bandeau

 





 Rob Epstein & Jeffrey Friedmann - "Howl"

 Abel Ferrara - "Go go tales"

 "El Chino" - Sebastián Borensztein

 Larry Fessenden - "The last winter".

 Gok Kim et Sun Kim- White : the melody of the curse

 Entretien avec Ricardo Darín pour la sortie de "El Chino" de Sebastián Borensztein le 08/02/2012

 Mort du comédien Ben Gazzara

 Bob Rafelson - "Five Easy Pieces"

 Vintage Classics, première salve 2012 : du mystère, de la passion, de l'aventure !

 Tony Kaye - "Detachment"

 Naomi Kawase - "Hanezu"

 Sherlock Holmes, Jeu d'ombres - Guy Ritchie

 Pour une poignée de nanars avec Bach films : science-Fiction des années 50

 Entretien avec Mathieu Demy autour de la sortie d'Americano

 « Est-ce ainsi… Révolutions » pour les 12èmes journées cinématographiques dionysiennes

 Video kills the radio star: "Talk Radio" d'Oliver Stone.

 Leïla Kilani - "Sur la planche"

 Jean-Pierre Denis - "Ici-Bas"

 Millenium - David Fincher

 David Cronenberg - "Faux-semblants" (Blu-Ray)

Tous les articles Cinema

Cinema

Henry Selick - Coraline

Sorties salles
Posté par Lu & XAV le 2009-05-31



Image principale
Ouvrir
 

 


Coraline et ses parents viennent d’emménager dans une nouvelle et grande maison. Hélas pour la petite fille, ces derniers n’ont pas de temps à lui consacrer, trop occupés par leur travail. Elle part donc explorer sa nouvelle demeure, et ouvre une porte qui la mène dans une maison identique à la sienne, et pourtant bien différente. Coraline va devoir choisir entre ce monde où tout semble fait pour lui plaire, où ses Autres Parents sont disponibles pour elle, ou sauver sa Vraie famille, kidnappée par l’Autre Mère…
 
 
 
Troisième long métrage de Henry Selick (le réalisateur de L’Etrange noël de Monsieur Jack, pour ceux qui auraient vécu dans les bois cette dernière décennie), Coraline est un nouveau chef d’œuvre réalisé en stop motion, une technique d’animation qui nous est rarement donnée à voir sur grand écran. Petite mise en garde, la promo française tend à identifier le film à l’univers de Tim Burton, alors qu’Henry Selick a développé avec son équipe d’artistes un univers visuel original.
 
Comme l’irlandais Brendan et le secret de Kells, Coraline s’inscrit dans cette volonté d’utiliser l’animation pour ce qu’elle est : un média de création pure. Ainsi les décorateurs n’hésitent pas à tricher les perspectives (comme dans la cuisine), jouant du non réalisme, de l’étrange de la mise en scène. Une vraie importance est également accordée aux matières, les paillettes dans l’eau, le visage fendillé de l’Autre Mère, le sable ou le coton à l’intérieur d’une poupée, les boutons en bakélite…

Tout est fait pour exhiber l’artificialité des personnages et des univers, et l’absence absolue d’organique (là où les réalisateurs de stop motion, Timothy et Stephen Quay par exemple, n’ont de cesse de mêler l’organique à leurs marionnettes, comme dans La Rue des crocodiles). Mais l’artificialité affichée du dispositif n’empêche pas les personnages d’être secoués de pulsions, ni le spectateur d’être soumis à toute une gamme d’émotions. La stylisation -du rêve et du mécanique, comme figure antinomique- grâce aux marionnettes, semblait le meilleur moyen d’exprimer toutes les nuances, de l’histoire écrite par Neil Gaiman, sur les bouleversements et les questionnements vécus par cette pré-ado qu’est Coraline Jones. L’inquiétante étrangeté des marionnettes et les transformations subies par les personnages, lors du passage dans l’Autre Monde, convoquent l’image du monstrueux, de l’inhumain (comme lorsque Pas d’Bol apparaît), et rappelle que le travail de l’animateur est d’être un Docteur Frankenstein, de donner vie à des créatures inanimées, à partir de sa seule imagination. Coraline est un film d’animation qui s’assume.
 
Perspective truquée jusque dans les moindres détails (le pot de confiture et le verre de jus d'orange)
 
 
 
Comme Henry Selick qui crée l’univers propre à son film et se réapproprie l’histoire de Gaiman, l’Autre Mère crée une réalité, un univers onirique, dans lesquels les personnages sont ses créatures, qu’elle affuble de boutons à la place des yeux, hybridation entre la marionnette aux armatures de fer et la poupée de chiffon. La réalité de Coraline est froide, grise et floue, alors que l’univers de l’Autre Mère est plein de goûts et d’odeurs, de mets raffinés dont la fillette raffole. Cette mise en scène (en abîme) est un défi potentiel, un jeu, peut-être un besoin d’amour de l’Autre Mère.
 
