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Entretien avec Julie Gayet à propos de "Huit fois debout"

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-04-11



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Il y avait plus d’une raison de rencontrer Julie Gayet à l’occasion de la sortie du premier film de Xabi Molia, Huit fois debout : c’est un très beau film, elle y est rayonnante (elle a d’ailleurs remporté le prix de la meilleure actrice au dernier festival de Tokyo) dans un rôle pourtant globalement assez sombre et c’est le premier film qu’elle coproduit, via sa société Rouge International, à sortir sur les écrans. Et puis aussi parce que c’est une actrice qu’on apprécie beaucoup depuis ses débuts… et qui n’est pas avare de ses enthousiasmes.
Notre attention à son travail a été payée au centuple car Julie Gayet nous a fait le cadeau d’une très belle exclusivité, que vous découvrirez à la fin de cet entretien. Qu’elle en soit ici très chaleureusement remerciée !


Vous êtes à l’affiche trois fois en quelques semaines (Pièce montée, Sans laisser de traces, Huit fois debout) mais on imagine que le film qui vous tient le plus à cœur est le dernier…

Oui, puisque je l’ai le coproduit, initié, porté…

Vous êtes à l’origine du projet ?

Plus ou moins. En fait, on m’a envoyé un scénario de court-métrage par la poste, que j’ai trouvé magnifique, qui correspond à la fin de Huit fois debout, à la relation avec le fils. Qui était d’ailleurs plus noir, plus premier degré. En faisant ce court-métrage (S’éloigner du rivage), en voyant ce jeune réalisateur, ce jeune chef-op’, toute cette équipe… j’ai eu envie de continuer, d’aller plus loin. Et Xabi Molia a eu la même envie. Mais ça reste vraiment son univers à lui, même si le fait d’écrire pour quelqu’un a certainement eu comme conséquence qu’il a mis un peu de moi dans le personnage. Les raisons pour lesquelles ça me touche, c’est qu’il a mis beaucoup de ma maladresse dans la vie, de mon exubérance, de mon humeur qui peut être très changeante… Il y a un fond social, dans Huit fois debout, assez dur, mais c’est une violence sans violence. C’est-à-dire que mon personnage, Elsa, a du mal à s’en sortir, elle porte un poids, mais elle fait tout ça dans le sourire. Que ce soit ce film, Pièce montée ou Sans laisser de traces,  je les porte de la même manière, il n’y en a pas un des trois que je mettrais plus en avant que les deux autres. De par son personnage, le film de Xabi me touche davantage. Mais sur les tournages, j’ai plongé dans les univers de metteurs en scène différents mais avec la même intensité.

Vous connaissiez Xabi Molia comme écrivain ?

Non, je l’ai découvert pendant le court-métrage et j’ai lu ce qu’il avait écrit. C’est très beau.

C’est très différent de ses films ?

Ça dépend. Il écrit aussi de la poésie… C’est différent de ses films. Je pense que s’il passe au cinéma, c’est parce qu’il le considère comme un moyen d’exprimer les choses autrement. Quand il écrit, c’est pour raconter certaines histoires, et quand il réalise, c’est pour raconter d’autres histoires. J’aime beaucoup son écriture, c’est très fin, très subtil, nuancé. Comme lui. Très pudique, aussi. J’aime beaucoup Huit fois debout pour tout ça.

C’est le premier film que vous produisiez ?

C’est le premier que j’ai coproduit, avec la productrice du court-métrage, Christie Molia. Ma société s’appelle Rouge International. On a coproduit ensuite un film palestinien (Fix Me, de Raed Andoni), qui est allé à Sundance et, là, on participe à un film chinois (Le Dos, de Liu Bingjian), tourné en Chine et actuellement en post-production. Et on est en plein développement du premier long-métrage d’une jeune réalisatrice française, Clarisse Canteloube, qui a réalisé plusieurs clips de Benjamin Biolay (La Superbe, Dans la Merco-Benz, Laisse aboyer les chiens…), dans lesquels j’ai joué parfois moi-même.

Vous jouerez dans son film ?

Oui.

Et Benjamin aussi ?

Peut-être, oui…

Julie Gayet dans "La Confusion des genres"
Dans "La Confusion des genres"

Rouge International a été spécifiquement créée pour produire Huit fois debout ou bien est-ce que ça répondait à une envie plus ancienne ?

Je l’ai montée pour ce film. Mais ça rejoignait une envie que j’avais depuis très longtemps. J’avais déjà participé à une expérience de production plus collective. On me disait à l’époque, il y a douze ans, qu’être comédienne et productrice, c’était pas bien, il fallait pas faire ça, qu’en France, on n’aimait pas quand les gens avaient deux casquettes à la fois… Et je suis ravie de n’avoir finalement écouté personne et de l’avoir fait ! Je n’écoute personne, de toute façon ! (rires)

Avez-vous des velléités de passer à la réalisation, un jour ?

