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Bruno Podalydès – "Adieu Berthe (l’enterrement de mémé)"
Sorties salles
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Armand et Hélène, le couple de pharmaciens de Chatou d’Adieu Berthe formé de Denis Podalydès et Isabelle Candelier, ne sont pas les personnages interprétés par le même (toujours aussi formidable) duo de comédiens de Versailles Rive-Gauche (1992) et Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers) (1998). Mais ils pourraient (1), et l’on se prend plus d’une fois à se faire croire que le Versaillais Arnaud/Albert a finalement réussi à "conclure" avec Claire/Sophie, sans pour autant quitter ses chères Yvelines. Cette (fausse) impression de retrouver ainsi, quize ou vingt après, des personnages tant aimés ajoute évidemment énormément au charme déjà grand de la dernière comédie de Bruno Podalydès. Elle lui confère surtout un intense pouvoir d’émotion, décuplé par le fait que leur couple ne va pas très fort. La vie et les années ont passé, qui n’ont pas usé tous les sentiments liant Armand à Hélène, mais ont probablement installé cette petite routine donnant parfois envie d’autre chose. Pas "à la place de", mais "à côté de". Car si Armand partage bien un trait de caractère avec l’Albert Jeanjean de Dieu seul me voit, c’est bien l’indécision… ![]() Isabelle Candelier et Denis Podalydès
Indécision à choisir vraiment entre Hélène, son épouse habituée à son irrésolution chronique, et Alix, sa maîtresse (Valérie Lemercier) qui, décidément, ne s’y fait pas, à abandonner l’une pour l’autre. Mais aussi irrésolution devant les choix à faire suite à l’événement familial qui ouvre le film : la mort de sa vieille mémé Berthe. Inhumation ou crémation ? L’entreprise de pompes funèbres ultra high tech de Charles Rovier-Boubet (grandiose Michel Vuillermoz) ou celle, résolument branquignolesque, de l’irrésistible tandem Bruno Podalydès / Samir Guesmi ? Cette suite de non-choix met évidemment notre anti-héros dans une suite de situations compliquées, propices aux quiproquos, qui sont souvent le ferment des comédies réussies. Et si les frères Podalydès semblaient s’être égarés dans une imitation d’un mauvais Bertrand Blier avec Bancs publics (Versailles Rive-Droite), ils reviennent ici à un univers qui leur est plus familier, sans doute aussi plus balisé, mais dans lequel ils sont surtout bien plus convaincants. Adieu Berthe passe ainsi constamment, non pas du rire aux larmes, mais de la franche rigolade à de jolis moments d’émotion plus mélancoliques, parfois presque graves. On pense au séjour d’Armand et Alix dans la chambre qu’occupait la défunte mémé Berthe et à la découverte de son amour de jeunesse pour un magicien volage. Ou bien au dialogue difficile d’Armand avec son grand ado de fils. ![]() Denis Podalydès et Valérie Lemercier
Mais c’est incontestablement ses moments de comédie qui emportent le morceau, dont certains sont appelés à faire date, comme les appels téléphoniques aux compagnies de pompes funèbres, la visite de celle de Rovier-Boubet (d’une loufoquerie hilarante) ou les dialogues assez lunaires entre les deux frères Podalydès. On ne dira d’ailleurs jamais assez à quel point Bruno est également un excellent comédien, comme il l’avait du reste déjà montré dans ses propres films (Liberté-Oléron, en particulier). Le film est émaillé de vraies trouvailles de dialogues (Haroun Taziouff !) aussi bien que de mise en scène. L’engueulade déjà culte entre Denis Podalydès et Valérie Lemercier dans le cimetière vaut ainsi autant par la soudaine crudité des dialogues que par l’adjonction de la présence muette de Noémie Lvovsky en veuve éplorée et collante. Même une scène que l’on pouvait craindre casse-gueule et convenue comme la visite à la maison de retraite de mémé convainc par son ton décalé, poétique et bienveillant mais pas mièvre pour autant. Adieu Berthe n’est pas un film "générationnel" comme Dieu seul me voit a pu l’être, ni peut-être aussi "ambitieux" que la trilogie versaillaise. Mais des comédies françaises populaires (2) aussi bien écrites, on en redemande chaque semaine. (1) Particulièrement Denis Podalydès, dont le prénom des personnages qu’il interprète dans ces trois films commencent toujours par la même lettre A (Arnaud, Albert et donc Armand… auxquels on peut d’ailleurs ajouter l’Aimé de Bancs publics (Versailles Rive-Droite)). Ce qui n’est pas le cas dans Liberté-Oléron (il s’y prénomme Jacques), qui entretient d’ailleurs un rapport beaucoup moins étroit avec Adieu Berthe). (2) Entendons par là vraiment susceptible de plaire à un public très large. Retrouvez d'autres articles sur Bruno Podalydès : Bruno Podalydès - Dieu seul me voit -Version interminable- Bruno Podalydès - Bancs-Publics (Versailles rive droite) Des places à gagner pour "Adieu Berthe - l’enterrement de mémé", le nouveau film de Bruno Podalydès
