Vous savez comment on est, à Culturopoing : rien de ce qui stimule la libido ne nous est totalement indifférent.
C'est vous dire notre peine en apprenant aujourd'hui la disparition, à 85 ans, de Bettie Page, qui incarna, mieux qu'aucune autre, LA pin-up chérie des fétichistes, pour ses tendances sado-maso et bondage, foutrement osées pour l'époque (les 50's ultra wasp).
Comme Lili St.Cyr ou Gypsy Rose Lee, elle renouvela considérablement l'art du "burlesque" du début du siècle pour le réinventer en strip-tease. Longtemps, si longtemps avant l'invention de YouTube, leurs effeuillages firent les fortunes des cabarets (plus ou moins louches) dans lesquels elles se produisaient mais aussi des marchands de projecteurs super 8, dont les clients s'échangeaint leurs petits films sous le manteau.
Art du strip-tease évidemment largement tombé en désuétude au fur et à mesure de la libéralisation des moeurs, d'une représentation plus frontale de la nudité et de la sexualité et du développement de la presse de charme... auquel Bettie (aussi appelée parfois Betty) contribua généreusement en étant l'une des toutes premières playmates de Playboy (en janvier 1955, soit à plus de 30 ans passés... un truc inimaginable aujourd'hui) ! Art qu'une Dita Von Teese essaie aujourd'hui de ranimer mais pour un public évidemment bien plus bobo que populaire, compte tenu des tarifs pratiqués (n'évoquons pas ici Arielle Dombasle, merci).
D'où elle est désormais, Bettie vous souhaite quand même un joyeux Noël !
L'univers visuel de Bettie Page était néanmoins le plus puissant, le plus transgressif aussi, qui inspira profondément toute une frange du rock'n'roll (les Cramps, pour ne citer que ceux-là, cf. la vidéo plus bas).
Elle eut droit à deux biopics curieusement consécutifs, il y a quelques années : Bettie Page : Dark angel, en 2004, où elle était incarnée par l'actrice de X Paige Richards, connue comme une de ses imitatrices, et The Notorious Bettie Page, en 2005, où l'un peu plus réputée Gretchen Mol (aussi blonde que Bettie était brune !) tenait son rôle.
Assez salé quand même pour l'Amérique puritaine des 50's...
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