bandeau

 





 Rob Epstein & Jeffrey Friedmann - "Howl"

 Abel Ferrara - "Go go tales"

 "El Chino" - Sebastián Borensztein

 Larry Fessenden - "The last winter".

 Gok Kim et Sun Kim- White : the melody of the curse

 Entretien avec Ricardo Darín pour la sortie de "El Chino" de Sebastián Borensztein le 08/02/2012

 Mort du comédien Ben Gazzara

 Bob Rafelson - "Five Easy Pieces"

 Vintage Classics, première salve 2012 : du mystère, de la passion, de l'aventure !

 Tony Kaye - "Detachment"

 Naomi Kawase - "Hanezu"

 Sherlock Holmes, Jeu d'ombres - Guy Ritchie

 Pour une poignée de nanars avec Bach films : science-Fiction des années 50

 Entretien avec Mathieu Demy autour de la sortie d'Americano

 « Est-ce ainsi… Révolutions » pour les 12èmes journées cinématographiques dionysiennes

 Video kills the radio star: "Talk Radio" d'Oliver Stone.

 Leïla Kilani - "Sur la planche"

 Jean-Pierre Denis - "Ici-Bas"

 Millenium - David Fincher

 David Cronenberg - "Faux-semblants" (Blu-Ray)

Tous les articles Cinema

Cinema

Adam Elliot – "Mary and Max"

Sorties salles
Posté par Marion Oddon le 2009-09-27



Image principale
Ouvrir
 
À l’heure où la 3D envahit le cinéma d’animation, les Australiens se démarquent, s’avançant loin des sentiers spectaculaires pour rejoindre des thèmes beaucoup plus pragmatiques : Après Le sens de la vie pour 9.99$ de Tatia Rosenthal, proche de l’ambiance du film de Marwan Hamed l’immeuble Yacoubian, et où l’onirisme restait très présent, Mary and Max s’ancre un peu plus dans notre quotidien, en s’inspirant d’une histoire vraie, celle de son auteur : Adam Elliot. Au cœur de son travail : la volonté de rendre hommage aux marginaux et aux exclus, aux avortons et autres sociopathes chroniques.


Adoptant des méthodes d’animations simples, il développe une narration habituellement destinée au cinéma « vivant ». Ses histoires, en acquérant une dimension humaine, en deviennent ainsi plus adultes et plus proches de nous. Ses personnages, à la fois dramatiques et naïfs, attirent avec un flegme résigné tous les malheurs qui viennent à passer. Chacun de ses récits, conduit par la voix d’un narrateur conciliant, se construit comme une biographie laconique, où humour et pathos se rejoignent, formant une essence de vie condensée de nos propres traumas.

Dans Mary and Max ce narrateur est suppléé par la voix de la petite Mary, habitante d’une banlieue paumée de Melbourne, et de Max, un quinquagénaire obèse atteint du syndrome d’Asperger, reclus dans la ville grise de New York. Ces deux solitudes vont se rencontrer par un hasard opportun, et entameront une correspondance qui durera plus de vingt ans, sans jamais se voir. Leurs seuls points communs : le chocolat et les noblets… Cette histoire d’amitié improbable est agrémentée de détails loufoques et de personnages doux-dingues, du père de Mary, taxidermiste à ses heures perdues, à Mister Alfonso Ravioli, l’ami imaginaire de Max ; de la mère de Mary, imbibée de thé au Cherry, à Hal, le chat à l’haleine fétide… Une galerie de portraits drôles et pathétiques, évoluant dans une routine tracée d’avance.


Adam Elliot lui-même a correspondu pendant des années avec un homme atteint de la maladie d’Asperger, et ses questionnements sur l’incommunicabilité découlent de son propre vécu : Syndrome de la Tourette, folie, alzheimer… Il creuse ces expressions du mal-être avec  une empathie qui les rend tangibles, sans jamais sombrer dans le misérabilisme : il n’y a pas de happy end dans ses films, mais juste la vie telle qu’elle est, avec ses drames et ses joies, et ses protagonistes maladroits… Le mime pourrait-être la figure emblématique de son cinéma, tant ses personnages semblent ne jamais trouver la clef qui mène au monde extérieur.

Attaché aux détails chromatiques, aux objets, et à la musique, le travail est précis et réfléchi, disparaissant dans une atmosphère homogène et ouatée, regroupant les solitudes et amenant spectateur et anti héros à apprécier les subtils bonheurs qui surviennent parfois sans crier garde.

Adam Elliot, dont le court-métrage Harvy Krumpet avait été classé parmi les 100  meilleurs films d’animation par le festival d’Annecy en 2006, réussit brillamment le passage du court au long, tout en restant fidèle à son univers. Sundance, le festival de Berlin et celui d’Annecy ont salué ce nouvel opus d’une seule voix, car cette histoire universelle devrait séduire une audience en quête d’une fantaisie naïve et tendre, sans aucune limite d’âge.




Sortie en salles le 30 septembre 2009



Retrouver d'autres textes de cet auteur sur Le Singe hurleur





Share/Save/Bookmark 


Commentaires
De : BMR

Moralité : on ne choisit ni sa famille, ni son héritage génétique. Acceptons nous tels que nous sommes, cela nous aidera à nous accepter les uns, les autres.
Ou encore : on ne choisit pas sa famille et il n'est pas facile de se faire des amis ...
Après le bipolaire mythomane de The informant, après l'alcoolique du Dernier verre, le cinéma de la rentrée a mal à la tête ...

Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot thèmes dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages





FERMER