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Greg Mottola – "Adventureland" (DVD)

Sorties DVD
Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-01-21



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Pourtant signé du réalisateur de SuperGrave, Greg Mottola, et comptant à son casting la star féminine de la saga Twilight, Kristen Stewart, Adventureland n’a pas eu les honneurs d’une sortie française en salles et doit donc se contenter d’un rattrapage en DVD.
Avouons que l’on est un peu découragé d’essayer d’en comprendre le pourquoi du comment. En l’occurrence, c’est d’autant plus navrant que ce film est une superbe réussite, d’une finesse dont on ne soupçonnait pas forcément son auteur.

SuperGrave était particulièrement jouissif mais son comique relevait un peu du principe de l’accumulation : des situations scabreuses, des dialogues salaces et salés, des péripéties vécues par les deux héros (trois, si l’on y ajoute l’impayable McLovin)... Même si son sujet est finalement très proche (les tourments d’un jeune puceau sur le chemin de son premier "acte sexuel"), Adventureland fonctionne davantage sur le mode du retrait. Plus précisément, Mottola ne filme pas forcément les scènes que l’on pouvait attendre du sujet traité.
Il ne s’agit d’ailleurs d’une comédie presque qu’à la marge, jouant davantage sur les effets de décalage que sur les gags eux-mêmes.

Kristen Stewart et Jesse Eisenberg
Kristen Stewart et Jesse Eisenberg

C’est particulièrement vrai de ses deux jeunes protagonistes principaux. Jesse Esienberg, déjà vu en fils aîné dans Les Berkman se séparent, formidable, est loin de la caricature du puceau tardif de la teen comedy. Son immaturité est moins celle d’un geek ou d’un freak que d’un "cœur pur" qui aurait lu beaucoup trop de livres pour la moyenne de ses concitoyens de Pittsburgh, probablement plutôt des écrivains romantiques l’ayant élevé dans l’idée qu’il fallait être transparent face à celle avec qui "c’est du sérieux" et que la vérité des sentiments triomphe toujours (entretenant en cela une ressemblance certaine avec le héros de (500) jours ensemble).
Le personnage de Kristen Stewart, très touchante elle aussi, est au fond assez tragique : orpheline de mère, en rébellion par rapport à son milieu familial et se perdant dans une minable aventure adultérine sans espoir avec le beau gosse du coin (Ryan Reynolds, étonnamment bien), surtout pour avoir une raison de fuir la maison dès que possible.
Ces deux paumés dans leur genre (l’une beaucoup plus que l’autre, quand même) ont comme point commun de passer leur été comme animateurs d’un parc d’attractions ultra cheap, Adventureland, en compagnie de quelques personnages hauts en couleur et assurant l’essentiel des scènes comiques du film (parmi lesquels on reconnaît, sous sa moustache, Bill Hader, l’un des deux flics de SuperGrave).

Ryan Reynolds
Ryan Reynolds

Cette façon de plonger ses ados dans des questionnements amoureux beaucoup plus adultes qu’eux et quasi existentiels n’est pas sans rappeler le cinéma du regretté John Hughes, en particulier son œuvre majeure, Breakfast Club. Et ça ne peut pas complètement être un hasard si l’action du film se situe en 1987, en pleine période de gloire du maître de la "teen comedy existentielle". Car rien ne justifie par ailleurs vraiment ce saut dans le temps (en 1987, Greg Mottola, auteur du scénario, était plus vieux que son héros de quelques années), si ce n’est le plaisir parfois pervers (aaaah, le Rock Me Amadeus de Falco en boucle !), d’aligner les morceaux rock de l’époque. Et d’avant aussi : avouons d’ailleurs qu’il est bien difficile de prendre en mauvaise grâce un film utilisant le Here She Comes Now du Velvet Underground pour son générique de début (puis Pale Blue Eyes ou Satellite of Love plus tard : vous l’aurez compris, Lou Reed revêt une certaine importance dans le film). Ce choix musical est moins anecdotique qu’il n’en a l’air. Il traduit une certaine sensibilité, une certaine fragilité (peu de groupes ont aussi bien marié la fureur électrique et l’extrême douceur de ses balades que le Velvet), qui sont aussi la marque de fabrique d’un film bourré de charme et qui inscrit Mottola en haut de la liste des réalisateurs américains à suivre dans cette nouvelle décennie qui débute (même s’il ne sera que simple réalisateur de Paul, la prochaine comédie écrite par le duo british de Shawn of the Dead, Simon Pegg et Nick Frost).






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Commentaires
De : don't you forget about Bornu

Ce film n'a en effet rien d'une comédie si ce n'est deux personnages, frigo et bill la moustache par ailleurs assez sobre comme si son appendice pileux était déjà une poilade en soi (prochain oscar du meilleur jeu de mot dans un second role, Culturopoing award La Celle saint Cloud, Septembre 2010).
Un film qui n'inspire et aspire que mélancolie, un peu comme si john hugues avait fait un film scénarisé par Noah Baumbach.

A noter le rôle gratiné donné aux mamans, les deux présentes ici (enfin une seule, l'autre étant de substitution) n'étant qu'étouffement et bride au cou de nos jeunes héros, et ce malgré ces deux profils aux antipodes l'une de l'autre (une aimante et aimée, l'autre lointaine et détestée).

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