous devez être... Ce n'est pas en se voilant la face sur la réalité qu'on peut l'améliorer, votre comportement est donc DANGEREUX mademoiselle, et il est temps pour vous de quitter les bancs de la fac pour vous frotter à la vraie réalité.

De : mr_kenyatta

C'est vrai qu'Adjani, elle, est a priori super bien placée pour témoigner des violences en banlieue...

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