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"Lola Montès" retrouve tout son lustre |
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Si vous vous êtes toujours demandé à quoi pouvait bien ressembler un "film maudit" et si ce concept même avait un sens, la ressortie sur les écrans, dans une version flambant neuve, de l’ultime film du grand Max Ophüls vous en donne une occasion immanquable. On ne reviendra pas ici sur l’analyse cinématographique de Lola Montès, notre cher Leo l’a récemment fait mieux que personne. Rappelons juste quel terrible accueil critique comme public reçut ce film mal aimé (d’une certaine façon mal aimable, d’ailleurs, tant il ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil) lors de sa sortie en 1955. Pourtant, depuis son retour en France, une demi-douzaine d’années plus tôt, Ophüls restait sur trois jolis succès "de prestige", La Ronde, Le Plaisir et Madame de…, respectivement adaptés d’Arthur Schnitzler, Guy de Maupassant et Louise de Vilmorin. Avec Lola Montès il adapte cette fois Cécil Saint-Laurent (aka Jacques Laurent), aujourd’hui un peu oublié, mais romancier très en vogue dans le tout-Paris de l’après-guerre. Ce film doit surtout être l’occasion pour LE sex symbol français du début des années 50, Martine Carol, de reprendre la main face à l’émergence irrésistible d’une certaine Brigitte Bardot… De ce point de vue, c’est peu dire que le film sera un échec cuisant, presque prémonitoire quant au destin tragique de l’actrice, décédée à 46 ans en 1967, après une fin de carrière déclinante. Malgré ou peut-être bien à cause de son échec, Lola Montès sera une influence très marquante pour quelques jeunes apprentis cinéastes. On pense tout particulièrement à François Truffaut, qui défendra le film avec la ferveur subjective (mais avec quel brio et quelle intelligence !) qui était la sienne dans ses années de critique (il y trouvera également le futur Jules de Jules et Jim et le Montag de Farenheit 451, le jeune comédien allemand Oskar Werner). Mais également à Jacques Demy, qui alla même jusqu’à dédier son premier film, Lola, à Ophüls récemment décédé. Une Lola/Anouk Aimée elle-même qui doit évidemment au moins autant à la Lola d’Ophüls qu’à celle inventée par le couple Josef von Sternberg/Marlene Dietrich bien des années plus tôt (L’Ange bleu). Un dernier mot pour rappeler que bien qu’adapté d’un roman, cette histoire est largement inspirée de la vie de la vraie Lola Montez (avec un z), de son vrai nom Marie Dolores Eliza Rosanna Gilbert, pas plus espagnole que vous et moi, mais irlandaise. A moitié créole aussi, il est vrai, ce qui lui permit donc de mener une carrière de "danseuse exotique" mais aussi de courtisane, au caractère tellement bien trempé qu’on lui doit cette fameuse formule : "Whatever Lola wants, Lola gets"… qui ira jusqu’à inspirer une chanson éponyme pour un musical de Broadway, devenu depuis un grand standard, notamment chez les chanteuses de jazz ! La version Sarah Vaughan du standard en question, en forme d’hommage aux grandes idoles hollywoodiennes de l’écran… Retrouvez d'autres articles sur Max Ophüls : Max Ophüls - "Lola Montès" (Version inédite et restaurée) Max Ophüls – "Les Désemparés" (1949)
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