Au risque de se rendre coupable d’un pauvre jeu de mots, Pat Hingle, c’était d’abord une gueule !
L’un de ses innombrables comédiens hollywoodiens que, bon sang, dans quoi on l’a déjà vu, celui-là, ah la la, je ne connais que lui, mais qu’on est généralement bien en peine de nommer…
Il est vrai que son nom est rarement apparu juste après "starring" dans les génériques. Et pourtant, il s’en est fallu de peu ! En 1960, alors qu’il s’était vu offrir le rôle-titre du film de Richard Brooks, Elmer Gantry, un dramatique accident d’ascenseur faillit bien lui coûter la vie, et lui coûta en tout cas la gloire cinématographique, puisque le rôle revint finalement à un acteur dont la sienne était déjà faite, Burt Lancaster.
Jusqu’alors, Pat Hingle s’était principalement fait remarquer à la télévision, où, à travers les décennies, son tableau de chasse se sera avéré tout à fait impressionnant : Alfred Hitchcock présente, Les Incorruptibles, La Quatrième dimension, Rawhide, Le Fugitif, Mission : impossible, Les Envahisseurs, Bonanza, L’Homme de fer, Kung fu, L’Homme qui valait trois milliards, Les Rues de San Francisco, Hawaï, police d’état, M.A.S.H., Magnum… bien rares sont les séries qui n’ont jamais fait appel à son physique gentiment patibulaire (pardon encore...) pour figurer le plus souvent les flics/shérifs bourrus ou les hommes de main un peu louches.
Polo Lacoste et pantalon à pinces aux côtés de Shelley Winters (non pas dans "Bloody Mama", mais au théâtre, bien des années plus tôt), la classe, Pat !
Sa carrière cinématographique lui fit majoritairement endosser le même type de rôle, souvent aux côtés de Clint Eastwood (Pendez-les haut et court, L’Epreuve de force, Sudden impact), ou bien encore chez Roger Corman (Bloody Mama). Mais également quelques rôles de patriarche, même avant l’âge, parfois dans des productions de prestige (il jouait par exemple le père de Warren Beatty dans La Fièvre dans le sang, d’Elia Kazan, à seulement 37 ans !).
Citons également quelques rôles assez marquants dans Norma Rae (Martin Ritt), Les Arnaqueurs (Stephen Frears), Mort ou vif (Sam Raimi), une apparition dans notre cher Ricky Bobby, roi du circuit (Andy McKay) ou bien le rôle du fameux Colonel Parker dans le biopic Elvis réalisé par John Carpenter.
Mais il restera probablement surtout dans les mémoires pour son interprétation du commissaire Gordon dans les quatre premiers Batman (de Batman à Batman & Robin).
Sa bonne gueule all american nous manquera…
Dans la peau du Commissioner Gordon :
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