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Césars 2009 : le triomphe du cinéma du miyieu |
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3 Césars pour Le Premier jour du reste de ta vie, 2 pour Il y a longtemps que je t’aime et surtout 7 pour le total outsider Séraphine, que personne n’avait vraiment vu venir… Le Club des 13 et son porte-parole Pascale Ferran font depuis quelques années l’éloge d’un cinéma français du milieu, fragilisé par l’évolution du modèle économique de la profession. Cette année, l’Académie des Césars semble en avoir fait une lecture bayrouiste : pour parler comme son Guignol, il s’agit ici davantage d’un cinéma du "miyieu", pas indigne mais pas vraiment incarné, de films qui ne sont guère porteurs de propositions réellement cinématographiques (on ne parle même pas d’un quelconque projet novateur). Films plutôt bien pensants et peu dérangeants, en somme. Est-ce d’ailleurs totalement le fait du hasard si, une fois n’est pas coutume, aucun discours de contestation politique n’est venu gâché la soirée de Christine Albanel et du gouvernement, alors même que les fronts de contestation ont rarement été aussi nombreux et aigus dans ce pays. Seul Pierre Pinaud en venant recevoir son César du meilleur court-métrage pour Les Miettes se permit de rappeler l’assistance à la réalité d’une situation sociale un brin désespérante, mais l’humoriste Julie Ferrier était là pour lui voler la vedette avec ses mimiques surjouées de potiche blondasse. Les miettes, c’est donc justement ce qu’il restait à la fois à un cinéma se coltinant un peu plus à la France d’aujourd’hui (1 César de consolation pour la seule Palme d’or française depuis 21 ans, Entre les murs, va comprendre, Charles…), aux plus hautes ambitions auteuristes (le seul Jean-Paul Roussillon consacré pour Un conte de Noël, mais on est sincèrement très content pour cet immense comédien) ou au(x) cinéma(s) de genre (3 Césars quand même pour le diptyque Mesrine). On le sait, le cinéma de genre est le grand perdant de ce type de cérémonie. Phénomène d’ailleurs en rien franco-français mais s’observant également depuis toujours à Hollywood, où le western ou le film noir (sans parler du fantastique et de ses dérivés) ont rarement eu droit de citer. De fait, sous ses atours démago-populistes, la énième polémique autour du décalage entre choix du public et choix de la profession s’étant cristallisée cette année autour de Bienvenue chez les Ch’tis ne manquait pas d’une certaine pertinence. La comédie à la Ch’tis, c’est aussi un cinéma de genre (a priori pas plus indigne qu’un autre) que la profession fait mine d’ignorer au profit, cette année, d’oeuvrettes qui ne fileront pas de complexe cinéphiles à Dany Boon… Allez, tout ne fut pas à jeter hier soir, entre le bel hommage de Vincent Cassel à son virevoltant papa, le bref mais joli plaidoyer de "MC Antoine de Caunes" pour la création d’un César du film d’animation (on ne savait pas que nos Lucie et Alexis à nous écrivaient les textes de de Caunes !) et surtout la consécration de deux des plus beaux films de 2008, quand même. On se permettra quand même de tiquer à l’évocation du mot "documentaire" à propos des malicieuses Plages d’Agnès Varda : l’autoportrait biographique est-il un genre documentaire ? A voir… Mais bon, Agnès avait l’air si sincèrement heureuse que ça nous a fait chaud au cœur et elle le mérite tellement ! Et on n’a pas pu réprimer un petit rictus de contentement en voyant Ari Folman remporter le César du meilleur film étranger pour Valse avec Bachir au nez, à la barbe et au film de celui qui l’avait snobé à Cannes, Sean Penn. A défaut de lui consacrer un César dédié, l’Académie ne répugne donc nullement à considérer le cinéma d’animation à part entière (après les deux Césars de Persepolis l’an dernier, dont celui du premier film), et, finalement, c’est peut-être mieux comme ça ?... PS : On est évidemment très content aussi de la récompense de Yolande Moreau tout en enrageant que ça ne soit pas pour Louise-Michel, dont on a bien compris qu’il n’avait pas l’ombre d’une chance dans le contexte néo-conservateur constaté lors de cette soirée… PS 2 : On s'en voudrait d'oublier de citer l'assez stupéfiant discours de Lambert Wilson, chargé de remettre le César de la meilleure actrice. Son éloge de ces actrices devant concevoir leur métier et leur destin de mère (le père lit le journal ou picole au bistrot pendant ce temps-là, probablement...) nous ramenait lui aussi à un autre siècle, mais on ne jurerait pas que c'était le 20ème.
