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Andrzej Wajda - "Katyn"

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Posté par Guillaume Bryon le 2009-04-13



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Wajda fait un peu partie de ces cinéastes qui ont évolués dans des régimes politiques durs à des moments charnières, et qui ont eu grand rôle à jouer dans la renaissance de leurs cinématographies nationales. Souvent (on pourrait prendre aussi l'exemple de Carlos Saura ou de Zhang Yimou) l'évolution de leurs carrières révèle un dépassement par quelques modernes notables ainsi qu'un glissement progressif vers une forme de plus en plus figée et convenue. Katyn en est un parfait exemple. Au niveau de la photographie et de la musique on est confronté à une vraie caricature de "l'école polonaise": ses ombres et brouillards, ses tons bleutés et ses violons sont de rigueur pour une mise en scène très solennelle et sans grande inspiration. Caméra portée sèche et frontale pour les séquences les plus dramatiques, mais plus posée pour les moments hors front et d'investigation: il est rare de trouver ici une composition un peu originale, une idée de plan qui dénote vraiment. Ancien résistant pendant la seconde guerre mondiale et opposant au régime communiste, Wajda traite de Katyn pour la seconde fois après un moyen métrage en 1982. Cela le touche directement, et le film est dédié à ses parents. C'est un sujet dur et passionnant que ce charnier de plus de 20 000 hommes: à la fois fauchage des forces vives et intellectuelles du pays (officiers, ingénieurs, médecins...), ce fut aussi une lutte pour la vérité historique face à une intense propagande attribuant ce massacre soviétique aux nazis. Malheureusement Wajda traite l'ensemble avec un didactisme typique d'un certain cinéma historique. Le récit est réduit à quelques personnages chargés et stéréotypés, et les passages d'un point de vue à un autre sont parfois d'une cohérence aléatoire. Ainsi il choisit finalement de montrer froidement le massacre en prenant le prétexte d'une relique de journal intime découvert, qui ne correspond pas hélas à la narration sous nos yeux. Ce sont des vieilles facilités dont le film est trop fournis. Le problème étant aussi que Wajda joue sur deux tableaux: la lutte contre la propagande et la réécriture de la vérité (le plus intéressant à la limite dans le traitement), et l'ouvrage mémoriel commémoratif, qui a vraiment du mal à s'insérer, surtout dans un montage aussi resserré que celui-ci. Dommage, car même s'il est difficile de douter de la sincérité de l'auteur, tout cela mériterait vraiment une autre audace.




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