Pas du tout ! C’est vraiment pour ça que j’aime produire, c’est dans la continuité de mon métier d’actrice, qui est d’aider un réalisateur à faire son film, à être au plus proche de son fantasme, de lui faire rencontrer les bonnes personnes, trouver des moyens financiers qui soient en cohérence avec son projet…

La promo du film le présente comme une comédie. Il y a effectivement des scènes drôles mais la tonalité globale m’a paru plus sombre que ça…

C’est l’idée du double ton. Pour moi, c’est une comédie sociale. C’est ce que font les Américains ou les Anglais quand ils font des petits films indépendants, comme The Full Monty, où on vous parle de chômage, de problèmes de société avec beaucoup d’humour. J’aime beaucoup aussi Les Berkman se séparent, ou des films comme Half Nelson ou Juno. Des thèmes parfois lourds, sociaux, qui essayent de mettre le doigt sur certaines douleurs… Je pense que Huit fois debout est très dans l’air du temps, dans ce qui se passe aujourd’hui concernant la précarité de l’emploi et la difficulté de parfois simplement finir les mois, mais sans le traiter dans la noirceur ou le néo-réalisme, avec un petit ton décalé, sans verser non plus dans la grosse comédie.

Ça rappelle aussi Les Apprentis, de Pierre Salvadori…

Voilà ! Exactement. Pour moi, c’est un peu dans la veine de Salvadori. De Wes Anderson, aussi. Ça aurait pu s’appeler Les Losers magnifiques !

Mais il y a un truc en plus avec le personnage d’Elsa, qui a une fêlure qui rappelle un film comme Wanda, de Barbara Loden, même si Elsa se tient quand même plus loin des lisières de la folie…

Ça fait plaisir ! Mais elle a quelque chose comme ça, Elsa. C’est aussi pour ça que ça a été un travail passionnant pour moi car c’était la première fois qu’on m’offrait la possibilité de jouer quelqu’un à plusieurs facettes. Parce que je pense qu’on est plusieurs, dans la vie. On n’est pas les mêmes avec nos amis qu’avec notre famille ou dans le boulot… Parfois, elle est un peu roublarde, parfois même un peu menteuse ; parfois positive, parfois très sombre. Et j’ai beaucoup aimé ça parce que, souvent, surtout si c’est un second rôle, un personnage a une couleur prédominante. Elsa, elle, a plusieurs caractères, plusieurs personnalités, à la fois forte et fragile…

Ça peut faire penser aussi à certains personnages de Gena Rowlands dans les films de Cassavetes…

Oh c’est gentil… Wouah ! Ça, je le garde ! Vous pouvez me l’écrire et puis me l’envoyer ? (rires)

Julie Gayet dans "Clara et moi"
Dans "Clara et moi"

Comment Denis Podalydès a-t-il été associé au film ?


Je l’avais vu il y a quelques années quand il faisait sa mise en scène de Cyrano (à la Comédie française), on s’était retrouvé un jour dans la brasserie en face du Palais Royal. Il avait une barbe de deux semaines comme il a dans le film, et je l’ai trouvé super sexy. Quand on cherchait le personnage masculin, je disais à Xabi "Tu sais, Denis Podalydès, il est très sexy !" (rires). Mais ça n’est pas l’image qu’on a forcément de Denis… Je trouve qu’il peut être drôle, bouleversant… J’adore Denis, c’est pour moi un des meilleurs acteurs français, un très grand comédien. Toute la gageure était par exemple de filmer Denis qui se baigne dans la rivière et, quand Elsa l’observe, elle le trouve beau. Denis était très embarrassé, il nous disait "Mais je joue quoi ? – Rien ! Tu es beau, elle te regarde. – Non mais arrêtez… – Si, si, tu es très beau, Denis" (rires). Et puis ça a été une rencontre telle entre Xabi et lui, ils sont faits pour travailler ensemble. Je pense même que Denis va jouer dans le prochain long-métrage de Xabi…

Considérez-vous que le rôle d’Elsa soit le plus beau que vous ayez eu au cinéma jusqu’à maintenant ?

Oh non ! J’ai eu de la chance ! J’ai fait plein de belles rencontres… J’aime tellement changer, passer de la comédie au drame, au film d’horreur, au film d’action… Pouvoir jouer une espèce de Raquel Welch dans Lovely Rita, faire une comédie romantique avec Delphine 1 – Yvan 0 ou Clara et moi. Et puis, d’un autre côté, des films très sombres comme Select Hotel, Ma caméra et moi, où je jouais une aveugle… Je ne pourrais pas dire que c’est mon plus beau rôle mais, en tout cas, Xabi a beaucoup puisé en moi et j’ai pu aller chercher des choses très nuancées, exprimer des couleurs nouvelles, même dans le burlesque, un tout petit peu, très fines et subtiles. C’est un rôle qui me tient à cœur parce que c’est tout ce que j’aime. J’adore le jeu des films asiatiques parce que c’est un jeu très rentré. Même si je ne suis pas timide, je suis pudique…

Pour revenir sur vos débuts, comment vous êtes-vous retrouvée, quasi débutante, partie prenante de l’aventure d’A la belle étoile (1993), d’Antoine Desrosières ?

