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Carte blanche à Jean-Pierre Bastid à la Cinémathèque française |
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Largement oublié des encyclopédies historiques du cinéma, l’écrivain, scénariste et cinéaste Jean-Pierre Bastid trace néanmoins son petit sillon d’un anarchisme fièrement revendiqué depuis près de 45 ans. Depuis la réalisation d’un vrai film maudit, Massacre pour une orgie (1966), polar érotique que Bastid avait dû produire sous pavillon luxembourgeois en raison d’irréductibles problèmes avec la censure gaulliste (qui ne rigolait pas vraiment), comme, quelques années plus tard, Barbet Shroeder devra le faire avec More. Détail amusant et qui situe bien l’esprit du personnage : Bastid avait signé ce film brûlot (et le suivant) du réjouissant et potache pseudonyme de Jean-Loup Grosdard… Le polar, globalement, c’est son truc, lui qui collabora plusieurs fois avec le "pape" français du genre, Jean-Patrick Manchette : pour le scénario de Salut les copines (1967), second long-métrage de Bastid aussi connu sous le titre de Les petites vicieuses, et pour un livre signé à quatre mains, Laissez bronzer les cadavres, qui ôta bien des complexes à plusieurs générations d’écrivains français du genre. ![]() Par la suite, Bastid signa pas mal de romans avec Michel Martens (ainsi que le scénario du Dupont Lajoie d’Yves Boisset) mais aussi, beaucoup plus surprenant, avec Charles Villeneuve, au début des années 90 ! Il faut croire qu’on a tous ses zones d’ombre ou bien faut-il y voir une nouvelle manifestation de la tentation "rouge-brun", dont le néo-polar français est régulièrement suspecté ?... Toujours est-il que l’œuvre (quasi invisible) de Bastid suscite au moins la curiosité, ainsi que le programme qu’il a concocté à l’invitation de la Cinémathèque française, qui regorge d’autres films plus ou moins confidentiels, où le plus connu est certainement Le Combat dans l’île, premier film d’Alain Cavalier (lui-même pas très facile à voir aujourd’hui). A raison d’une séance chaque vendredi soir du 12 mars au 7 mai, on aura la possibilité de découvrir plusieurs des films réalisés par Bastid lui-même mais aussi La Poupée, de Jacques Baratier, La Déroute et La Chevelure, d’Ado Kyrou ou le rarissime Claro, de Glauber Rocha. Jean-Pierre Bastid présentera bien évidemment chaque séance, accompagné de Jean-Pierre Bouyxou, éminent spécialiste des "déviances" cinématographiques en tous genres. Toute la programmation et les horaires sur le site de la Cinémathèque.
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