bandeau

 





 Rob Epstein & Jeffrey Friedmann - "Howl"

 Abel Ferrara - "Go go tales"

 "El Chino" - Sebastián Borensztein

 Larry Fessenden - "The last winter".

 Gok Kim et Sun Kim- White : the melody of the curse

 Entretien avec Ricardo Darín pour la sortie de "El Chino" de Sebastián Borensztein le 08/02/2012

 Mort du comédien Ben Gazzara

 Bob Rafelson - "Five Easy Pieces"

 Vintage Classics, première salve 2012 : du mystère, de la passion, de l'aventure !

 Tony Kaye - "Detachment"

 Naomi Kawase - "Hanezu"

 Sherlock Holmes, Jeu d'ombres - Guy Ritchie

 Pour une poignée de nanars avec Bach films : science-Fiction des années 50

 Entretien avec Mathieu Demy autour de la sortie d'Americano

 « Est-ce ainsi… Révolutions » pour les 12èmes journées cinématographiques dionysiennes

 Video kills the radio star: "Talk Radio" d'Oliver Stone.

 Leïla Kilani - "Sur la planche"

 Jean-Pierre Denis - "Ici-Bas"

 Millenium - David Fincher

 David Cronenberg - "Faux-semblants" (Blu-Ray)

Tous les articles Cinema

Cinema

Christophe Honoré - "Dans Paris"

Hors Actu
Posté par Cyril Cossardeaux le 2007-11-02



Image principale
Ouvrir
 
Intéressant de revoir le troisième film de Christophe Honoré à la lumière du suivant, Les Chansons d'amour. Ou même de le voir tout court après celui-ci, ce qui est mon cas !
Le thème de Dans Paris est vraiment la rupture. A trois niveaux.
D'abord la rupture, assez chaotique, de la relation entre Romain Duris et Joana Preiss qui provoque le film lui-même et en tout cas le retour du premier au sein du cocon familial (le terme "cocon" n'a probablement jamais été aussi approprié, sous ses aspects aussi bien positifs que négatifs).

"Gimme hope, Joana, gimme hope !"... mais Romain Duris n'est pas Eddy Grant !


Ensuite parce que cette rupture dans le récit du film s'accompagne d'une vraie rupture également dans le ton et la mise en scène. C'est à peine si on croit voir le même film ! Autant les scènes de déchirure Duris/Preiss semblent souvent du mauvais Bergman revisité par Assayas, autant le reste du film (heureusement la partie la plus longue) fait décoller un sujet assez plombant (la dépression) vers quelque chose de beaucoup plus ludique, dédramatisé (le plongeon fluvial nocturne de Duris est ainsi quasiment débarrassé de tout affect). Le mérite en revient évidemment aussi grandement au personnage du frère cadet et à son interprétation toute en charme, malice et fausse désinvolture d'un Louis Garrel alors dans un registre très inattendu. Mais, de la même façon, la "scène de ménage" entre les parents est traité de façon très humoristique. Guy Marchand et Marie-France Pisier y sont formidables, surtout le premier. Dommage que beaucoup aient dû attendre ce film pour découvrir quel acteur magnifique Guy Marchand pouvait être, pour peu qu'on se donne la peine de lui offrir autre chose que du Nestor Burma au kilomètre...

Guy Marchand et Louis Garrel


Rupture enfin dans le cinéma d'Honoré, tout simplement. La pemière partie du film est comme un écho à ses premiers films, plus graves et douloureux (17 fois Cécile Cassard et Ma mère, adapté de Bataille, pas franchement un adepte de la gaudriole la plus grasse...), alors que la seconde est certes placée globalement sous le signe de la Nouvelle Vague et de son côté décontracté (on l'a beaucoup dit, mais ça n'est finalement pas si flagrant que ça) mais annonce surtout très clairement Les Chansons d'amour. Evidemment par une partie de ses comédiens (Garrel, déjà dans Ma mère, et Alice Butaud), par une utilisation très précise, presque maniaque, de la topographie parisienne, par le détour vers la comédie musicale (esquissée seulement ici, de façon justement très intéressante : il s'agit de la seule scène entre Duris et Preiss de la seconde partie du film et elle est traitée sur un ton radicalement différent de la première partie) et donc, là encore, par un clin d'oeil aux grands anciens (Jacques Demy en tête, inévitablement), par certains motifs ou situations que l'on retrouve d'un film à l'autre (le trio au lit, merci Jean Eustache...), et par le thème même (comment continuer, malgré tout, après la perte d'un être aimé, après la mort ou la séparation).
Honoré traite là de sujets graves, particulièrement douloureux, mais avec une espèce d'euphorie douce qui emporte définitivement la sympathie.

Alice Butaud et Louis Garrel (et pas Claude Jade et Jean-Pierre Léaud...)


La partie "familiale" du film est d'autant plus réussie qu'elle repose sur un véritable coup de génie scénaristique, celui de la faire tenir en une seule journée, mais une journée au temps très cinématographique, diffracté, en quelque sorte : le "suicide" de Duris lui est antérieur de quelques heures mais seulement révélé dans la soirée, Garrel met presque la journée entière pour aller du 16ème au 7ème arrondissement en multipliant les conquêtes féminines, l'évocation du suicide (réussi, celui-là) de la soeur des deux frères nous ramène même plusieurs années en arrière, Duris semble sortir de sa dépression en une seule journée (si c'était si facile...)... Ce travail sur la temporalité (par ailleurs rythmé par la présence très précise du radio-réveil dans la chambre ou d'une pendule dans la cuisine) est d'une grande richesse, d'autant plus riche qu'il n'est ni ostentatoire, ni artificiel. Il est juste discrètement stylisé et cette stylisation ne nuit en rien à la puissance émotionnelle de la dernière scène, où Louis Garrel redevient le petit garçon qui attend que son grand frère le rassure en lui lisant une histoire de loup et de petit lapin (le très joli Loulou, de Grégoire Solotareff, superbement adapté au cinéma il y a quelques années par Serge Elissalde), chacun des deux frères reprenant alors sa place originelle dans le décor familial.

Romain Duris


C'est peu dire qu'on attend désormais avec impatience les prochains films de Christophe Honoré, qui est en train de prendre une place singulière dans le cinéma français, laissée vacante depuis la disparition, ou disons l'effacement progressif, de la génération de la Nouvelle Vague...


Retrouvez d'autres articles sur Christophe Honoré :

Christophe Honoré - "Non ma fille tu n'iras pas danser"
Christophe Honoré - "Homme au bain"
Christophe Honoré – "Les Bien-aimés"


Share/Save/Bookmark 






Commentaires
Pas de commentaires pour le moment
Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot Dans dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages





FERMER