bandeau

 





 Rob Epstein & Jeffrey Friedmann - "Howl"

 Abel Ferrara - "Go go tales"

 "El Chino" - Sebastián Borensztein

 Larry Fessenden - "The last winter".

 Gok Kim et Sun Kim- White : the melody of the curse

 Entretien avec Ricardo Darín pour la sortie de "El Chino" de Sebastián Borensztein le 08/02/2012

 Mort du comédien Ben Gazzara

 Bob Rafelson - "Five Easy Pieces"

 Vintage Classics, première salve 2012 : du mystère, de la passion, de l'aventure !

 Tony Kaye - "Detachment"

 Naomi Kawase - "Hanezu"

 Sherlock Holmes, Jeu d'ombres - Guy Ritchie

 Pour une poignée de nanars avec Bach films : science-Fiction des années 50

 Entretien avec Mathieu Demy autour de la sortie d'Americano

 « Est-ce ainsi… Révolutions » pour les 12èmes journées cinématographiques dionysiennes

 Video kills the radio star: "Talk Radio" d'Oliver Stone.

 Leïla Kilani - "Sur la planche"

 Jean-Pierre Denis - "Ici-Bas"

 Millenium - David Fincher

 David Cronenberg - "Faux-semblants" (Blu-Ray)

Tous les articles Cinema

Cinema

Césars 2010 : Jacques Audiard prophète en son pays


Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-02-28



 
La 35ème cérémonie annuelle des Césars du cinéma français a été la chronique d’un triomphe annoncé pour Un prophète, qui n’a raté que trois Césars (son, musique, costumes) sur les douze que le film pouvait remporter. Ce qui signifie donc qu’il en a gagné neuf, soit encore un de plus que le précédent film d’Audiard, De battre mon cœur s’est arrêté, il y a quatre ans. Pour égaler ou dépasser le record absolu du Dernier métro en 1981 (dix Césars), on conseillera donc vivement au réalisateur de féminiser un peu son univers…

Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure photo, meilleurs décors, meilleur montage et les trois Césars d’interprétation masculine… on peut dire qu’Un prophète triomphe autant sur ses qualités propres que sur une concurrence globalement assez planplan (malgré Resnais ou Giannoli), ne justifiant guère que sept films soient désormais nommés au lieu de cinq. Le triomphe d’Audiard n’est d’ailleurs peut-être pas fini car son film a, a priori, une chance sérieuse de s’imposer aussi dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger (réponse le 7 mars).
Si Niels Arestrup fait le "doublé Audiard" avec sa deuxième récompense comme meilleur second rôle après De battre…, la sensation vient évidemment du nouveau venu Tahar Rahim. Parce qu’il est le premier à cumuler à la fois les Césars du meilleur espoir masculin et carrément celui de meilleur acteur (pour les familiers avec la chose footballistique, un peu l’équivalent de l’Anglais Theo Walcott sélectionné par Sven-Göran Eriksson pour la coupe du monde 2006 sans avoir joué un seul match de Premier League avec son club, Arsenal !). Mais aussi par ses origines maghrébines. Je sais bien que ça fait tout de suite un peu frêcho-finkielkrautien de compter ainsi les Français "de souche" et deux "issus de l’immigration" mais, en l’occurrence, c’est plutôt une bonne nouvelle que le cinéma français, à son rythme (pas trépidant, on le lui reproche suffisamment), commence à ressembler un peu mieux à la société dont il est issu.

Le gang du "Prophète"
Le gang du "Prophète"

Il se trouve que Rahim a reçu ses premiers Césars le jour où, grâce à La Journée de la jupe, Isabelle Adjani a remporté son cinquième (pour huit nominations), ce qui en fait, de très loin, la plus primée des comédiennes françaises. D’une autre génération, Adjani raconte évidemment une autre histoire d’intégration, mais la coïncidence est troublante…
Comme presque toujours avec elle, son (long) discours de récipiendaire a d’ailleurs laissé assez perplexe. Tout comme son physique de plus en plus irréel, en fait une espèce d’hybride entre la plasticienne Orlan et Elizabeth Taylor (effet renforcé, s’agissant de cette dernière, par une surprenante choucroute) ! Son discours, réellement émouvant, ne masquait pas un certain ressentiment contre un milieu dans lequel elle semble de moins en moins trouver sa place. Mais la question qui se pose, c’est aussi quel rôle le cinéma (français ou autre) peut-il donner à une actrice de 54 ans qui semble encore vouloir nous dire qu’elle n’en a pas plus de 30 ? On a peine à le dire, mais il y a un côté "freak" chez elle, qui la rend évidemment fascinante (pas très loin non plus de la Norma Desmond de Sunset Boulevard *), mais grandement inadaptée aussi au cinéma du 21ème siècle…

Pour le reste, on est assez content de retrouver au palmarès des gens comme Emmanuelle Devos (meilleur second rôle féminin dans A l’origine), Riad Sattouf (meilleur premier film pour Les Beaux gosses), Serge Bromberg (meilleur documentaire pour L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot) ou l’increvable Clint Eastwood (troisième César du meilleur film étranger, pour Gran Torino).
On souhaite à Mélanie Thierry (César du meilleur espoir féminin (tardif ?) pour Le Dernier pour la route) de ne plus être confondue avec Mélanie Laurent et d’avoir la même carrière qu’elle (il est assez amusant de noter que, en dépit des apparences, la première est l’aînée de la seconde de deux ans !).
Enfin, on reste aussi énervé que perplexe par ce César remporté par le compositeur Armand Amar pour Le Concert. On n’a rien contre lui (à part que les films auxquels il a jusqu’ici collaborés ont plutôt tendance à nous indifférer), mais ce César traduit une telle méconnaissance de la musique de film (un tel mépris ?) de la part de la profession qu’on en est un peu découragé. D’abord parce qu’il semble qu'il faut qu’un film soit majoritairement musical pour que sa bande originale soit primée (ce qui est absurde). Et tant pis si la BO en question puise largement dans le répertoire, du fait du sujet même du film (Tchaïkovski, Khatchatourian, Mozart… ça assure, c’est sûr) ; l’excellent Vladimir Cosma (dont les musiques furent d’ailleurs une fois de plus largement mises à contribution lors de la cérémonie) n’a lui-même reçu des Césars que pour les musiques de Diva et du Bal (si c’est pas du foutage de gueule, ça…). Ensuite parce qu’Amar l’emporte aux nez et à la barbe de deux des plus brillants compositeurs français apparus ces quinze dernières années (Alexandre Desplat et Alex Beaupain) mais aussi de deux immenses "pointures" étrangères, l’Américain Cliff Martinez et l’Italien Nicola Piovani. Rien que pour ça, hier soir, moi, j’avais mal à la France…


* Gloria Swanson n’avait d’ailleurs que 51 ans quand elle fit ce spectaculaire retour, quelque peu autobiographique, sous la géniale caméra de Billy Wilder…




Share/Save/Bookmark 






Commentaires
De : mr_kenyatta

Rajoutons, pour ajouter à l'embarras du César d'honneur de mauvais goût à Harrison Ford que, sauf erreur de notre part, l'un des rares bons films de sa filmo ("Blade Runner") a tout simplement été oublié du montage retraçant sa carrière...

Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot Césars dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages





FERMER