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Aktan Arym Kubat – "Le Voleur de lumière"

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2011-03-14



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A l’heure où tant de cinéastes érigent leurs films en outil de promotion de leur propre marque d’Artiste, le réalisateur du Voleur de lumière semble assez loin de ces préoccupations et prend le risque de ne pas "capitaliser" sur son statut auprès de ceux qui auraient vu et aimé Le Fils adoptif (1998) et Le Singe (2001). Ces films étaient signés Aktan Abdykalikov, mais il s’agit bien du même homme qui nous propose aujourd’hui Le Voleur de lumière, sous le nom d’Aktan Arym Kubat, Arym correspondant au prénom de son père biologique, Kubat à celui de son père adoptif.
Le film porte une trace de cette modestie d’auteur (qui n’est pas un effacement pour autant puisque, en en jouant le personnage-titre, Arym Kubat y est de toutes les scènes). Cette modestie fait le charme du film et en marque aussi, corollaire presque inévitable, ses limites.

La réussite du Voleur de lumière tient pour beaucoup à Arym Kubat comédien et à sa bonne bouille pleine de bonté malicieuse, qui nous rappelle volontiers le Kitano débonnaire d’il y a une quinzaine d’années, mais un Kitano dont on n’aurait pas à se demander ce que ses sourires dissimulent de mauvais coups.
La dramaturgie est assez lâche, les situations davantage esquissées plutôt que poussées à leur paroxysme, au rythme de ce que l’on imagine volontiers être celui d’un village de la campagne kirghize. C’est le charme d’un tel film que de nous donner aussi des nouvelles d’un pays dont la plupart d’entre nous ne savent à peu près rien : c’est peu dire que les récents soulèvements populaires y ayant chassé du pouvoir Askar Akaïev en 2007 (ce que l’on a appelé la "révolution des tulipes"), puis Kourmanbek Bakiev en 2010 ont moins fait la une ici que les récentes révolutions tunisienne, égyptienne ou même ukrainienne (la "révolution orange" de 2004). Le Voleur de lumière peut être vu comme un film politique, mais vu du peuple, loin du tumulte des émeutes de la capitale (les manifestations anti-Akaïev n’apparaissent qu’en toile de fond, à la télévision), en observant plutôt concrètement ce que les grandes évolutions politiques d’un pays, ayant vécu plus d’un siècle sous le joug russe puis soviétique, changent dans la vie quotidienne de ses habitants.

Aktan Arym Kubat dans "Le Voleur de lumière"
Aktan Arym Kubat

Svet-ake ("Monsieur Lumière"), comme tout le monde l’appelle dans son village, est un employé de la compagnie d’électricité un peu trop compréhensif envers ses "clients" aux yeux de sa direction : si les gens n’ont pas les moyens de payer leur facture, il les relie quand même au réseau électrique, comme une sorte de Robin des bois moderne. Son grand projet, surtout, c’est de construire une éolienne qui tirerait profit du vent apporté par les montagnes toutes proches et alimenterait entièrement le village. Pour autant, il n’a rien d’un idéologue anti-capitaliste ou altermondialiste et est tout prêt à collaborer avec cet oligarque qui semble petit à petit "acheter" le village (décidant par exemple de qui en sera le nouveau maire) avec ses manières de nouveau riche (4 x 4, gardes du corps…) que l’on imagine assez typiques de la région.
C’est l’une des autres vertus du film que de nous faire un portrait assez balancé de ces nouveaux "maîtres" du Kirghizistan, qui, comme la mafia (dont ils font partie ?), sont là pour faire du business sans états d’âme (ici, avec des investisseurs chinois) mais contribuent aussi, ainsi, à assurer le développement économique de leur communauté. Au prix, évidemment, de sa dépendance à leur toute puissance…

Cet aspect plus politique du film prend plus d’importance dans sa seconde partie, en même temps que le rôle dévolu au nouveau "parrain" du village ; peut-être d’ailleurs aurait-il gagné à rester plus allusif… Car on aime bien aussi le temps des scènes plus intimistes, moins narratives, entre Svet-ake et sa femme ou ses enfants, empreintes d’une humanité que l’on devine sans peine être aussi celle celle d’Aktan Arym Kubat lui-même.






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