Commentaires
De : Florence OK pas désagréable, quelques bonnes idées de mise en scène, mais globalement, c'est quand même mineur ! un peu plan plan.... un peu usé.... l'éternel trio femme maîtresse mari n'est pas tellement renouvelé. Peut être que l'indécision à 25 ans, c'est plus drôle qu'à 50 ! en tout cas, hormis quelques trouvailles poétiques dans la mise en scène, c'est un film qui ne se foule pas trop. Parfois lorgnant du côté de Woody Allen (notamment SCOOP) (les scènes du magicien, le thème de la mort, l'homme indécis partagé entre deux femmes) mais jamais ne l'atteignant. C'est là qu'on voit que W Allen est grand, assez souvent. Dans "adieu Berthe" pas assez de tragique, c'est trop léger, trop "j'y touche mais pas trop". pas une once de désir dans un film où un homme hésite entre deux femmes ! ben faudrait voir à se réveiller les gars ! De : gnesgnes69 C'est soporifique ....lent,malgré valerie lemercier..... De : Le sortilège du disque de scorpions de bornu L'indécision est peut être un thème lié à Woody Allen mais tous les films de podalydès y sont rattachés. D'autre part le thème du "magicien" était déjà à l'oeuvre dans la série des Rouletabille. Faut-il toujours ramener à Woody Allen dés qu'il est question d'un cinéma bavard et poético-réaliste ? ET les derniers films du monsieur en passant ils sont si exemplaires que cela ? De : Cyril C. Je ne jugerai pas "Scoop", m'étant endormi bien avant la fin... De : jacques d. Woddy Allen ? Celui qui dirige une agence de voyages ? L'éditeur d'un guide touristique ? L'Agence Havas des abonnés à Télérama ? De : noodles wouah le match allen-poda me semble hors sujet.... c pas du tout le meme registre.... et ouais scoop est un tout petit truc De : La belle au bois Bornu Légère déception pour ma part en grande partie à cause d'une histoire qui tourne sur elle-même en quelque sorte sans savoir où aller, la poésie/comédie s'est diluée dans une mélancolie névrotique potentiellement attachante mais qui manque ici de force :( Film "sympathique" au final, bien au dessus des deux premiers segments de "Bancs Publics" mais moins intéressant que le dernier, le meilleur semble derrière malheureusement De : Florence Le problème aussi, c'est que comme dans beaucoup de cas aujourd'hui dès qu'un film fait un peu rire, toutes les bonnes blagues qui font rire, si vous écoutez la radio trois fois par semaine, regardez la télé itou et voyez la bande annonce, ben... vous les connaissez toutes ! je ne sais pas pour les autres films - je mets à part Liberté Oléron, film drôle et flippant- (j'ai un lointain souvenir de "Dieu seul me voit") mais ce film là est en dessous. Et Woody quand même les gars, c'est pas rien ! Même SCOOP plutôt mineur en effet, est meilleur que Adieu Berthe ! De : Blanche Neige et les 7 Bornus Si on remplace Owen Wilson par Frederic Diefenthal dans midnight in paris ca donne un téléfilm du mercredi soir sur france 2 hein. Et je soupçonne fortement qu'en remplacant Ornella Mutti par Cécile Simeone cela fasse la même chose pour le dernier sur Rome. "Dieu seul me voit" reste clairement au-dessus entre légéreté et comique de situation, les seconds rôles y sont remarquables également, un vrai petit bijou De : J'aime beaucoup "Dieu seul me voit" que je crois le meilleur de tous en fait. Et sinon, ah non pour Woody Allen : Midnight in Paris, resterait toujours une jolie promenade féérique dans Paris, pleine de charme, de poésie. Ce film candide m'a vraiment fait du bien (nettement plus que Scoop qui est faiblard et ennuyeux). Et la photo y est très belle. De : Olivier R. Le comm d'avant c'était moi. Insérer un commentaire : |