Commentaires
De : The sound of Bornu Je crois surtout qu'il faut montrer du doigt ces filmicides patentés qui, sous couvert de "pourquoi on nous aime pas nous les gentils comiques populaires?" en arrivent ni plus ni moins (et invonlontairement) à flinguer plus encore l'expression cinématographique dans toute sa diversité !!! Et ça c'est 1 insupportable 2 intolérable 3 inqualifiable 4 t'ar ta gueule Daniel Boon ! Le cinéma populaire c'est 85% de toute la visibilité du cinéma aujourd'hui (affichage, médias, nombre de copies etc.) et voilà que sous prétexte qu'un truc aussi suranné que les Césars (qui coulent lentement mais surement de mon point de vue depuis que Canal PLus fait la pluie et le beau temps à l'Académie) ne récompensent pas des films "grand public" voilà que ca hurle aux loups (je ne parle pas de mon collègue et ami Cossardeaux que je salue ici) coté médiatique sur l'air du "c'est rien que des snobs qui méprisent le petit peuple" ? je dis gare je dis attention je dis beware !! Be aware en effet car en regardant le palmarès des deux éditions précédentes récompenses principales 2008 Meilleur film étranger : La Vie des Autres de Florian Henckel Von Donnersmarck Meilleur acteur : Mathieu Amalric pour Le Scaphandre et le Papillon Meilleure actrice : Marion Cotillard pour La Môme Meilleur film : La Graine et le Mulet de Abdellatif Kechiche, déjà au million d'entrées avant les césars on est loin de films obscures vus par personne sinon trois bigleux de parisien moitié végétarien moitié cocainomane !!!! celui de 2007 Meilleur film LADY CHATTERLEY de Pascale Ferran Meilleure actrice Marina Hands dans LADY CHATTERLEY Meilleur acteur François Cluzet dans NE LE DIS À PERSONNE Meilleur réalisateur Guillaume Canet pour NE LE DIS À PERSONNE Meilleure actrice dans un second rôle Valérie Lemercier dans FAUTEUILS D'ORCHESTRE Meilleur acteur dans un second rôle Kad Merad dans JE VAIS BIEN, NE T'EN FAIS PAS Meilleur premier film JE VOUS TROUVE TRÈS BEAU de Isabelle Mergault Meilleur film étranger LITTLE MISS SUNSHINE on est loin de films obscurs vus par personne sinon trois bigleux de parisien moitié végétarien moitié cocainomane !!!! On a là au contaire un palmarès équilibré entre conneries grand public (je pense au lourdingue fauteuils d'orchestre où le seul fait de gloire est que valérie lemercier a l'air de faire sa laurent baffie en piégeant Sidney POllack avec une caméra cachée sous l'oeil goguenard de danielle thompson), conneries arty (la graine et le mulet, grand succès public d'ailleurs tiens ah zut alors !), nunucheries pour abonné(e)s à DS et Jeunes et JOlies (je suis mort ne t'en fais plus), polar gonflé aux techniciens recrutés à prix d'or pour épauler le porte-nom (ne le dis à personne, film sympathique) et succès public (les deux films étrangers, sans parler des meilleurs premier films pour persepolis et je suis plus quoi)) sans parler de Marion Cotillard couronnée pour La Mome, grand succès là aussi C'est donc un mensonge d'affirmer , c'est même un crime quand ce postulat fallacieux est prétexte ensuite à toute une polémique/politique de stigmatisation de procédés soit disant iniques ! Faut quand même pas déconner ! De : mr_kenyatta Euuuh... mon propos n'était pas d'opposer films avec beaucoup d'entrées à films avec beaucoup moins. Je parlais plutôt du cinéma de genre, rarement célébré par les Césars (même si pas toujours célébrable non plus, surtout en France où l'on n'est pas toujours super fortiche dans ce domaine). Cela dit, oui, je maintiens que snober Dany Boon (ou un autre du même type) pour porter en triomphe des Martin Provost, Rémy Bezançon ou Philippe Claudel, bof bof, quoi... Après, en effet, ça ne reste que les Césars et j'aurais mieux fait de regarder France-Galles, tiens ! De : Kick out the bornu motherfucker Ah là en effet je comprends volontiers ton amerturme, pas vu un plus beau match depuis le quart de la coupe du monde contre les Blacks !! Antoine de Caunes a annoncé qu'il arrêtait sa carrière de réalisateur, fatigué de gaspiller de l'argent qui serait bien plus utile pour des premiers films (ou bien pour des gens comme Claude Miller par exemple qui ont un mal de chien à boucler un budget) ? De : Ishmael "Séraphine" n'est pas un film extraordinaire, mais Yolande Moreau y est vraiment fabuleuse et je ne dirais pas que c'est la pire victoire de cette cérémonie... Je n'ai pas vu "Louise-Michel", mais je ne sais pas si elle y tenait un rôle aussi intéressant et à ce point pivot. Je crois que mr kenyatta a un peu peur du retour de la "qualité française" :) Mais on va dire que la fibre auteur a été pas mal récompensé les cinq années précédentes... Pour ma part j'avais trouvé que "Séraphine" essayait un peu vainement de s'inscrire dans le cinéma de Ferrand, mais le film a eu un accueil presque équivalent du public. Les césars sont sans doute persuadé d'avoir fait un doublon en la matière. Quand au ciné de genre français, il est peu mirobolant en ce moment est très porté sur des genres extrêmes, donc il n'y avait guère que le Richet à porter le polar cette année. Perso je n'ai vu que "Séraphine" des sept nominés tant le cinéma héxagonal m'a peu attiré en 2008, j'ai pas le sentiment, peut-être à part le Cantet, d'avoir loupé quelque chose de grand et qui était fondamentalement supérieur au gagnant. Sinon à regarder la liste de tous les gagnants depuis le début, il y a beaucoup de comédies et quelques films de genres ("la balance", Jacques Audiard...)... surtout je trouve que ça reste mine de rien de plus haute tenue que les gagnants des oscars: http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sar_du_meilleur_film De : NOODLES séraphine, ange gardien :meilleur film ????? jlai vu à la télé en découpé style série, c'est pas top .... et j'avais pas remarqué qu'elle était peintre, putain ça sent l'embrouille, dany boon doit être ds le coup... ou ptet claude berri... 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