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A la mémoire de Marcel Mazé, flambeau de l'avant-garde |
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![]() Marcel Mazé, programmateur, cinéaste, photographe et fondateur du Collectif Jeune Cinéma s’est éteint à Paris le 14 février 2012.
Né à Brest en 1940 et juriste de formation, Mazé commence à travailler à l’Agence France Presse, tout en développant une activité comme sélectionneur au Festival de Jeune Cinéma à Hyères, à partir de 1970. Il fut, entre 1973 et 1983 (date de la fin du festival) le délégué général de la section Cinéma différent : les films qu’il sélectionna forment un corpus inégalé à ce jour. ![]() Sa rencontre, à la même époque, avec Jonas Mekas (photo ci-dessus), lui inspire la création d’un collectif fonctionnant sur les mêmes principes que la New York Filmmaker’s Coop : le Collectif Jeune Cinéma. Sous cette même appellation, un groupe, initié par Marcel Mazé, fonctionnait déjà dès le mois de juin 1970. Mazé, de par sa formation juridique, devint l’administrateur de la revue Cinéma 9, fondée avec des amis, en 1969 (et qui eut environ un an d’existence), et couvrit, comme rédacteur, le Festival d’Hyères 1970 pour elle. Il proposa, alors, au président, Maurice Périsset, de présenter des séances de films du Festival d’Hyères à Paris. Périsset, qui avait besoin de correspondant à Paris, accepta. En créant la revue Cinéma 9, Mazé souhaitait, aussi, que cette dernière puisse intégrer dans ses activités la programmation. Il se lance, seul, dans l’aventure. Rapidement, une bande de fidèles dont Noël Burch, Luc Moullet, Raphaël Bassan, Jean-Paul Dupuis, Dominique Noguez, Patrice Kirchhofer, Gérard Courant et d’autres, viennent étoffer l’équipe. Des tentatives d’organiser une coopérative avaient été faites avant, en France, mais il manquait à ces pionniers (Piero Heliczer, à Paris; Philipe Bordier à Bordeaux) la pugnacité et le sens de l’organisation de Mazé. Ainsi, en 1971, le groupe de Marcel devient la première coopérative de diffusion du cinéma différent et expérimental français. Si, tout au long de ses quarante ans d’existence, beaucoup de personnes se sont investies dans la vie et le fonctionnement du Collectif Jeune Cinéma, Marcel Mazé fut le seul à y consacrer sa vie. A chaque instant, en parlant, en mangeant, il parlait du Collectif. Possédant près d’un millier de films français et du monde entier, le CJC continue une activité foisonnante aux côtés d’autres coopératives nées depuis lors. Il développe, en outre, le seul festival parisien consacré à l’avant-garde, le Festival des Cinéma différents de Paris. Pour les quarante ans du CJC, deux entretiens ont été réalisés avec Marcel Mazé dans Bref, le magazine du court métrage n° 100 (en français) et par l'artiste australienne Viviane Vagh, sur le webzine australien Senses of Cinema n ° 61 (en anglais). Marcel Mazé a été photographe, acteur (ses apparitions dans les films de Stéphane Marti, Raphaël Bassan et Gérard Courant sont notables) et réalisateur. En 1980, il réalise Focalises, formidable exercice sur les pièges de la perception à travers le médium cinéma et, en 2006, Les Mille et un soleils de Pigalle.
Commentaires
De : Tatin Ah bon, Philipe Bordier aurait donc manqué de pugnacité et de sens de l'organisation ? C'est à se demander comment il a pu découvrir autant de films extraordinaires et les programmer au festival Sigma de Bordeaux pendant aussi longtemps ! De : Jauffrey L'auteur de l'article ne nie pas, ce me semble, que les pionniers de l'undergound et de l'expérimental qui précédèrent Marcel Mazé aient programmé et découvert beaucoup de cinéastes. Mais, ils n'établirent pas de catalogues, ne louèrent pas les films (qu'ils n'avaient probablement pas en dépôt). Donc, les groupes qu'ils ont formés ne peuvent être considérés comme des coopératives au sens où l'entendait Mekas, et qui prévaut jusqu'à aujourd'hui : établissement d'un catalogue, locations de films, ristourne d'une part des royalties aux cinéastes. Mazé est donc l'initiateur du mouvement "coopératiste" en France. C'est tout. De : philipe bordier de Philipe Bordier: Autant que je précise moi-même puisqu'on parle de moi: je n'ai effectivement pas fait le même travail que Marcel Mazé. Mais en fait cela vient de ce que c'est en tant que cinéaste que j'avais créé une forme de coopérative nommée "Ciné Golem". Chaque fois que l'on me demandait mes films je proposais aussi un catalogue avec des films d'autres réalisateurs -français ou pas- dont je détenais des copies. Ensuite je leur reversais une somme (à l'époque c'était 1 $ la minute) par film projeté. Dans la mesure du possible les réalisateurs m'accompagnaient aux projections pour que nous puissions animer des débats. Bouyxou, Lethem, Enard, Otero, Bouchouchi étaient les plus souvent là. D'autre part il m'arrivait de fournir du matériel, du personnel et des moyens techniques à certains réalisateurs. C'était donc plus une coopérative de production mais cela nous a permis d'être aussi projetés en Algérie, en Tunisie, en Yougoslavie, en Allemagne, en Angleterre, au Canada et aux États-Unis. Mais il est évident que cela n'avait pas la structure et l'importance du Collectif Jeune Cinéma qui d'ailleurs projetait aussi nos films heureusement et de plus cela n'a duré que quatre ou cinq ans: c'était trop compliqué de continuer une telle opération seul ou presque; d'autant que je tournais en permanence à l'époque. J'espère que cette précision mettra tout le monde d'accord. Insérer un commentaire : |