L’une des différences entre le livre et le film, qui peut paraître minime mais s’avère relativement centrale pour la narration, est le fait que dans le film, l’Autre Réalité est toujours vécue de nuit. Cela permet d’une part de jouer sur l’ambivalence de l’Autre Monde qui doit paraître à Coraline plus joyeux et mieux que sa propre réalité, tout en gardant un aspect malsain pour le spectateur, qui voit tout le temps le ciel noir. D’autre part, le film est beaucoup plus découpé que le livre, puisque Coraline fait de nombreux allers/retours entre les deux Mondes avant que ses parents ne soient kidnappés. Selick utilise ainsi l’excuse de la nuit pour faire se réveiller Coraline dans son lit, sans que le spectateur sache si la fillette a vécu ou rêvé cette Autre Vie. Selick a ajouté d’autres éléments à son scénario (le personnage de Pas d’bol, le jardin) pour étirer astucieusement l’histoire de Gaiman, et pouvoir bien construire son film.
 
 

Sortie le 10 juin 

Les fleurs de cerisiers sont des pop-corns teintés en rose...





Share/Save/Bookmark 


Commentaires
De : Infernalia

Je trouve le film sublime. Par contre, c'est curieux, mais concernant la 3D, je trouve contrairement à toi que c'est l'une des premières fois où elle n'est justement pas utilisée comme un gadget destabilisant qui aurait un peu tendance à éjecter de l'histoire pour attendre de nouveaux effets, mais dans de purs dessins créatifs et poétiques. En effet, peu de "plein la gueule" vers le spectateur, à l'exception d'une aiguille qui avance très près de l'oeil, mais plutôt de très belles recherches, tel ce plan sublime de Coraline regardant la pluie tomber par la fenêtre et où nous ressentons la goutte, l'épaisseur de la vitre et le visage qui s'y colle (ce plan m'a beaucoup touché). D'autres part, je trouve que le relief en ajoute bp à cette sensation de nouvelles perspectives et de trompe l'oeil. Non, vraiment, pour moi le film est vraiment à voir en 3D. En tout cas, je ne m'en suis toujours pas remis !

De : Lu

Je veux avoir les cheveux bleus :)

De : mr_kenyatta

Formellement splendide ! Peut-être même un peu trop parfait et on peut regretter le côté plus "bricolé" de "L'Etrange Noël de M. Jack" ou de "James et la pèche géante". Mais ne boudons pas notre plaisir :-)
La présence vocale de Teri Hatcher entraîne presque inévitablement un détour vers "Desperate Housewives" : c'est un peu comme si son personnage de vraie mère abandonniste et débordée était un croisement entre Susan Mayer et Lynette Scavo alors que la mère "parfaite" et castratrice était une transposition de Bree Van de Kamp/Hodge !
Seul bémol sur ce film, la musique assez médiocre de Bruno Coulais, à des années lumière du brillantissime score de Danny Elfman pour "Jack" ou même du Randy Newman (pourtant en petite forme) de "Jack"...

De : mr_kenyatta

"Coraline" a remporté ce week-end le Cristal du long-métrage au Festival d'Annecy (plus grand festival d'animation au monde, je pense qu'on peut le dire), ex-aequo avec "Mary et Max", film d'animation en pâte à modeler qui sortira en France le 30 septembre. C'est le triomphe de l'image par image à l'heure du (presque) tout numérique, on dirait bien !
Et c'est le second Cristal pour Selick, déjà vainqueur en 1997 avec "James et la pêche géante".
Sauf erreur de ma part, c'est la première fois qu'un film en 3D s'impose à Annecy.

De : For Bornu the bells toll

Pour ce qui est de s'affranchir de l'univers de Tim Burton il semblerait que Selick le fasse au fil du récit parce que tout le début du film sonne comme un lointain écho à Beetlejuice, de la maison sur le bout de colline avec le plan choisir à l'intérieur avec l'escalier sans parler du côté aseptisé des parents (la nourriture végétarienne par exemple et en premier lieu) ni de la petite tête de fouine à la Wynona de Coraline et d'autres choses encore (le récent aménagement etc.).
Ce qui plait le plus dans cette histoire, du moins pour moi, c'est en effet cette idée que l'animation est le lieu de toutes les audaces et de tous les possibles pour le cinéma au-delà de toute velléité de réalisme et de "reproduction jolie". Visuellement ce film est somptueux (le jardin par exemple mais aussi la pure sensation ouatée du passage entre les deux maisons) et l'histoire (je ne savais pas qu'elle était une adaptation) riche comme il faut, un film à voir absolument en tous les cas.
Film vu en 2D, le relief ca sera pour la prochaine fois

De : Oups I did it bornu

J'ai oublié d'évoquer pédantement quelques évocations plastiques (la Vénus de Boticcelli par exemple) principalement dans les scènes avec les deux vieilles femmes du côté de "l'autre monde"

Et moins pédantement, la maman faisait aussi penser à ce que pourrait devenir la meilleure amie de Daria (oui oui le truc vu sur MTV et tout et tout) une fois mariée et installée "à la campagne" tout en veillant maladivement sur sa coupe de cheveux

Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot semble dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages





FERMER