J’ai fait le casting, il ne m’a pas prise ! Mais son actrice l’a lâché trois jours avant le début du tournage et c’est Laurent Tuel, le premier assistant, qui depuis a réalisé Le Rocher d’Acapulco, Jean-Philippe, un metteur en scène que j’adore, et à l’époque, c’était les premiers assistants qui faisaient les castings et les essais, qui a dit à Antoine de me prendre. Si je suis comédienne aujourd’hui, c’est grâce à Laurent Tuel ! Ce sont donc des débuts par hasard, puisque le réalisateur ne m’avait pas choisie…

Ça devait être une drôle d’aventure parce qu’Antoine Desrosières était tout jeune, une petite vingtaine d’années ?...

Il était très jeune. Il écrivait à 7 à Paris à l’époque, il voyait quatre films par jour, c’était un cinéphile assez dingue. Aujourd’hui, je rêverais qu’on trouve l’argent et qu’on fasse la suite, A la belle étoile 15 ans après. Ils se sont mariés, ils ont eu des enfants, ils ont divorcé, Melvil (Poupaud), Mathieu (Demy), Chiara (Mastroianni), toute la bande… Comme ça, on aurait un double DVD, avec le premier film et le deuxième ! (rires) Ce serait chouette de refaire un film tous ensemble.

Avez-vous rencontré Agnès Varda (pour Les Cent et une nuits, 1995) par l’intermédiaire de Mathieu Demy ?

Pas du tout ! C’est en passant au Cercle de minuit, présenté alors par Michel Field. On faisait la promo d’A la belle étoile avec Antoine et Field avait aimé mon personnage et demandé que je sois sur le plateau. Agnès Varda présentait un livre, à l’époque, et c’est là qu’elle m’a vue – en même temps, il y avait Mathieu aussi. Je me souviens que j’avais dit à Michel Field "Si je fais son film, je te dois 10 % comme agent !". Elle est venue me voir en me disant "Passez faire des essais" et je l’ai fait, voilà. Peut-être le fait d’avoir tourné avec Mathieu a joué, je n’en sais rien, mais ce n’est pas grâce à A la belle étoile qu’elle m’a repérée, le film n’était pas encore sorti.

Alain Delon et Julie Gayet dans "Les Cent et une nuits"
Avec Alain Delon dans "Les Cent et une nuits"

Les Cent et une nuits aussi c’était une drôle d’aventure parce que vous avez donné, toute jeune, la réplique à un certain nombre de monstres sacrés de l’histoire du cinéma…

C’est marrant parce que j’ai fait la promotion de Sans laisser de traces avec Benoît Magimel sur RTL, on parlait de ça et il me disait "Nous on était tous jaloux de toi quand on a vu le film, tu étais là avec DeNiro, Delon, Belmondo, Piccoli, Mastroianni…". C’est vrai que c’était une chance de voir travailler DeNiro, d’avoir croisé Harrison Ford, d’avoir vu Harry Dean Stanton, d’aller à Los Angeles, à Cannes… On avait commencé à tourner à Cannes, c’était la première fois que j’y montais les marches. D’ailleurs, c’était rigolo, le lendemain, Le Film français avait titré "Michel Piccoli au bras de Jessica Lange ?" (rires) J’étais très fière…

Ensuite, Select Hotel (1997) semble marquer un changement de cap assez radical dans vos rôles…

C’est un peu comme le film de Xabi, c’est un film que j’ai vraiment porté, j’y ai mis tout mon salaire, j’ai vraiment eu envie de faire ce film. J’avais vu un documentaire sur la prostitution. Ce film était vraiment une aventure humaine incroyable avec surtout un réalisateur, Laurent Bouhnik, qui est un vrai auteur, là encore, comme Xabi. Il vient de la BD, il avait fait un court-métrage magnifique, avant, très proche des peaux. Pour faire ce film, j’ai menti, j’ai dit que je m’appelais Julie, que je venais de la rue pour faire le casting, je n’ai pas dit que j’étais comédienne, parce qu’il voulait une non comédienne.

Il ne savait pas que vous étiez comédienne ?

Non. Un jour, il a lu une interview de moi chez des copains, il est arrivé le lendemain furieux "Quoi ?? Qu’est-ce que ça veut dire ?!? – Ben ouais, euuuh… en fait, j’ai fait quelques films…" (rires). J’adore Select Hotel, je trouve que c’est vraiment un très beau film.

