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Christophe Honoré - "Non ma fille tu n'iras pas danser"

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Posté par Rémi Boiteux le 2009-09-04



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Commençons par ce qui pour certains s’apparentera à une bonne nouvelle : Christophe Honoré, sur son nouvel opus, a abandonné les gimmicks qui irriguaient, aussi agaçants que vivifiants, ses trois derniers films. Adieu (tout au moins au revoir) chansons, rythme pop et adulescents chics. Qu’on se rassure tout de suite, Non ma fille tu n’iras pas danser (titre beau ou lourdingue, c’est selon) ne marque pas pour autant un retour à la veine exaspérante de l’atroce 17 fois Cécile Cassard : entre-temps Honoré a gagné en maturité et est, quoi qu’on en dise, devenu cinéaste.
 
La première excellente idée est ici d’avoir confié le rôle principal (celui d’une mère gentiment dépassée que sa famille veut à tout prix remettre dans un hypothétique droit chemin) à la fabuleuse Chiara Mastroianni, a qui étrangement il n’est pas souvent donné d’avoir la pleine durée d’un film pour épanouir un personnage. Personnage ici entouré d’un casting à la fois rassurant -l’abonné Garrel, le petit frère Julien Honoré, Jean-Marc Barr…- et étonnant -le « grand retour » de Marie-Christine Barrault après le Guy Marchand de Dans Paris : outre le fait de vivre dans une bulle-cinéma à l’horizon citationnel, Honoré partage décidément avec Tarantino le goût des gloires oubliées ! Ajoutée à tout cela la cure de rafraîchissement promise par la déterritorialisation en terres bretonnes d’un cinéma un peu vite catalogué parisianniste, et le spectateur se retrouve en face d’une alléchante note d’intention. Le passage à l’acte s’avère pourtant plus problématique.

Le film démarre assez fort (malgré quelques moments qui voient la mise en scène baisser la garde) et la première moitié du film, sa très belle « partie bretonne », parvient sans trop de peine à nous emporter. En milieu de métrage, le cinéaste insère la représentation costumée d’une légende bretonne, séquence à la lisière du fantastique et déconnectée du récit, éclairant ce dernier et s’apparentant surtout à un tour de force, louable bien que d’une longueur un peu complaisante. Ce qui est regrettable, c’est qu’ensuite le film, comme effrayé par son audace pourtant relative, veuille ensuite absolument retomber sur ses pattes… et en terrain connu. Or la seconde partie, située à Paris, manque singulièrement d’éclat et ne convainc que lointainement, sans vraiment intéresser. Malgré un sursaut lors des dix dernières minutes, elles très réussies, on s’ennuie poliment, circonspect par exemple devant un Louis Garrel toujours délectable mais ne trouvant pas sa place naturelle (et pour cause : c’est ici le sympathique Julien Honoré qui joue le rôle Garrellien du film, le mimétisme est d’ailleurs saisissant) et on se prend à imaginer le film qui aurait dû être sous nos yeux si son auteur y avait passé, peut-être, un peu plus de temps (lui qui en a récemment eu suffisamment pour signer une mise en scène époustouflante et brillante de l’Angelo de Hugo au dernier festival d’Avignon).

Il y avait à affiner, à dégraisser (est-ce bien nécessaire que le personnage de la sœur –irréprochable Marina Foïs- s’allume une clope à chacun de ses plans ? ça va, on avait compris…), à conserver le souffle des premières séquences… Si on voulait vraiment être cruel avec le film, il suffirait de brandir la comparaison avec le Conte de Noël de Desplechin (car tout y invite : retour d’un cinéaste en sa terre natale, imbroglio familial, casting étoilé, cruautés bien senties, mélodrame…) et, fatalement, il ne s’en relèverait pas. Mais puisqu’on sait désormais Christophe Honoré capable de petits miracles, qu’on aime très fort Chiara Mastroianni et un petit peu ce film bancal, raté mais parfois passionnant, on se contentera d’une déception patiente… qu’il s’agira de soigner la prochaine fois.
 
 


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Christophe Honoré - "Dans Paris"
Christophe Honoré - "Homme au bain"
Christophe Honoré – "Les Bien-aimés"


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Commentaires
De : Silvae

"le sympathique Julien Honoré qui joue le rôle Garrellien du film, le mimétisme est d’ailleurs saisissant"

oui ça c'est clair ! J'ai un instant cru que Garrel avait un sosie !

De : what's the story morning bornu

Ce film, sa première partie surtout (tout y est ou presque, barrault en deneuve de prisunic, le sosie du regretté jean paul roussillon, le frère cadet en ersatz de melvil poupaud, la soeur aigrie, la petite amie qui regarde tout ça de loin, la terre natale (joliment filmée)) fait énormément penser à conte de noel. L'impression en voyant ce film d'avoir là une version de desplechin sans la psychanalyse ((on parle bcp mais on réfléchit peu, on agit surtout, quitte à dire/faire tout et son contraire dans la seconde), du coté du prolétariat peut etre aussi.
Après cela reste un film touchant, en partie même si sa seconde partie rend le tout bancal (trop peu développé je trouve, dommage) et meme si honoré a fait bien mieux

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