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Alejandro González Iñárritu – "Biutiful" (avant-première)

Sorties salles
Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-10-13



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Un personnage principal, divorcé d’avec une femme bipolaire, à qui on annonce dans la première scène du film qu’il est atteint d’une maladie incurable. Des immigrés clandestins africains et chinois travaillant dans les pires conditions de précarité dans le quartier le plus populaire de Barcelone. La crasse et la misère à peu près partout…
Depuis ses spectaculaires débuts (Amours chiennes, 2000), on sait bien qu’il ne faut pas trop compter sur Alejandro González Iñárritu pour faire revivre l’esprit des comédies bulles de champagne de la Paramount des années 30. Mais avec Biutiful, il pousse le bouchon du pathos là où nombreux seront probablement ceux qui ne voudront pas aller. On peut ne pas leur en donner tort mais, pourtant, ce film est réellement l’un des plus poignants et bouleversants vus depuis longtemps.

Javier Bardem, Hanaa Bouchaib et Guillermo Estrella dans "Biutiful"
Javier Bardem, Hanaa Bouchaib et Guillermo Estrella

Du coup, il en devient un objet d’analyse aussi fascinant que déroutant. Qu’est-ce qui fait que nous prend aux tripes un film qui pourrait si facilement s’avérer un chantage aux émotions insupportable ?
C’est assez difficile à définir, encore plus avec des arguments objectifs. Alors utilisons l’un des plus subjectifs qui soient : la sensation que, avec Biutiful, le cinéma d’Iñárritu n’a jamais été aussi sincère.
D’abord, peut-être parce qu’il n’a jamais été aussi "simple". Finies les constructions scénaristiques complexes où des personnages sans lien apparent finissaient par participer à un destin commun. Avec Babel, édifice artificiel que le brio de la mise en scène ne compensait pas toujours, le cinéaste mexicain a manifestement senti qu’il s’engageait dans une impasse et dans un cinéma de procédé. S’attacher du début à la fin à un seul personnage multipliait les chances d’identification et d’empathie de la part du spectateur. Il garantissait surtout d’en faire un véritable être humain, avec sa grandeur et ses lâchetés, et pas seulement une marionnette au service d’un récit trop virtuose.

Avec Javier Bardem, Iñárritu a trouvé le comédien idéal, qui n’a pas remporté par hasard un prix d’interprétation à Cannes où Biutiful aurait pu prétendre à beaucoup mieux.
Mais comme le cinéaste ne renonce pas pour autant à porter un vrai regard sur le monde contemporain et particulièrement sur les conséquences de sa mondialisation ("le monde est devenu mondial", comme dirait l’autre), le personnage d’Uxbal est aussi pour lui l’instrument d’un discours. La force de ce discours est néanmoins de rester à sa place, de toujours laisser le primat aux personnages, de ne jamais exiger de la mise en scène d’en rabattre sur ses ambitions.
Le monde va mal, ce n’est pas Biutiful qui nous dira le contraire. Même lorsque l’on cherche à améliorer un peu le quotidien des plus démunis que nous, de les sortir un peu de leur détresse, on ne fait ainsi qu’alimenter un système économique qui ne prospère que sur la pauvreté et la précarité de ses travailleurs.

Maricel Alvarez et Javier Bardem dans "Biutiful"
Maricel Alvarez et Javier Bardem

C’est le versant social de Biutiful, que certains (probablement les mêmes que ceux du début de cette critique) trouveront démagogique et forcé (il est vrai que Ken Loach, en comparaison, c’est les Teletubbies). Reproches déjà régulièrement adressés aux frères Dardenne et, de fait, Biutiful peut aussi être vu comme un pendant masculin de Rosetta ou du Silence de Lorna, la relation s’installant entre Uxbal et Igé, la Sénégalaise séparée de force de son mari, rappelant également La Promesse (l’immigrée étant ici celle qui promet de veiller sur le sauveur/exploiteur).
Il y a deux autres versants au film, qui lui donnent sa vraie force émotionnelle. Un aspect fantastique, puisqu’Uxbal est aussi medium et, moyennant finance (toujours cette idée que, la détresse d’autrui, ça nourrit son homme…), se fait l’interprète des derniers messages que de frais décédés souhaitent faire passer à leurs proches. La métaphore du double passeur (d’âmes et de travailleurs clandestins) n’est pas la chose la plus subtile du film et cette dimension du personnage principal n’est peut-être pas suffisamment exploitée.
Et puis il y a surtout un aspect familial. Uxbal est un père, aussi, et Biutiful est très beau quand il traite de cette question de la transmission, quand on n’est pas l’homme qu’on aurait voulu être pour ses enfants, quand on s’angoisse de la trace que l’on va laisser chez eux quand, bientôt, on ne sera plus là, de ce qu’ils vont devenir, également, après notre départ, de la culpabilité que l’on a à les abandonner si vite dans un monde qui ne fait aucun cadeau.
C’est dans ces moments-là que Biutiful atteint à l’universalité de son propos et qu’il peut d’ores et déjà prétendre aux palmarès-bilans de fin d’année.

Sortie nationale le 20 octobre 2010


Inexplicable bande-annonce en anglais (alors que le film est évidemment en espagnol) ! Si vous la trouvez mauvaise (et vous avez raison), rassurez-vous, elle ne rend pas justice au film :


BIUTIFUL : BANDE-ANNONCE VOST HD
envoyé par baryla. - Les dernières bandes annonces en ligne.




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