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Adam Elliot – "Mary and Max"
Sorties salles
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À l’heure où la 3D envahit le cinéma d’animation, les Australiens se démarquent, s’avançant loin des sentiers spectaculaires pour rejoindre des thèmes beaucoup plus pragmatiques : Après Le sens de la vie pour 9.99$ de Tatia Rosenthal, proche de l’ambiance du film de Marwan Hamed l’immeuble Yacoubian, et où l’onirisme restait très présent, Mary and Max s’ancre un peu plus dans notre quotidien, en s’inspirant d’une histoire vraie, celle de son auteur : Adam Elliot. Au cœur de son travail : la volonté de rendre hommage aux marginaux et aux exclus, aux avortons et autres sociopathes chroniques. ![]() Adoptant des méthodes d’animations simples, il développe une narration habituellement destinée au cinéma « vivant ». Ses histoires, en acquérant une dimension humaine, en deviennent ainsi plus adultes et plus proches de nous. Ses personnages, à la fois dramatiques et naïfs, attirent avec un flegme résigné tous les malheurs qui viennent à passer. Chacun de ses récits, conduit par la voix d’un narrateur conciliant, se construit comme une biographie laconique, où humour et pathos se rejoignent, formant une essence de vie condensée de nos propres traumas. Dans Mary and Max ce narrateur est suppléé par la voix de la petite Mary, habitante d’une banlieue paumée de Melbourne, et de Max, un quinquagénaire obèse atteint du syndrome d’Asperger, reclus dans la ville grise de New York. Ces deux solitudes vont se rencontrer par un hasard opportun, et entameront une correspondance qui durera plus de vingt ans, sans jamais se voir. Leurs seuls points communs : le chocolat et les noblets… Cette histoire d’amitié improbable est agrémentée de détails loufoques et de personnages doux-dingues, du père de Mary, taxidermiste à ses heures perdues, à Mister Alfonso Ravioli, l’ami imaginaire de Max ; de la mère de Mary, imbibée de thé au Cherry, à Hal, le chat à l’haleine fétide… Une galerie de portraits drôles et pathétiques, évoluant dans une routine tracée d’avance. ![]() Adam Elliot lui-même a correspondu pendant des années avec un homme atteint de la maladie d’Asperger, et ses questionnements sur l’incommunicabilité découlent de son propre vécu : Syndrome de la Tourette, folie, alzheimer… Il creuse ces expressions du mal-être avec une empathie qui les rend tangibles, sans jamais sombrer dans le misérabilisme : il n’y a pas de happy end dans ses films, mais juste la vie telle qu’elle est, avec ses drames et ses joies, et ses protagonistes maladroits… Le mime pourrait-être la figure emblématique de son cinéma, tant ses personnages semblent ne jamais trouver la clef qui mène au monde extérieur. Attaché aux détails chromatiques, aux objets, et à la musique, le travail est précis et réfléchi, disparaissant dans une atmosphère homogène et ouatée, regroupant les solitudes et amenant spectateur et anti héros à apprécier les subtils bonheurs qui surviennent parfois sans crier garde. Adam Elliot, dont le court-métrage Harvy Krumpet avait été classé parmi les 100 meilleurs films d’animation par le festival d’Annecy en 2006, réussit brillamment le passage du court au long, tout en restant fidèle à son univers. Sundance, le festival de Berlin et celui d’Annecy ont salué ce nouvel opus d’une seule voix, car cette histoire universelle devrait séduire une audience en quête d’une fantaisie naïve et tendre, sans aucune limite d’âge. ![]() Sortie en salles le 30 septembre 2009 Retrouver d'autres textes de cet auteur sur Le Singe hurleur
Commentaires
De : BMR Moralité : on ne choisit ni sa famille, ni son héritage génétique. Acceptons nous tels que nous sommes, cela nous aidera à nous accepter les uns, les autres. Ou encore : on ne choisit pas sa famille et il n'est pas facile de se faire des amis ... Après le bipolaire mythomane de The informant, après l'alcoolique du Dernier verre, le cinéma de la rentrée a mal à la tête ... Insérer un commentaire : |
