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Cinema

Daniel Monzon - "Cell 211" (Blu-Ray)

Sorties DVD
Posté par gee wee le 2012-02-14



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Les premières minutes de Cell 211, images numériques, entrée en matière brusque et maladroite, personnages caricaturaux, situation empruntée, concourrent à nous laisser un sentiment sceptique quant à la suite de ce que va nous proposer Daniel Monzon. Ce sentiment, aussi celui d'être bousculé, de voir un film qui ne prend pas le temps de s'installer, nourrit notre vision du film et crée finalement comme les conditions mentales idéales pour apprécier ce qui se révèle être bien plutôt de l'efficacité et de la compacité. Rien n'est dit de trop, notre regard sceptique aiguisé en est le meilleur garant, les choses sont précises, rien n'arrive par hasard et livre sa raison dans une appréhension globale du film.




Juan commence un nouveau boulot, gardien de prison. Le jour où il visite les locaux, éclate une mutinerie. Blessé à la tête, ses collègues l'amènent dans la cellule libre du couloir (la 211) sans savoir qu'ils ne pourront l'en dégager. Abandonné en territoire ennemi, mais en civil, Juan se fait passer pour un nouveau détenu. Commence un jeu de funambule où la réactivité et l'audace tiennent lieu de pas, la duplicité de barre d'équilibre et la sortie de prison de fil.
"Film de taupe" épuré, Cell 211 est parcouru d'une tension permanente à partir de laquelle agissent les personnages qui en perde leur caractère caricatural pour gagner en profondeur et en nécessité. Ils participent pleinement de l'évolution du film plutôt que subissent un scénario abracadabrantesque.
Le scénario se développe en quelques temps à l'aide d'éléments nouveaux qui, comme dans un épisode de 24 heures chrono, augmentent d'un cran la complexité de la situation pour Juan, mettent à défi son intelligence et son inventivité. Dans le même temps, ces éléments (la venue d'un négociateur, la présence de prisonniers de l'ETA, une émeute à l'extérieur de la prison) concourrent à donner une teinte politique à Cell 211 de plus en plus vive, jusqu'à un instant de rupture où le cable lâche et les personnages tombent tous dans le filet. Les cartes se redistribuent, chacun choisit son camp, les masques sont baissés. Restent au-delà des étiquettes bien/mal placardées par la gestion, et l'idée même de prison, des valeurs humaines qui subvertissent ces classifications morales inopérantes dans un système politique - que représente le policier - défectueux.

Cell 211 gagne ainsi par sa complexité grandissante au fil des séquences, par une mise en scène précise et de qualité et par une intrigue resserrée, des galons précieux qui le placent assez haut dans la typologie des films d'espionnage (et dans le paysage cinématographique) ; preuve s'il en est que sans payer de mine, sans effet incroyable, ni budget, ni rythme effréné, le cinéma est avant tout affaire de découper les espaces et les réalités pour livrer un matériau puissant et subvertif.






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Commentaires
De : jacques d.

"film de taupe épuré", jolie formule ! Votre lecture du film est pertinente ; je ne l'ai vu qu'en salle, lors de son exploitation, et en lisant votre "papier", me revenaient en mémoire des séquences entières de celui-ci... tiens, je vais aller voir chez le marchand de rondelles numérisées !

De : gw

à ne pas confondre avec "film de taupe épurée" !, ce n'est pas du tout la même chose ;)

De : Cyril C.

Et ne pas confondre du tout avec "La Taupe", film pas particulièrement épuré :-)

De : jacques d.

l'épure au cinéma ? topez là, je veux bien en être !

p.s. : en évitant toutefois l'épuration !?

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