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Hayao Miyazaki - "Ponyo sur la falaise"
Sorties salles
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![]() Après une série de grandes fresques épiques qui semblait connaître un certain essoufflement avec un château ambulant un poil décevant Hayao Miyazaki nous revient avec un long-métrage visant à plus de dépouillement. Cette sobriété retrouvée se traduit par un retour à un dessin un peu plus épuré délaissant le numérique. Les cadres surchargés des derniers films laissent place à un dessin plus naïf aux couleurs pastelles du plus bel effet. On précisera quand même que ce dépouillement graphique est somme toute assez relatif et touche surtout le début du film. De prime abord, cette simplification concerne aussi le récit. Celui-ci se concentre en effet dans un premier temps sur la relation entre le petit Sosuke et Ponyo créature de mer mi-poisson mi-petite-fille qui aspire à (re)devenir complètement humaine. Il semble évident que Miyazaki a voulu, cette fois-ci, viser particulièrement les enfants en renouant avec une histoire proche de celle de Totoro. Hélas, si pour son chef d'œuvre le cinéaste japonais n'hésitait pas à abandonner toute intrigue véritable pour privilégier un cinéma plus contemplatif peuplé de visions oniriques saisissantes, il ne parait plus capable aujourd'hui d'aller aussi loin dans cette direction. L'épuration de l'intrigue reste, là encore, relative et concerne surtout la première moitié du film, de loin la plus réussie. ![]() Cette première partie s'attarde sur la vie quotidienne de Sosuke et de sa mère (le père, marin, est absent) puis sur la découverte de Ponyo et de ses pouvoirs (vous remplacez le père marin par la mère malade et ça vous rappellera sans doute quelque chose). On est alors loin de la complexité et du ton grave (quasi-apocalyptique) des dernières œuvres, les scènes cocasses et légères se succédant agréablement jusqu'à ce qui s'avèrera être le point culminant du film : Une formidable scène de tempête se muant en tsunami. L'image de Ponyo s'arrachant définitivement de la mer en courant sur le dos de poissons géants restera sans nul doute comme l'une plus belles visions livrées par Miyazaki. Si cette séquence est particulièrement réussie, elle marque cependant une rupture qui ne sera pas vraiment bénéfique pour la suite. ![]() En effet, si l'immédiate après-tempête réserve encore de belles scènes intimistes entre Sosuke et Ponyo, le film laisse ensuite un peu de coté la simplicité qui semblait pourtant être un de ses atouts et l'intrigue prend une tournure bien différente : il ne s'agit rien de moins que de sauver le monde. On retrouve alors le coté épique et apocalyptique des derniers films du cinéaste mais, il faut bien l’avouer, l'inspiration est un peu en berne et le dénouement déçoit. Sans doute parce que le discours écologique de Miyazaki a perdu un peu de sa force à une époque ou le plus grand nombre a pris conscience de l'urgence écologique mais aussi parce que l'auteur semble hésiter entre les différents enjeux de son récit, entre l'épopée et l'intime. On reste ici dans l'entre deux, il n'est bien sur pas question de dévaluer la veine épique du cinéaste qui a engendré de grandes œuvres mais force est de constater que, hormis pour la scène de tempête, ce Ponyo au pied de la falaise se révèle plus convaincant dans l’intime et le familier que dans le grandiose. Retrouvez d'autres articles sur Hayao Miyazaki : Ponyo, Ponyo, Ponyo ...
Commentaires
De : mr_kenyatta "Ce Ponyo au pied de la falaise se révèle plus convaincant dans l’intime et le familier que dans le grandiose" : pas encore vu "Ponyo" mais c'est exactement ce que je pense globalement du cinéma de Miyazaki. Rendez-vous Totoro et Kiki ! :-)) De : mr_kenyatta Un peu sévère, mon ami Leo, sur le coup... Je ne trouve pas que le film soit à ce point clivé en deux parties bien distinctes, l'une plus intimiste et l'autre plus épique, ces deux dimensions du récit sont assez imbriquées. Complètement d'accord, en revanche, pour dire que, sans surprise, les premières sont les plus réussies (même si le tsunami ne manque en effet pas de panache). Le côté épique est finalement ici beaucoup plus modeste que dans les précédents films "écologiques" de Miyazaki. Du coup, la menace apocalyptique n'est pas très prégnante et le potentiel du personnage de l'improbable père de Ponyo, visiblement inspiré du Capitaine Némo (clin d'oeil à Pixar ?), n'est pas très bien exploité. Reste un film assez loin des plus belles réussites de Miyazaki mais très supérieur au "Château ambulant" et très plaisant. De : Infernalia Très très enthousiaste pour le coup. Je trouve que la grande force du film tient à son infinie légèreté, cette beauté du conte et de la fable, cette saveur de l'enfance qu'il maintient jusqu'au bout. Aussi la dimension écologie n'est finalement pas si présente que ça, elle fait juste le pont entre deux monde, l'imaginaire et la réalité (un peu comme le passé et le présent). Ici, on "sauve le monde" c'est comme sauver un royaume dans les contes de fées, et l'équilibre de l'univers, c'est un courant dans les contes. donc c'est plus un retour aux sources qu'un reflet contemporain ... A la limite, la dimension la plus écologique est presque un peu ridiculisée par le rôle du père, celui qui est sensé représenter le pouvoir des élements. Ce qui reste le plus beau à mon sens c'est justement, cette irruption de l'imaginaire dans le réel, par la capacité de l'émerveillement de l'enfant. Tout semble finalement se rejoindre en une belle osmose faite de poisson-filles, de petits garçon, de vieilles dames heureuses. Et puis, quelles couleurs !!! Tout simplement splendide. De : Presse Mia Fray zaki Je suis mitigé.... Bien sûr Myazaki (que j'adore par ailleurs) ne peut pas faire un mauvais film, mais celui ci me semble plus bancal et moins abouti que certains. D'abord sans doute parce qu'il me paraît moins "adulte", mais ce n'est pas forcément un défaut en soi. Surtout parce que à trop vouloir en dire, on n'en dit sans doute pas assez. Trop de thèmes abordés, pas toujours de façon très claire, et le film perd en force. Mais bon, reste que Myazaki est un délice pour les yeux, le coeur et l'intelligence. Insérer un commentaire : |
