Sorties salles Posté par Cyril Cossardeaux le 2008-10-12
Balayons très vite la question de savoir si Entre les murs méritait ou non sa Palme d’or cannoise et la méritait davantage que la centaine de films français ayant infructueusement tenté leur chance sur la Croisette depuis Sous le soleil de Satan, en 1987. Balayons-la, car elle n’a aucun intérêt.
Mais mettons en revanche d’emblée les choses au point : oui, ce film, c’est du cinéma. Apparemment pas au sens où l’entendaient le plupart de ses protagonistes, si l’on en croit leurs témoignages d’après tournage, mais c’est bien du cinéma, et du meilleur.
Il n’est évidemment pas difficile de relier ce film au premier long-métrage de Laurent Cantet, Ressources humaines. On y retrouve le même très fort ancrage "social", aussi bien par le propos que par la forme employée et notamment le recours à des comédiens non-professionnels, jouant plus ou moins leur propre rôle, sur leur lieu de travail même (s’agissant de collégiens de 13 à 15 ans, il s’agissait de toute façon d’une contrainte incontournable).
Mais "ancrage" ne signifie ni "réalité", ni "documentaire" ou on ne sait quel "cinéma-vérité" aujourd’hui oublié. Même si de nombreuses scènes ont recours à une part d’improvisation, le film est à la fois très écrit et totalement (et brillamment) mis en scène. Sa grande réussite est précisément de parvenir à nous le faire oublier.
François Bégaudeau
"Entre les murs", car une fois rentré dans l’enceinte du collège (après moins d’une minute de film), on n’en sortira plus jamais, et l’on sortira même rarement des salles de classe, de la salle des profs ou du bureau du proviseur.
"Entre les murs", comme on aurait aussi bien pu dire "en immersion". Et c’est peut-être finalement à quelques unes des meilleures séries télé contemporaines, celles qui explorent de l’intérieur le fonctionnement d’une communauté humaine professionnelle, qu’il faut comparer la démarche de Cantet, adaptée du roman (et pas "document") de François Bégaudeau. Et chacun sait que, depuis maintenant nombre d’années, le meilleur du cinéma d’aujourd’hui nous vient souvent de la télé…
De la vie à l’extérieur des murs des protagonistes du film, nous ne saurons rien d’autre que ce qui peut y pénétrer, par les visites des parents, les faits divers terribles (la mère d’un enfant chinois raflée par la police), les rumeurs invérifiables (le retour au "bled" express pour un élève exclu), les ragots (homo ou pas, le prof ?)... On en sait ni plus ni moins que les personnages, à égalité avec eux, jamais en position surplombante. Nulle tentative d’analyse "ethno-sociologique" du pourquoi du comportement de telle ou tel, nulle considération non plus sur les motivations ou renoncements des profs (à cet égard, la scène la moins convaincante du film est sans doute celle où le prof de techno craque devant ses collégues). On n’est pas chez Bertrand Tavernier (nonobstant les qualités spécifiques d’Une semaine de vacances ou Ça commence aujourd’hui) et les critiques dont Cantet et Bégaudeau font parfois l’objet ici ou là sur l’"analyse" qu’ils feraient du système éducatif, ou pire encore, sur la pédagogie qu’ils prôneraient, sont totalement sans fondement et à côté de la plaque. Faut-il à ce point n’avoir rien compris au film pour ne pas voir que François Marin n’est rempli d’aucune certitude sur l’exercice de son métier ?
Esmeralda Ouertani
Il est probable qu’un Delarue rêve sans doute de nous organiser un débat de société dont il a le secret en deuxième partie de soirée après la diffusion de ce film mais, là encore, fausse route. Entre les murs évoque UN collège, UNE classe de 4ème en particulier, en aucun cas la situation d’ensemble du système pédagogique français, ça n’est pas son propos. Et heureusement…
Comme une scène de théâtre, avec laquelle elle entretient plus d’un point commun, une salle de cours est le lieu du Verbe Roi et Entre les murs traduit très bien cette prépondérance de la Parole, du dialogue (parfois de sourds) entre maître et élèves ou entre élèves eux-mêmes. Les uns et les autres sont donc des comédiens en puissance, s’ignorant plus ou moins. Le talent de Cantet aura aussi été d’en faire de vrais interprètes, tous magnifiques.