Parlons maintenant un peu de V comme Vian. Quand le film doit-il passer sur France 2 ?

Je pense qu’ils vont attendre la rentrée, octobre-novembre… C’est Philippe Le Guay, qui a fait Trois huit, Le Coût de la vie aussi, qui l’a réalisé. Un réalisateur de cinéma, un vrai auteur et scénariste. J’adore Philippe, depuis très longtemps. Il a su traduire, via son écriture, l’univers de Vian. Le personnage de Michelle Léglise, la première femme de Boris Vian, m’a permis de dire plein de choses que j’avais envie de dire. Une très belle aventure, avec Laurent Lucas dans le rôle de Boris Vian. Je n’ai encore rien vu, j’ai hâte de voir le film !

C’est une autre approche d’interpréter un personnage "réel", comme vous l’aviez fait aussi avec le rôle de Dominique Prieur dans Rainbow Warrior ?

Je n’ai voulu rencontrer aucune des deux. J’avais lu le livre de Dominique Prieur, j’ai croisé des gens qui connaissent Michelle Léglise, qui m’en ont parlé mais jamais je ne serai elles…

En même temps, surtout Michelle Léglise, ce ne sont pas des personnages avec une forte image publique…

Voilà ! C’est davantage ce qu’elles ont vécu qui m’intéresse et le point de vue d’un auteur sur cette existence. Mais il y a une certaine responsabilité de se dire "j’espère que ça leur plaira, qu’elles se reconnaîtront, ou que, même si elles ne se reconnaissent pas, elles ne se sentiront pas trahies et aimeront mon travail". Qu’elles ne se diront pas "Mon dieuuuu !" (rires)

Après Rainbow Warrior, vous avez eu un retour de Dominique Prieur ?

Jamais ! J’ai eu un retour d’Agnès Varda, qui avait adoré ! (rires) Mais pas d’elle…

Julie Gayet et Michaël Cohen dans "Un baiser, s'il vous plaît !"
Avec Michaël Cohen dans "Un baiser, s'il vous plaît !"

Beaucoup d’actrices françaises plus ou moins de votre âge ont franchi le pas de la chanson, ces dernières années. C’est quelque chose qui vous tente ?

Eh bien moi je viens du chant, donc c’est très spécial pour moi puisque c’est le chant qui m’a amenée au cinéma. J’ai arrêté de chanter pour jouer, pour devenir comédienne. Mais dès A la belle étoile, Antoine m’avait demandé de chanter et après, j’ai chanté dans un film qui s’appelait Après la pluie, le beau temps, de Nathalie Schmidt, dans Clara et moi, j’ai même chanté dans Un baiser, s’il vous plaît ! mais Emmanuel Mouret l’a coupé au montage. Peut-être aurez-vous la chanson dans les bonus du DVD… Dans Huit fois debout aussi, dans la scène où Elsa écoute de la musique dans le magasin de disques, c’est moi ! Accompagnée par Hey Hey My My… J’ai donc souvent chanté dans les films.

Et sur un disque, alors ?

J’ai fait avec un ami… pas Benjamin Biolay, contrairement à ce que tout le monde pense. J’ai fait les clips de Benjamin mais je n’ai pas chanté avec lui. Enfin, si, une fois, pour le générique d’un court-métrage…

Il ne vous a pas écrit de chansons ?

J’adore Benjamin, je suis une fan absolue mais, non ! Je chante en anglais et je fais des chansons avec un ami avec qui je travaille depuis des années. Peut-être que Benjamin nous filera un coup de main, alors ça, ce serait bien venu ! Donc, oui, j’ai très envie de chanter mais comme je me suis mise à produire, je ne peux pas tout faire non plus et j’avais mis ça un peu en stand by. Mais là, ça y est, ça me reprend, j’ai super envie… D’ailleurs, on a fait une reprise, je peux vous la passer, si vous voulez la mettre sur le site, ça vous fera une exclu !


La reprise en question, ça n'est rien moins que cette belle version du Final Day des Young Marble Giants, groupe gallois aussi commercialement confidentiel qu'artistiquement influent encore aujourd'hui (écoutez donc The XX...), trente ans après son unique album, Colossal Youth (dont Final Day est issu). Les Young Marble Giants se sont reformés il y a quelques années, sans enregistrer à nouveau, hélas, mais on pourra les entendre le 1er juin, dans le cadre du formidable festival Villette Sonique.

Merci encore à Julie pour ce beau cadeau !





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Commentaires
De : Cyril C.

"V comme Vian", dont il est question dans cet entretien, est enfin diffusé sur France 2 ! Ce sera le mercredi 15 juin, à 20h35.

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