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Gok Kim et Sun Kim- White : the melody of the curse

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Posté par Olivier Malosse le 2012-02-06



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Sadako’s generation

 
Alors que le Japon hésite encore à exporter ses groupes de pop à base de lolitas en maillot de bain au sourire satanique, la Corée lui dame le pion, et semble en train de lancer une offensive “soft power” à base de bande d’amazones robotiques élancées pour envahir les écrans du monde entier, et s’imposer comme l’autre pays de la pop asiatique. Il n’est pas étonnant alors, de trouver ces chanteuses au coeur d’un nouveau film de fantômes post-ringien, le genre étant décliné à toutes les sauces chez nos amis coréens, de l’amour adolescente tragique dans le lycée de filles de Memento Mori, au récent plaidoyer contre les maltraitances animales dans le tromeugnon The Cat.
Cependant, pour un parfait détournement de commande comme le sus-cité Memento Mori ou l’exercice brillant de Kim Jee-woon Deux Soeurs, combien d’oeuvres (souvent plastiquement superbes) étouffées dans un carcan scénaristique roublard générant des motifs de l’angoisse vidés de toute originalité ou puissance évocatrice par leur répétition forcée...

 

White n’est certes pas exempt des tics du ‘film de fantômes asiatiques”, comme on appelle parfois abusivement cette génération de Sadakos ou de Samaras qui peuplent les années 2000. Pour autant, il reste l’une des plus belles réussites du genre ces dernières années.
On suit dans White la carrière des Pink Dolls, un groupe qui peine à percer dans le monde de la musique, distancées par leurs concurrentes les Pure. Persévérant dans leur quête de succès, elles obtiennent grâce à leur manager un studio d’enregistrement à prix discount, car souffrant d’une mauvaise réputation : un incendie s’y était déclenché précédemment, provoquant la mort des membres d’un autre groupe qui y répétait. C’est dans ce studio que la “meneuse” de Pink Dolls, Eun Joo (interprétée par une réelle chanteuse de K-pop, Ham Eun-jeong du groupe T-ara) trouve une cassette vidéo enregistrée par le groupe disparu, la répétition d’une chanson du nom de “White” à la mélodie entêtante, et qui sera reprise telle quelle par les Dolls, perruque blache et décorum pop sixties compris. Il y aura comme toujours malédiction sous roche, et fantôme à la chevelure exceptionnellement blanche (Shimizu Takashi avait toutefois imaginé le temps d’un court métrage parodique une Histoire de fantôme blonde...) venu réclamer vengeance.


La charge sera féroce contre le monde de la pop formatée, mais la reconstitution fidèle, les performances scéniques et le tube “White” s’avérant particulièrement réussis. La critique de la machine commerciale, si elle n’est pas particulièrement originale ou édifiante, s’applique merveilleusement au cinéma horrifique: querelles d’égo et furies vengeresses, sous-entendus sexués et valse des favorites chez le producteur, foule de fans hystériques proprement zombifiés...
Une solitude acidulée berce nos héroïnes pendant la première partie, sur fond de couleurs vives en macarons mauve bleu ou rouge, pour se perdre progressivement dans un fracas de glamour acéré et d’étincelles meurtrières: quelques danses “urbaines” rappellent d’abord la désarticulation des corps qui faisait déjà le jeu des morts-vivants de Thriller de MJ, et puis un stroboscope croissant, des fragmentations par la lumière et le gros plan de l’héroïne, plus ou moins identifiée à son fantôme, dans un grand final pyrotechnique qui rappelle plus le bal de l’enfer de Carrie que la métaphysique post-Fame d’un Black Swan sorti la même année. Le monde du show-business vous met en pièces, semble sussurer le film, et il n’y a là rien de grandiose ou de désirable. Quand Eun-joo arrive enfin au sommet, elle est plus que “pure”, d’une blancheur immaculée et vide, préalable funeste au sacrifice exigé par les dieux de l’entertainment.
 

Un exercice de style très encadré mais passé avec brio, pour ce duo de réalisateurs, les frères Kim Gok et Kim Sun, issus de la scène indépendante, avec cette contradiction tout de même flagrante : comment ces cinéastes engagés, auteurs d’un Capitalist Manifesto en 2003 pas franchement pro-consumériste, en arrivent-ils à nous rendre presque accros à la dance maléfique d’ Eun-joon et de ses fantômes ?




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Commentaires
De : wam

Quel projet schizophrène, cherchant d'un côté à détourner l'horreur asiatique tout en étant, de l'autre côté, soigneusement ramené dans le lieu commun du genre par les producteurs.
http://asiafilm.fr/2011/09/20/critique-white-the-melody-of-the-curse-des-freres-kim/

De : O.M.

Certes, certes, le scénario sent fortement le prémâché, mais il y a quand même de très beaux moments, et puis, l'inscription de cette créativité dans un modèle commercial finalement préservé illustre pas mal son sujet : la culture pop recyclant et intégrant tout ce qu'elle touche :)

De : O.M.

Certes, certes, le scénario sent fortement le prémâché, mais il y a quand même de très beaux moments, et puis, l'inscription de cette créativité dans un modèle commercial finalement préservé illustre pas mal son sujet : la culture pop recyclant et intégrant tout ce qu'elle touche :)

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