Bégaudeau donne la sensation que nul acteur de métier (ce qu’il n’est pas du tout, est-il encore besoin de le rappeler) n’aurait pu rendre la complexité de son personnage, son ambivalence, son courage (d’être prof !) et ses lâchetés (pour "acheter la paix sociale", comme le lui reproche un des collègues). Mais il faudrait aussi citer tous les élèves, alors on ne saluera tout particulièrement ici qu’Esmeralda Ouertani (Esmeralda), Rachel Régulier (Khoumba), Franck Keita (Souleymane) ou Carl Nanor (Carl), d’une justesse épatante.
La bande-annonce du film :
Commentaires
De : noodles
L'air de rien, le père cantet est en train de se bâtir une filmo aux ptits oignons, cohérente, intéressante, ambitieuse en restant modeste, profonde mais à la portée du plus grand nombre... moi je dis respect pour cantet..j'ai presque envie de dire "vas y lolo on est avec toi" mais ça sonne "footeuropoing"...(et bégaudeau qui veut racheter le fc nantes, ça vous parle pas ??? vous êtes à la pointe de l'actu oui ou merde...)
De : simon
vraiment j\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'ai bien aimé ce film, marrant mais a la fois remarquant et surprenant, surtout ce que j\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'ai aimé sé qu\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'il montrait la réalité des chauses dans un college comme celui là. Mé je me pose des questions, par exemple, est ce que les acteurs étaient vraiment en 4éme, et est ce que cé vraiment tous réel les ages, le prof, son vrai métier, je voulais savoir si cété vraiment la réalité... :d
De : Antoine Garceran
Madame, Monsieur
Vous êtres les parents d’Adémar et c’est à ce titre que j’ai pris la liberté de prendre mot avec vous pour vous de quelques faits regrettables dont il est la cause depuis qu’il apparait au générique du flm « Entre les murs » de Laurent Cantet, film tourné je vous le rappelle durant les dernières vacances scolaires dans notre établissement.
Passe encore d’être dissipé à l’interclasse pour cause d’entretien téléphonique avec son agent (le cousin Tonio, on le connait bien ici on l’a eu 5 ans il a triplé sa seconde) mais jamais je ne tolèrerais au sein de mon établissement qu’un lycéen de 17 ans parle mal à son professeur d’Education physique au prétexte que « Largo Winch lui il te ferait 98 pompes avant que t’ais le temps de faire l’appel ».
Ca non.
Je passe sur son empreinte de basket et la marque de sa main gauche (celle avec la bague tête de mort dédicacée par Sean Penn lors du dernier Festival de Cannes rappelez-vous) qu’il a eu la liberté de laisser dans le ciment frais du nouveau garage à vélo, il n’est pas question ici de l’accabler mais simplement de froncer les sourcils.
C’est pourquoi je tiens à solliciter votre diligence et votre bienveillante et filiale attention pour que notre cher Adémar retrouve vite le chemin de la raison et reprenne le fil de sa scolarité. Si « Entre les murs » était un fil d’Ariane qui évitait aux spectateurs de se perdre dans les méandres du système éducatif actuel, Je tiens tout de même à rappeler à Adémar qu’une suite est déjà prévue avec sensiblement les mêmes acteurs et qu’il s’intitulera « Entre quatre murs », s’il continue ses conneries (sic) il est certain d’y participer.
Jusqu’au revoir
André-Julien Raimbourg – Proviseur du Lycée
De : louise
j'ai adorée ce film !!
mais ce que j'aime beaucoup , c'est la façon dont les acteurs prennent leurs rôle à coeur , et ce film montré montré vraiment le collège , les profs qui abusent un peu parfois , les élèves qui ont on marre de l'école , et les coups qui partent parfois assez mal .
Je n'est que 11 ans , je n'ai vue qu'une seule fois ce film , et c'est déja mon préféré !