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Butcher Brothers - "The Violent Kind"

Sorties DVD
Posté par gee wee le 2012-01-09



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D'emblée, on peut présenter The Violent Kind comme un film qui va partager. D'un côté ceux qui aiment le mélange foutraque des genres et la proposition métacinéma qui en résulte, et ceux de l'autre qui n'y perçoivent qu'ambition mal placée et inconsistance.
La formule cependant est dangereuse, car elle tient de la manipulation. Présenter un film comme un film qui divise lui confère une aura immédiate, et crée le doute quand à sa qualité intrinsèque. En ces temps de post-modernité et donc de relativisme, rien de tel pour aguicher le cinéphile-bis qui se sent capable de trouver en tout film un tant soit peu bizarre un film culte caché. Et The Violent Kind n'est pas sans tenter de se donner cette image. Alors, quid ?




Il est difficile de ne pas voir dans The Violent Kind le syncrétisme horrifique qui opère. De l'horreur "bon marché" à la possession démoniaque, passant par la violence de gang et le fantastique métaphysique, The Violent Kind brasse quelques larges pans du cinéma bis. Cette diversité n'est parfois pas sans maladresse ni sans un certain formalisme expéditif. On va par exemple penser à Larry Clark pour les trois jeunes loubards ou à Rob Zombie pour leur côté "famille de dégénérés", on va penser à Sam Raimi pour la possession, etc. Mais ce ne sont là que "possibilités", portes que les Butcher Brothers se contentent d'esquisser sans vraiment les emprunter pleinement. D'où frustration.

Néanmoins la frustration est un ressort intéressant, car elle nous questionne sur ce qu'on attend d'un film, ce qu'on est capable d'en recevoir. De quoi s'agit-il ? De voir ce dont on a envie au risque de la tiédeur ou d'être bousculé, transporté, déplacé ? Les deux positions se conçoivent, il faut croire que les Butchers Brothers ont plutôt choisi la deuxième option, même si The VIolent Kind ne va pas en être une expression magistrale.
Il y a tout de même dans The Violent Kind au-delà de tout ce qu'il s'y passe, une sorte de programme qui se pose lentement, dans les plans, la photo, petit à petit. Tout comme on pose une première facette, une seconde, une troisième pour constituer un objet total à la fin. En cela, le projet des réalisateurs est "méta". A la manière de physiciens consciencieux, ils envoient à toute allure dans nos canaux perceptifs plusieurs films et attendent de voir quelles particules vont émerger de la collision ainsi provoquée.



 

Ce qui émerge, cela peut-il être autre chose qu'une simple sensation, un ressenti ? Certainement, cela ne sera pas une forme filmique figée, déterminée, encore moins un nouveau genre. Et les films ne sont pas les moins intéressants quand ils tâchent de travailler cette substance un peu impalpable qui baigne les genres et les formes qui nous conditionnent.
Il est agréable dans le film de lâcher prise et de se laisser balader d'un moment à un autre, d'être surpris et déplacé. Cela crée un mystère qui n'est pas sans tension. Le formalisme global du film rend peut-être les tensions plus "intellectuelles" qu'émotionnelles et questionne pour le coup l'attribution du "violent kind" du titre. Qui est violent ? Comment entendre ce "kind" qui devient polysémique lorsqu'on tente de le traduire en française. Type, espèce, sorte... Ca peut paraître bête à dire, mais le film existe sur ce glissement et transmet mine de rien, et par quelques images bien choisies, la tristesse d'une violence inéluctable.



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